L’exportation au Nord-Ouest : Un diamant brut !





Toutes les études, toutes les observations, toutes les opinions s’accordent sur un point capital à propos de l’exportation dans le district Nord-Ouest (Bizerte, Béja, Jendouba, Le Kef, Siliana): c’est que la région a tout pour réussir, mais... Et c’est pour faire la part des choses, en toute sincérité et en toute transparence, qu’a eu lieu, hier, dans le site enchanteur (et très hautement révélateur) de Tabarka la consultation nationale sur l’export dans son chapitre Nord-Ouest, sous le Haut patronage du Chef de l’Etat. Tabarka - Le Quotidien «Nous avons constaté une implication particulière de la part de toutes les parties impliquées dans cette consultation», a tenu à souligner M. Mondher Zenaïdi, ministre du Commerce et de l’Artisanat à l’ouverture de la consultation nationale sur l’export pour le district du Nord-Ouest. Cela tombe sous le sens car il semble évident que tous ceux qui ont contribué aux nombreuses phases de cette consultation en sont arrivés à cette conclusion qu’il s’agissait d’une occasion en or pour tout mettre sur la table et en débatte à fond. M. Zenaïdi comprend manifestement cette inclinaison et l’encourage en affirmant que cette consultation (comme celles qui la précèdent et la suivent) enracine aussi bien le choix démocratique cristallisé par la pratique consultative chère au Chef de l’Etat. Le message est clair et toutes les parties ne s’en privent pas car il y a beaucoup à dire sur la région entière du Nord-Ouest. * Un potentiel incommensurable La région du Nord-Ouest, qui mérite sans le moindre doute le détour, ressemble exactement à un diamant brut. Même Bizerte, qui est peut-être la plus chanceuse pourrait balbutier. Seulement à une soixantaine de kilomètres de Tunis par une excellente autoroute, possédant un port en eau profonde... elle reste quand même bien en deçà de son potentiel touristique. Quant à Tabarka, dont le site dépasse en beauté ceux des régions montagnardes d’Europe par ses plages interminables, reste comme enclavée, difficile d’accès. Le Kef, Jendouba, Béja et Siliana ont aussi leurs «petites» tares. En un mot, la région a besoin d’un sérieux coup de pouce. Et puis, ses atouts extraordinaires et indiscutables sont une promesse de fait qu’elle donnera d’excellents retours sur investissement à tous ceux qui suivront la voie de l’Etat tunisien qui ne cesse de multiplier les actions à son adresse, particulièrement dans les infrastructures. Le Nord-Ouest est prometteur, très prometteur parce qu’il bénéficie d’une position stratégique qui le place immédiatement aux portes du grand marché algérien et de l’énorme marché européen. Ses ressources naturelles et archéologiques sont innombrables.Il possède tous les attributs qui pourraient en faire un pôle de la production bio, du tourisme,des produits de la mer... Il possède des ressources immobilières capables d’accueillir toutes les entreprises imaginables... * La parabole de l’autoroute inachevée Le Nord-Ouest a besoin d’un engagement encore plus clair des hommes d’affaires de la région et du patronat en général pour faire face aux faiblesses identifiées par la consultation. Le premier point de ces faiblesses mérite d’ailleurs une étude à lui tout seul, car quand on dit «carence dans la culture de l’exportation au sein du district», c’est tout un travail de fond qui doit être véhiculé pendant des années et un effort qui dépasse largement le cadre des encouragements et autres incitations. Et la liste se poursuit:défaut de sensibilisation à bénéficier de divers outils, concentration des entreprises pour le marché interne, absence de sociétés de commerce international, idem pour les conseillers de commerce international, exportations s’arrêtant aux marchés traditionnels, problèmes immobiliers pour les terres agricoles, difficultés de trouver des statistiques (essentielles pour les études de marché)... Et la liste s’allonge encore et encore. De fait, nous sommes aujourd’hui à mi-chemin dans le Nord-Ouest, exactement comme l’autoroute Tunis-Medjez-El-Bab - Oued Ezzarga. Car celle-ci, nous semble-t-il, devrait absolument se continuer vers les profondeurs de la région jusqu’à Tabarka si nous souhaitons définitivement désenclaver le Nord-Ouest. Mais une autoroute est certainement plus facile à dire qu’à faire. C’est un ouvrage très coûteux qui prend du temps et qui appelle des choix parfois douloureux. Et c’est aussi le cas du Nord-Ouest. Manoubi AKROUT manoubi.akrout@planet.tn


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com