Son ex-traducteur précise : «Les Américains font subir des pressions sur Saddam»





• «Saddam ne dira rien sur ses relations avec des responsables arabes et occidentaux» Samaan Abdelmajid, l’ex-traducteur personnel de Saddam Hussein, est aujourd’hui interprète sur la chaîne arabe Al-Jazira. Dans un entretien accordé à un magazine français ce dernier parle du procès, de l’homme, et sur ses relations avec l’Occident. Le Quotidien-Agences Interrogé sur le procès et de la façon avec laquelle l’ex-président de l’Irak se comporte, il précise : «Pour la première fois, un peu faible. Saddam semblait fatigué. Il n’affichait pas la même énergie que lors des précédentes audiences, comme s’il était malade. Face au juge, il n’usait pas de son aplomb habituel. Il paraissait presque gentil. Je suis surpris. Jusqu’à maintenant, j’avais l’impression de retrouver l’homme pour qui j’ai travaillé pendant quinze ans. Un Saddam entêté, sûr de lui, sans faille apparente. Un Saddam exigeant qu’on l’appelle toujours monsieur le Président de la République et soucieux d’être entouré du même apparat. Mais il a commencé à fléchir. Sa santé est peut-être défaillante. Il ne faut pas sous-estimer les pressions psychologiques que les Américains lui font subir». Comment expliquer ce changement? Majid répond : «J’ai l’impression que Saddam Hussein commence à se rendre compte de la réalité qui est la sienne aujourd’hui, qu’il commence à accepter son sort, celui d’un homme qui est jugé pour les crimes qu’il a commis. Avant, il niait cette réalité. Saddam était comme un lion en cage. Mais hier il n’était plus le lion que j’ai connu. Il vit hors du temps, mais il n’est pas stupide. Il sait que sa mort est inévitable, que les Américains et surtout le nouveau gouvernement irakien ne vont pas le laisser survivre à son procès. Mais il se considère toujours comme le commandant suprême des forces armées, alors il préférera mourir comme un militaire qui conduit la bataille. Il l’a dit à son avocat. Saddam veut être exécuté d’une balle dans la tête, comme un soldat, et non pas comme un civil, pendu, selon la Constitution. Il ne faut pas oublier que Saddam n’a pas combattu quand les Américains l’ont capturé. Il veut effacer cette image peu glorieuse, ancrée dans la tête des Irakiens». Sur un autre registre et interrogé sur le fait si Saddam pourrait révéler des vérités embarrassantes sur ses amitiés anciennes avec l’Occident, l’ancien traducteur précise : «Saddam ne dira rien sur ses relations avec des responsables arabes ou occidentaux, ni sur les cadeaux qu’il a faits à un certain nombre d’entre eux du temps où l’Irak n’était pas infréquentable. Il ne veut pas leur nuire. C’est surprenant. Mais Saddam veut rester fidèle au Bédouin qu’il n’a cessé d’être, à ses principes : rester noble et ne pas trahir une amitié dès lors qu’on a serré la main de quelqu’un de son rang. Par exemple, jusqu’à la fin de sa présidence, quand je l’entendais parler de Jacques Chirac qu’il avait rencontré au milieu des années 70, c’était pour souligner qu’il était resté son ami, même trente ans après et malgré la position parfois hostile de la France envers l’Irak. Saddam continue de croire en l’amitié dans un monde où il n’y a pas d’amitié, mais seulement des intérêts».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com