Accalmie relative au Liban en attendant les «bombes intelligentes» : Le calme qui précède la tempête





• Des dizaines de roquettes s’abattent sur Maâlot, Safed et Carmiel • Un ministre israélien : «Il faut raser des villages dans le Sud du Liban» • Washington : «il faut briser le Hezbollah» • Siniora : «Le Liban a été mis en pièces» En attendant les «bombes intelligentes» acheminées par les USA vers Israël, la situation au Liban s’est qualifiée hier par une accalmie relative. Confronté aux pertes grandissantes de l’armée de terre, Israël a en effet décidé d’arrêter son avancée terrestre contre une prochaine intensification des frappes aériennes. Le Quotidien-Agences Deux avions-cargo A310 chargés de "bombes intelligentes" GBU28 guidées par laser ont atterri ce week-end à l'aéroport de Prestwick pour ravitailler et permettre aux membres d'équipage de se reposer, après avoir traversé l'Atlantique. Les Etats-Unis auraient par la suite demandé l'autorisation de faire atterrir deux autres avions à Prestwick dans les quinze prochains jours, pour acheminer des avions et des missiles vers Israel, selon la BBC. Après la mort la veille de 17 soldats israéliens tués dans des combats au sud-Liban, une majorité des membres du cabinet israélien de sécurité s'est prononcée pour une intensification des frappes aériennes contre des localités considérées comme des bastions du parti chiîte Hezbollah. Réuni à Tel Aviv, le cabinet a toutefois rejeté toute extension de l'offensive terrestre au-delà de l'objectif initial, qui consiste à repousser les forces du Hezbollah de plusieurs km au-delà de la frontière nord d'Israel, l'objectif étant de minimiser les pertes des forces terrestres, selon cette même source. Le cabinet de sécurité israélien a donné hier son feu vert à la mobilisation de nouvelles unités du cadre de réserve, selon un communiqué officiel. "Le cabinet a décidé sur recommandation de l'état-major de mobiliser des unités de réserve pour renforcer le potentiel militaire et les capacités à faire face au Hezbollah sur le front au Liban", affirme le communiqué . Le communiqué ne précise pas l'ampleur des effectifs qui seront appelés sous les drapeaux. "Cette mobilisation est destinée à faire face à tout développement et à assurer la relève selon les besoins et l'emploi de ces forces devra nécessiter une autorisation préalable du gouvernement", ajoute le communiqué. Le cabinet a en outre "confirmé l'objectif de l'offensive: poursuivre la bataille intensive contre le Hezbollah en vue de ramener en Israël les soldats enlevés, mettre fin aux tirs de roquettes sur Israël et écarter cette menace". "L'offensive se poursuivra sur le mode fixé antérieurement", souligne le communiqué. Aucune perspective de trêve n’était donc en vue, alors que le conflit en était hier à sa seizième journée. La conférence internationale de Rome, qui a réuni 15 nations et trois organisations internationales, mais à laquelle Israël n’a pas participé, n’est pas parvenue à se mettre d’accord sur un appel à un cessez-le-feu immédiat, les Etats-Unis principal allié de l’Etat hébreu, résistant aux pressions de la plupart de leurs partenaires. Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a lancé à Rome un appel désespéré pour une cessation des hostilités, affirmant que son pays avait été "mis en pièces" par l'offensive israélienne, déclenchée le 12 juillet. «Hier à Rome, nous avons en fait obtenu l’autorisation pour continuer nos opérations jusqu’à ce que le Hezbollah ne soit plus présent dans le sud du Liban et soit désarmé», a affirmé hier le ministre israélien de la Justice, Haïm Ramon, à la radio militaire. Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a toutefois affirmé hier que les résultats de la conférence de Rome, qui n’est pas parvenue à demander un cessez-le-feu, ne représentaient pas une autorisation pour Israël de poursuivre ses hostilités. De son côté, l’ambassadeur américain à l’ONU John Bolton a déclaré que le conflit au Liban “est une occasion de faire la paix au P.O.”. Et d’ajouter : “il faut briser le Hezbollah”. “C’est une occasion à saisir, a estimé Bolton. Dans la nuit d’avant-hier à hier l'aviation israélienne a pilonné dans le Liban sud et la plaine de la Bekaa (est) après une frappe en plein coeur de la ville portuaire de Tyr (sud), qui a réduit en miettes un immeuble du centre et blessé onze personnes. Trois personnes, un gendarme et deux civils, ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi, lorsque les chasseurs-bombardiers israéliens ont visé des véhicules circulant dans la plaine de la Bekaa, une zone frontalière avec la Syrie. Deux autres civils ont été tués dans un raid près de la localité de Kafra, au Liban sud, selon la police. Par ailleurs, 9 autres civils libanais ont été tués dans d’autres bombardements. L'ancien ministre travailliste de la Défense et actuel ministre des infastructures, Benjamin Ben Eliezer, a estimé : «ceux qui sont restés dans leurs villages prennent délibéremment le risque de mourir", a-t-il affirmé. "Nous finirons par vaincre mais il ne faut pas se leurrer: c'est une bataille épuisante et de longue haleine dans laquelle nous nous sommes engagés" a-t-il ajouté. Un ministre membre du cabinet de sécurité, cité par la radio publique, a fait preuve d'encore plus de pugnacité . "Si le besoin s'en fait sentir il faut raser des villages dans le sud du Liban. L'armée israélienne est encore loin d'avoir gagné et il faut changer les règles du jeu", a-t-il dit. "Plus le temps passe, plus il s'avère que la seule solution c'est une incursion massive jusqu'au fleuve Awali (au Liban, à plus de 60 km de la frontière) pour détruire tous les sites de lancement de missiles", a ajouté ce ministre. A noter qu’une soixantaine de roquettes, tirées à partir du Liban, se sont abattues hier sur des localités du nord d'Israël, faisant un blessé léger et en causant des dommages matériels, selon une source militaire. Les roquettes qui sont le plus souvent tombées sur des terrains vagues ont notamment atteint les villes de Maalot, Safed et Carmiel. Plus de 1.200 roquettes ont été tirées sur Israel depuis le déclenchement du conflit le 12 juillet, tuant 18 civils et faisant plus de 300 blessés.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com