L’ouverture de Carthage : Les dessous d’un «Nô» man’s land





Qu’a-t-on gardé de l’ouverture de la 42ème édition du Festival international de Carthage? Que des remarques éparses qu’on a concoctées de chez un public bigarré… et pas tout à fait dans le bain de sa scène punique de toutes les légendes. Revue d’un soir d’été parsemé de points… ombragés. * Un bol d’oxygène Il est 21 heures quarante-cinq. Au théâtre romain de Carthage, pas l’ombre d’une sponsorisation. Pas l’ombre aussi de la foule habituelle qu’on voit chaque année se bousculer à l’entrée. Où quelques hommes et femmes jalonnent les pavés et tentent désespérément de liquider leur billet. Devant les guichets généreusement éclairés, pas de file d’attente. Les agents… qui tournaient les doigts ont choisi de se mettre à l’extérieur et de prendre un bol d’oxygène et de… guetter à l’horizon un éventuel festivalier désirant payer une soirée d’ouverture, normalement en grande pompe. * Ambiances bon…enfant Sur les gradins, des familles entières se sont déplacées pour répondre à l’invitation. Ils étaient des mamies, des papys, conjoints et conjointes, grands et petits enfants, qui sont même en bas âge. Tous prêts à passer une soirée bien colorée et bien rythmée. Face au grand silence, et on vous fait grâce, des pleurs de bébés à ne pas finir qui résonnaient de partout. Derrière nous, des jeunes qui murmuraient. Ils se sont donné apparemment rendez-vous pour parler politique. Au cœur de la discussion: Le Liban. Un sujet vif et d’actualité et qui nous revient 24 ans après et dans les mêmes circonstances. Nous sommes en 1982, le pays du Cèdre a été agressé par l’Etat sioniste. C’était juste après le Mondial de foot (quelle coïncidence!). Cet été là, presque tous les pays arabes ont annulé leur festival. C’était leur façon de marquer leur solidarité avec le peuple libanais frère qui tombait sous les bombes de l’Etat sioniste d’Israël. * Présentateur… averti L’homme de théâtre, Mohamed Driss nous a surpris sur scène. Il n’était pas là pour jouer un rôle et nous démontrer l’élixir de toute une carrière. Mais tout simplement pour nous lire ce qui est écrit sur un papier, qu’on a distribué d’ailleurs à tous les festivaliers dès l’entrée afin de décoder l’énigme japonaise de la soirée inaugurale. «Au même titre que l’opéra et le ballet, le Nô est un art japonais majeur. Œuvre musicale chorégraphique et théâtrale, le Nô fut créé au 14ème siècle, le spectacle présente des visions qui se recoupent et est basé sur deux pièces: Hannibal et Sumidigawa… C’est là une rencontre entre les traditions théâtrales nippones et la mémoire de Carthage…», lit-on sur le programme. Et Mohamed Driss de reprendre la parole, pendant l’intermède, afin de nous mettre dans le bain et nous rendre l'accès facile à un texte venu d’ailleurs et qu’on ne comprend que peu. «Il s’agit d’une enfant enlevée… l’histoire s’est déroulée dans un vieux Japon qui manquait de main-d’œuvre. On kidnappait les mômes pour travailler… et les mères devenaient affolées par la colère et par le chagrin, alors elles suivaient les traces de leurs enfants… et finissaient par baisser les bras et faire le deuil…, (ndlr)». D’ailleurs, cette lecture nous a permis de comprendre un petit quelque chose. Sinon nous n’avons rien saisi. Merci Si Mohamed de nous éclairer… Z.A.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com