Festival International de Carthage : Danse avec le mysticisme coréen





La prestation signée par le Ballet national coréen avant-hier soir sur la scène de l’Amphithéâtre romain de Carthage n’a laissé personne indifférent. Le spectacle était haut en couleurs et a embarqué les présents dans une ambiance où se conjuguent plusieurs gammes de danses et expressions corporelles mystiques. Vers 22 heures, la lumière s’éteint. Une fumée colorée se propage sur la scène. Soudain apparaissent des danseuses de la troupe du Ballet national coréen. Celles-ci entrent directement dans le vif du sujet à travers des gammes de danse qui rappellent la démarche d’un faon. Aussitôt, elles forment un cercle et commencent à tourner en ronde. C’est le «Jindo Ganggangsullané»,ou «Danse en cercle des femmes». Présentée exclusivement par les femmes, cette danse, dans la plus pure tradition coréenne, était, autrefois, exécutée sous la lune de la moisson dans la province du Sud de Jeolla. Créée au 16ème siècle, elle est devenue, un des piliers de la danse traditionnelle coréenne. Sans arrêt, ni pause, après ce premier tableau, le Ballet national coréen enchaîne avec un deuxième. Il s’agit du tableau où le chant d’amour domine. Ce chant est une création à partir de l’histoire de Chunhgang, de l’époque Joseon. Cette danse en duo célèbre le triomphe de l’amour entre amants. Telle une cérémonie dans un temple boudhiste, les danseuses et danseurs coréens, se retrouvent tous sur scène, cette fois-ci, pour le «Janggochum», ou danse des tambours de Sablier. Considérée comme l’une des danses folkloriques coréennes, présentée pendant les festivals saisonniers partout en Corée, cette danse est exécutée sur la base d’instruments traditionnels. Il s’agit du «Janggo» et du «Nongak», bandes de percussions qu’on trouve chez les fermiers. Attachés sur les épaules des danseurs, ces instruments produisent des rythmes variés qui rappellent les rituels des temples bouddhistes. Les danseuses s’y déplacent à l’Unisson et forment un corps unique où dominent de multiples expressions corporelles et mystiques. Cette danse, rappelons-le, est la plus liée à la musique, puisque les coups et les diverses accentuations du rythme sont traduits directement en mouvement, aidant ainsi à intensifier l’ambiance de carnaval. Durant leur prestation, les danseurs du Ballet national coréen ont également signé deux autres gammes de danse. Il s’agit du «Salpuri» ou Danse avec l’écharpe et de la «Danse de l’épée». Le «Salpuri» est une danse à connotation mystique. Signifiant littéralement la «chasse des esprits», elle constitue le dernier processus du rituel de l’exorcisme coréen chamaniste appelé «Kut».Quant à la «Danse de l’épée», les danseurs coréens y ont recours à des mouvements vigoureux, mais disciplinés pour soutenir l’esprit de bravoure. Dans cette gamme, les danseurs se produisent comme lors du mouvement de «Hwarang», très dominant dans les arts martiaux où des techniques agiles et des positions de corps souples sont mises en exergue dans la manipulation des armes. * Danse de la grue La deuxième partie du spectacle coréen était une exploration dans le monde du mouvement scénique et de la joute expressive des couleurs. La «Danse de la grue de Dongnae» a constitué le premier tableau de cette partie. Tels des mouvements de la grue, les gammes de danse présentées mettent un accent particulier sur l’harmonie des couleurs des costumes des danseurs avec la nature. Vêtus d’un manteau blanc et d’un chapeau noir, les danseurs se sont livrés à des mouvements évoquant l’envol des grues dans le ciel. Après cette prestation, les danseurs ont présenté un autre genre de danse traditionnelle.Il s’agit de la «Danse des éventails». Ornés de motifs de «fleurs de vie», symbolisant la vie en mouvement, les éventails constituent avant tout des instruments utilisés par les chamanes «La neige du printemps» et «La prière», deux autres genres à connotation mystique ont clôturé cette deuxième partie. La neige du printemps est une danse, inspirée d’un tableau du 19ème siècle représentant sa bien-aimée. Le tout y est concocté sur un fond musical très onirique où s’exprime avec sérénité la beauté des fleurs et des corps ayant reçu la force de la terre et du ciel. Quant à la prière, elle est présentée sous forme d’une danse chamanique où des charmes font des offrandes de lenternes d’encens et de fleurs pour la paix du monde, sur un autel entouré de bambous et de mats totémiques reliant le ciel et la terre. Dénommé «Fantasia Coréenne», ce spectacle, d’une durée de deux heures, constitue un des programmes les plus connus du Ballet national coréen, créé par la Compagnie nationale de danse de Corée, fondée en 1962. Cette compagnie a donné jusqu’ici plus de 500 représentations dans quelque 60 pays à travers le monde. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com