Bhar Lazreg Deux ouvriers, une bagarre et un meurtre





Alors que tout le pays vibre au rythme de la Coupe du monde et attend avec beaucoup d’impatience cette décisive rencontre entre l’Equipe de Tunisie et son homologue espagnole, à quelques encablures de la capitale, deux ouvriers originaires de l’intérieur du pays ont perdu leur self-control à cause d’une banale histoire de cuisine. Dans la foulée ... un meurtre s’est produit ... Tunis - Le Quotidien Bhar Lazreg, pour ceux qui ne le connaissent pas, est une nouvelle zone viabilisée située à quelques encablures de Raoued. Les visiteurs qui s’y rendent constatent qu’il s’agit d’un chantier gigantesque. Plusieurs villas sont en cours de construction. Et, comme à l’accoutumée, des ouvriers qui les construisent logent sur place. En majorité originaires de l’intérieur du pays, ces ouvriers sont contraints de préparer eux-mêmes à manger. Mieux encore, ils se transforment, le temps d’un déplacement, en véritables “hommes de ménage” s’acquittant des tâches ménagères les plus compliquées. A la longue, la tâche devient de plus en plus difficile et pénible à telle enseigne que la tension monte d’un cran. Les nerfs lâchent et le moindre incident a toutes les chances de dégénérer. C’est du moins ce qui s’est produit dans la nuit de dimanche à lundi ... A peine les ouvriers eurent-ils rangé brouettes, pelles et autres outils de construction qu’on s’est mis à discuter qui allait s’occuper de préparer le dîner. A cet instant précis on ignorait encore qu’un meurtre était d’ores et déjà, en train de cuire à feu doux. Refusant, en effet, de respecter la distribution des rôles puisque c’était à lui de préparer à manger, l’un des ouvriers est allé jusqu’à tenir des propos injurieux à l’égard de l’un de ses collègues. Dans la foulée, il l’a traité de “Bonne à tout faire y compris la cuisine”. Seulement, l’équilibre des forces n’était pas en sa faveur. Alors, il a préféré garder le silence ... * La nuit de la revanche Finalement, le dîner a été préparé et chacun a pris son assiette et sa ration de pain avant d’aller s’esseuler dans un coin du chantier et assouvir sa faim ... La chaleur suffocante n’encourageait guère à aller s’allonger. Pourtant, la fatigue était telle qu’on était à même à dormir debout. Toutefois, il faut dire que ni la fatigue, ni la chaleur ne sont venues à bout de l’un de ces ouvriers, à savoir celui qui a subi l’humiliation de tout à l’heure. Tout au long de la soirée, il n’a jamais cessé de ruminer la gifle qu’il venait de recevoir. Après avoir longuement réfléchi, il s’est retiré jusqu’à l’endroit réservé pour ranger les outils de construction. Il retira alors calmement une hâche et d’un seul coup, il acheva son rival. Le coup a atteint la tête et malgré les cris de la victime, seul le tueur s’en s’était rendu compte qu’il venait de tuer un homme. Toujours est-il qu’il était conscient qu’il venait de commettre un crime très ... très grave. Alors, il n’a pas hésité le moindre instant à prendre ses cliques et ses claques avant de prendre la poudre d’escampette et quitter les lieux. Ce n’est que le lendemain que les autres ouvriers ont découvert le drame. C’était trop tard puisque leur collègue avait déjà rendu l’âme. Entre-temps, ils ont découvert que leur deuxième collègue avait déjà disparu. Du coup, on a compris que c’était lui le tueur. Il ne restait, alors que d’aller alerter les agents de la Garde Nationale de la région. Accompagnés d’un représentant du Procureur de la République, les auxiliaires de la justice se sont déplacés sur les lieux afin de constater les faits. Après avoir entendu les ouvriers, ils ont pu obtenir des informations sur le meurtrier présumé. Un mandat de recherche a été lancé à l’encontre du tueur. Ce dernier a été arrêté alors qu’il tentait de traverser les frontières. Conduit à Tunis, l’assassin a reconnu les faits. Il a été inculpé de meurtre avec préméditation. H.M.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com