En marge de Tunisie – Espagne (1 – 3) Lemerre y était pour quelque chose





Que faut-il prendre en compte lors du match livré par les Aigles de Carthage contre l’Espagne: une première heure au cours de laquelle ils ont mené au score, ou les dernières trente minutes qui furent cauchemardesques? Pour dire vrai, le jeu des nôtres n’a pas changé durant tout le match avec une priorité absolue à la prudence et à l’option défensive. Le but réussi par Mnari sur un contre mené par Jaziri a fait beaucoup de bien aux hommes de Lemerre car il a déréglé la machine espagnole et a contraint les Ibériques à se lancer à l’attaque avec une précipitation qui les empêchait de produire leur véritable jeu. Les coéquipiers de Jaïdi, enfin revenu à son meilleur niveau, n’ont fait que défendre avec le maximum de joueurs alors que dans une telle situation, il fallait geler le jeu et procéder par une tactique claire et efficace de contre. Or, l’entre-jeu tunisien n’a accompli convenablement que sa tâche défensive et n’a pas su garder la balle, effectuer une bonne montée de balle dans la zone adverse et servir Jaziri dans de bonnes conditions. * Fébrilité excessive Le match Tunisie - Espagne a révélé, encore une fois, un sélectionneur fébrile qui tient à un conservatisme exagéré. Pendant plus d’une heure, l’équipe a tenu le coup malgré une pression étouffante imposée par les Espagnols. Des erreurs, il y en a eu et c’est tout à fait normal quand on subit le jeu, mais il y avait un équilibre à préserver et une certaine lucidité au moment d’effectuer des changements. Dans le camp espagnol, on a fait appel à d’autres joueurs offensifs et Lemerre devait contrer et agir en conséquence. Or, il ne pensait, encore une fois, qu’aux cartons. Comme il l’a déjà fait contre l’Arabie Saoudite, il a fait sortir Bouazizi, mais surtout Ayari, le meilleur joueur dans le camp tunisien, simplement parce qu’il était averti et risquait d’être expulsé, selon on entraîneur ! Et puis, quand on chambarde de la sorte sa formation devant un adversaire aussi fort, on paie ses erreurs cash et Raul et Torres l’ont prouvé. Roger Lemerre disposait-il d’autres solutions, tactiques et individuelles, pour mieux terminer son match? A première vue, il ne pouvait compter sur d’autres joueurs et ceux qui étaient sur le banc (Sdiri, Melliti, Chikhaoui...) ne sont pas en mesure de donner un plus évident, et Lemerre ne peut s’en prendre qu’à lui-même puisque c’est lui qui a tenu à les sélectionner. Pour ce match contre l’Espagne, y avait-il eu des erreurs inquiétantes et fatales? La défense, sollicitée en continu, s’est bien défendue tout de même. L’entre-jeu a abattu un travail physique énorme, mais il avait très peu de créativité et de génie individuel alors que Jaziri, esseulé, n’a rien pu face aux robustes défenseurs ibériques. En somme, ce fut un match difficile qui a montré encore une fois les limites de l’équipe et les appréhensions non fondées de Roger Lemerre. A présent, tout est clair et seule une victoire devant l’Ukraine pourrait nous qualifier au second tour. C’est dire que l’équipe a besoin d’un nouvel équilibre devant pour permettre de créer des occasions et de marquer. Les Aigles tiennent en main leur destin et ils demeurent toujours capables de relever le défi et d’atteindre leur objectif, à condition de voir Lemerre faire de meilleurs choix et se libérer de cette phobie inexplicable des cartons qui a valu à son équipe, avant-hier, un carton ! Kamel ZAIEM __________________ Classement du Groupe H 1) Espagne 6 pts 2) Ukraine 3 pts 3) Tunisie 1 pt 4) A. Saoudite 1 pt * NB: Espagne qualifié.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com