Mariah Carey à El Menzah : Spectaculaire !





Les Tunisiens et Tunisiennes n’oublieront pas de sitôt la coqueluche de l’été 2006, Mimi à la voix estimée entre 5 et sept octaves, au look de minois et de tous les caprices des dieux. Et surtout cette mobilisation de tout le monde. Il était une fois en Tunisie ... Tunis - Le Quotidien Pour éviter les embouteillages et les bouchons attendus, les chemins ordinaires et autres raccourcis ne sont pas à conseiller. Dans l’espoir d’une circulation fluide, nous avons donc opté, comme les milliers de fans de la diva du soir, d’aller du côté de La Charguia. Dès le premier rond point, des barrages et des agents de police. L’accès n’est toléré que pour ceux qui ont un billet (ou un badge, joliment paraphé par le joli sceau argenté de Mariah Carey). Pour les autres, notamment les habitants de la zone, du genre casanier et imperturbable, désirant rentrer chez eux, nous ne savons pas grand-chose sur le type de leur visa du jour. Une fois, deux fois, trois, quatre et cinq et six... puis le nombre de fois qu’on a été contrôlé de nous échapper. Les agents de sécurité (estimés à plus de 3000) jalonnent tous les dix ou vingt mètres tout au plus la petite distance qui nous sépare du Stade d’El Menzah. Les uns sont dans leur uniforme bleu ciel d’été, beige, bleu foncé ... Les autres sont en tenue de civil ou tirés à quatre épingles. D’autres sont à cheval, à moto, en quatre roues ou en bus. Des bus partout. Ils ont ramené des régions des mordus de Mariah Carey et ils n’ont payé qu’à moitié-prix leur billet de voyage. Nous sommes devant la grande porte d’entrée du stade olympique. L’ambiance nous a fait remonter le temps. C’était comme hier, quand Michael Jackson, le roi de la pop-music est venu chez nous. C’était en 1996 dans les années de gloire. C’était aussi avec l’ex-leader du groupe Police, Sting et tout son poids. Des portes indiquant des numéros. Chaque numéro a son public. De 35 dinars à un million de millimes. Devant chaque porte une longue file d’attente. Des têtes noires. Sauf quelques une balayant le foncé avec des mèches. Une minorité au naturel. Euphorie Nous sommes devant la porte une. Le soleil qui a grillé la foule toute l’après-midi a commencé à s’évanouir au bonheur de ce beau monde dont la tête est déjà branchée au concert du soir. Ici, il y a de tout. Des boissons rafraîchissantes, des sandwiches, des fruits secs en sachets en miniature et des “mechmoum” de jasmin. Des tentes sont piquées à cet égard. Mais aussi, de l’autre côté, une pour les secours. On ne sait jamais ! Il est 19h40. Au fil des secondes, le stade qui a abrité en 1967 les Jeux Olympiques s’est métamorphosé pour ce méga-concert en une aire fourmillante. Des vagues humaines noircissent les gradins. Puis la pelouse. Les plus jeunes se tiennent encore debout. Les moins jeunes, dans des tenues moins légères- nous avons vu même des dames d’un certain âge et voilées - ont investi la pelouse, que des techniciens italiens ont couvert avec un tapis blanc de matière spéciale pour que le gazon ne soit pas piétiné et continue à respirer. Ces mêmes Italiens, spécialistes dans ce genre de méga-concert, ont travesti la scène de madame à un prix dépassant le milliard. La scène est géante avec ses 70 mètres de long, 40 autres de haut et 28 pour la profondeur. Puis on a fixé des écrans géants. On parle aussi de 200 projecteurs et sans précision pour le nombre d’amplificateurs. Il est 20 heures. Puis l’horloge du stade indique 20 heures trente. Puis 21 heures ... Sur scène on voit à peine trois silhouettes de femmes qui dansaient sous le rythme des tubes de Mariah. Ca résonnait de partout. Dans les airs, il y a comme un air frais. Pas encore l’euphorie. Il est dix heures du soir passées. Du côté de la scène, on ne voit rien venir. Même la musique s’est arrêtée et le vide a réellement régné. Du côté du public, on se demande la raison de ce retard et de ce black out total. 22h20. Les gens s’agitent sur les gradins et la pelouse. D’autres en masse, investissaient par centaines et milliers les quelques gradins encore vides. Le public commence à s’impatienter et à afficher son “n’en peut plus” en tapant des pieds. Pour apaiser l’ambiance, une voix a calmé les bruits. Une speakerine louait le tout le monde avec des noms et des chiffres baignés dans la bassine hyperbolique à la tunisienne. Les minutes s’étirent tout doucement et le public n’en peut vraiment plus se tenir sagement. On crie. On siffle. On tape des mains et des pieds. Soudain, on était les lumières et on exhibe la scène. Il est 22 heures quarante. Mariah Carey, en chair et en os. On décrasse les yeux. C’est bien elle et en personne. Comme dans un rêve Avec son staff, on donne le ton. Plus de temps à perdre. Chez elle, tout est calculé. C’est avec “It’s like that” qu’elle a démarré son premier concert tunisien. Puis d’égrener les perles nouvelles et anciennes. Avec les “My all “Hero”, “We belong together”, “I know what you want” et surtout “With you” dont le public a répété en chœur quelques refrains ... Un public envoûté jusqu’à son âme qui voyait à peine Mariah Carey. Elle était en minuscule. Heureusement, les écrans nous transmettent Mariah en grand. C’est comme à la télé. Sur M.T.V. (qui a envoyé une caravane de ses journalistes sur place pour couvrir l’événement) ou même sur M6. Tous les regards étaient donc braqués sur les écrans. On parle de 30 ou 40 mille spectateurs, qui ont choisi de veiller avec la diva aux 160 millions de disques vendus de par le monde. Ils avaient leur portables allumés ou autres bracelets fluorescents en jaune, rouge ou vert. Ca scintillait de partout. Comme si on était dans un rêve. Au point de ne plus dissocier le flash back de son contraire. Madame doit être comblée. Après son désespoir des années 2000, c’est la véritable résurrection, et elle peut dire adieu à la dépression. “Je suis heureuse de me trouver en Tunisie et je suis reconnaissante au Président Ben Ali et à son épouse Mme Leila Ben Ali et je vous faits un bisou. Toute ma gratitude à ce peuple tunisien, chaleureux et hospitalier”, a dit Mariah Carey (with her american accent). A peine qu’on annonce la fin du concert, les spectateurs ont commencé à sortir, comme délivrés. Pourtant, de loin, on attendait encore Mariah chanter et danser avec ses compagnons de route. Avec des mélodies douces et veloutées, des chants célèbres (et d’autres moins) coupés avec du soul, club music et du rythmes and blues, Mariah Carey s’est fringuée d’un petit haut foncé et un short pour le début, puis une robe moulante blanchâtre a fait entorse à son habitude et évité le trop sexy. Après Tunis et les deux concerts du 22 et 24 juillet, la diva basanée de 36 ans va se “trimbaler” avec son “Aventure de Mimi” de par l’Europe et l’Amérique du Nord, et de continuer son parcours en beauté. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com