Mercredi noir en Israël





• 17 soldats israéliens, dont 4 membres des services de renseignements, tués au Sud Liban • Quatre observateurs de l’ONU tués dans un raid israélien • Le Hezbollah rejette toute solution hormis l’échange de prisonniers • Une soixantaine de Libanais toujours sous les décombres à Tyr Essuyant des pertes conséquentes, l’armée israélienne était engagée hier dans des affrontements violents dans le secteur de Bint Jbeil où elle a perdu treize soldats. Une frappe aérienne israélienne a par ailleurs tué quatre observateurs de l’ONU dans le secteur de Khiam. Le Hezbollah a pour sa part rejeté toute solution hormis l’échange de prisonniers. Le Quotidien-Agences Au moins dix-sept soldats israéliens, dont quatre membres d’une unité des secvices de renseignements, ont été tués dans les violents affrontements pour le contrôle de Bint Jbeil. Le Hezbollah a annoncé qu’un de ses commandos avait annihilé les quatre membres de l’unité dans une attaque surprise. Une trentaine de soldats israéliens ont été blessés. Une source militaire israélienne a fait état de neuf soldats israéliens «touchés» à Bint Jbeil, sans préciser si des soldats avaient été tués dans ces combats. La radio militaire israélienne a de son côté fait état de «treize soldats touchés». La source militaire israélienne a expliqué que «les soldats israéliens ont apparemment été surpris par un groupe de combattants du Hezbollah qui s’étaient embusqués et ont ouvert le feu à l’arme automatique et tiré des roquettes antichar». A Beyrouth, la Résistance islamique, branche armée du Hezbollah, a affirmé que «de violents affrontements se déroulent mercredi matin sur deux axes sur lesquels l’ennemi israélien tente de progresser» près de Bint Jbeil. L’état-major israélien a reconnu que des combats se déroulaient encore dans ce secteur, après avoir annoncé mardi la chute de la ville. Le lieutenant-colonel israélien Yitshak Ronen, commandant des opérations dans ce secteur, a reconnu qu’il n’était «pas encore nettoyé» et a fait état d’«une certaine résistance» du Hezbollah. Il a assuré qu’«une cinquantaine de combattants du Hezbollah ont été tués à Bint Jbeil et plusieurs autres capturés». Le Hezbollah, a rejeté hier toute solution à la crise autre que «l’échange de prisonniers à travers des négociations indirectes et un cessez-le-feu total et immédiat». Près de Bint Jbeil, l’aviation israélienne a détruit une maison dans le village libanais de Yaroun, et les dix personnes, dont des enfants, qu’elle abritait sont ensevelies sous les décombres, selon la police. Au moins 57 civils étaient toujours hier sous les décombres de leurs maisons détruites dans le pilonnage israélien de la région de Tyr, selon un décompte partiel du responsable des opérations de secours de la Défense civile, Salam Daher. Quelques heures auparavant, un raid aérien sur un poste de l’ONU à Khiam, une ville du secteur oriental de la frontière, a tué quatre observateurs de l’ONU. * Exode Par ailleurs, des milliers d'habitants de huit villages sunnites du Liban sud, frontaliers d'Israël, fuyaient hier sur ordre de l'armée israélienne, a indiqué le maire d'un de ses hameaux, Al-Boustan. "Ils sont plus de 300 à 500 familles en train de fuir à pied, au milieu des cris des adultes et des pleurs des enfants, en direction de Tyr", située à une douzaine de km au nord-est de leurs villages, a affirmé par téléphone Chammane Mohammad an-Nasser, le maire d'Al-Boustan. "Une jeep militaire israélienne s'est approchée vers 13h00 locales (10H00 GMT) des barbelés qui marquent la frontière et un officier a menacé les habitants d'Al Boustan, Oum at-Tout, Dhaïra, Zalloutiyé, et les hameaux qui les lient sur 4 km de frontière, de les bombarder s'ils n'étaient pas partis avant 16h00 (13H00 GMT)", a-t-il dit. Les villageois "ont peut-être franchi 5 km depuis l'ultimatum israélien", a indiqué le maire d'Al-Boustan. "J'ai vu des femmes s'affaler à terre, des enfants terrorisés, certains blessés, traînés par des parents absolument affolés", a-t-il ajouté. Lui-même a fui en voiture dans un convoi d'une vingtaine de véhicules. Ils ont entièrement recouvert les toits de draps blancs, dans l'espoir d'être épargnés par les raids aériens israéliens. _______________________ Après la mort des observateurs de l’ONU : La communauté internationale indignée Paris-AFP La mort de quatre observateurs de l'ONU dans un raid israélien au Liban sud a provoqué hier une série de condamnations d'Israël déjà très attaqué pour les victimes civiles de sa guerre contre le Hezbollah. Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a déclaré que le bombardement israélien "visait apparemment délibérément" une position de l'Onu. "Je suis choqué et profondément bouleversé", a-t-il dit. La Chine, qui a perdu un homme dans l'incident, a de son coté "fermement condamné" le raid israélien et a convoqué l'ambassadeur d'Israël à Pékin pour demander "des excuses". Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a exprimé hier ses "profonds regrets" mais a aussi regretté que l'Onu l'ait qualifié d'acte délibéré. Les Etats-Unis, fidèle allié d'Israël, ont regretté la mort des observateurs des Nations unies et ont dit chercher des éclaircissements sur l'incident. Mais un haut responsable a souligné que Washington "éprouvait le besoin de rappeler que cette crise a été déclenchée par une attaque gratuite du Hezbollah contre Israël. Le Hezbollah continue ses frappes aveugles contre des cibles civiles en Israël", a-t-il ajouté. Londres, également proche de Tel Aviv et Washington, a qualifié de "profondément regrettable" la mort des quatre observateurs. Cette position est très en retrait de celle de l'Union européenne qui a fait part de son choc et a demandé à Israël d'ouvrir une enquête.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com