Des dizaines de morts dans des attaques inter confessionnelles : L’Irak au bord de la guerre civile





Deux GI's et plus de soixante Irakiens ont péri hier dans une série d'attaques en Irak, au lendemain d'une journée sanglante qui a coûté la vie à plus de 50 personnes. Le Quotidien-Agences Un soldat américain est mort des suites de ses blessures après avoir été atteint par des tirs d'armes légères hier dans l'ouest de Bagdad, alors qu'un autre a été tué dimanche dans l'explosion d'une bombe artisanale dans le sud de Bagdad, a annoncé hier l'armée américaine. Ces décès portent à 2.547 le nombre de militaires américains et personnel assimilé morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte établi par le Pentagone. L'attaque la plus meurtrière a eu lieu à Mahmoudiyah, qui a couté la vie à 48 personnes et une centaine de blessés, a suscité des réactions de colère de responsables chiîtes qui y ont vu une nouvelle agression contre leur communauté, après l'attaque sanglante de la veille à Touz Khormatou. "Deux voitures piégées ont explosé. Ensuite, il y a eu quatre tirs de mortier et ensuite, des hommes armés ont ouvert le feu sur la foule sur le marché de Mahmoudiyah (30 km au sud de Bagdad)", a raconté le général Abdelaziz Mohammed, lors d'un briefing de presse à Bagdad. Après les explosions et les obus, Modhafar Jassem, un blessé interrogé à l'hôpital de Yarmouk, a vu arriver "au moins six voitures avec à bord environ 20 hommes armés et masqués. Ils ont bloqué la rue à ses deux extrémités et ouvert le feu. Il y avait des femmes, des enfants, des personnes âgées". Cette attaque survient au lendemain d'une journée marquée par trois attentats dont un suicide qui a fait dimanche soir 28 morts dans un café de la ville de Touz Khormatou, 25 chiîtes turcomans et trois employés kurdes du café. Si le bilan ethnique ou religieux de l'attaque de Mahmoudiyah n'est pas encore connu, le député chiîte du Conseil supérieur de la Révolution islamique en Irak (CSRII) Jalal Eddine Al-Saghir y voit "la marque des Baathistes" soulignant que l'attentat a été commis le l7 juillet jour anniversaire de l'arrivée au pouvoir en 1968 du parti Baas du président déchu Saddam Hussein. Les membres du groupe de la mouvance chiîte de Moqtada Sadr (trente députés environ) ont même boycotté la session ordinaire de Parlement pour protester contre la tuerie, a expliqué le député Bahaa Al-Araji, précisant "il y a de nombreux chiîtes parmi les victimes". Par ailleurs six policiers ont en outre été tués, selon la police, par des tirs de mortier et des attaques armées dans la région de Baaqouba au nord de Bagdad, une zone habitée par des chiîtes et des sunnites qui a connu de nombreuses violences confessionnelles. _____________________________________ L'avocat italien de Tarek Aziz s'adresse à une commission des droits de l’homme Le Quotidien-Agences L'avocat italien de l'ancien vice-Premier ministre irakien, Tarek Aziz, a affirmé hier avoir introduit une requête d'urgence auprès de la commission des droits de l'homme des Amériques (Inter-American Commission for Human Rights) en raison de nombreuses violations des droits de son client. "Me Giovanni Di Stefano a introduit une requête d'urgence auprès de la Commission des droits de l'homme des Amériques, relevant une série de violations par les Etats-Unis" des droits de Tarek Aziz, détenu par les forces américaines, a indiqué Me Di Stefano dans un communiqué. L'avocat italien souligne avoir entamé des "procédures auprès du chef de la commission et lui a soumis les violations persistantes", des Etats-Unis. Le 6 juillet, les avocats de Tarek Aziz avaient affirmé qu'il a entamé une grève de la faim après le refus des autorités de la prison où il est détenu de le laisser voir son avocat pour signer un document sur sa requête devant la Cour Européenne des droits de l'homme (CEDH). Tarek Aziz, 70 ans, qui fut le porte-parole du président déchu Saddam Hussein sur la scène internationale, s'était rendu aux troupes américaines en avril 2003. Il est, depuis, détenu aux mains de ces dernières et sa famille réclame constamment sa libération en raison de la détérioration de son état de santé. Les avocats ont déclaré avoir été informés que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Italie, membres des forces de la coalition en Irak, envisageaient de remettre tous les détenus dont ils ont la garde au nouveau gouvernement irakien.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com