Dossier nucléaire : Téhéran souffle le chaud et le froid





Après avoir repoussé la date de sa réponse à l'offre des grandes puissances, Téheran a réaffirmé hier son droit à l'enrichissement de l'uranium. Le Quotidien-Agences Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a encore défendu hier le "droit" de l'Iran à maîtriser le cycle du combustible nucléaire, alors que les grandes puissances attendent une réponse à leur demande d'une suspension par Téhéran de son enrichissement d'uranium. "Le cycle du combustible nucléaire appartient à tous les Iraniens et chacun a le droit de l'utiliser. Le peuple entier insiste pour que nous conservions ce droit", a dit le président dans un discours dans la province d'Hamedan (ouest), cité par l'agence Isna. Ahmadinejad a annoncé mercredi que l'Iran donnerait une réponse vers la fin du mois iranien de Mordad, qui s'achève le 22 août, à l'offre des grandes puissances pour qu'il suspende son enrichissement d'uranium Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a dit s'attendre hier à une réponse de l'Iran à l'offre des grandes puissances sur la suspension de son enrichissement d'uranium après le sommet du G8 prévu du 15 au 17 juillet à Saint-Pétersbourg (Russie). "Je ne pense pas qu'ils donneront une réponse avant la réunion du G8 à Saint-Pétersbourg", a déclaré Annan lors d'une conférence de presse à Genève. "Je pense que la réponse viendra après cette réunion mais je ne peux pas vous dire exactement à quelle date", a-t-il ajouté. La Chine a demandé pour sa part, hier à l'Iran, par la voix d'un porte-parole, de répondre "activement" aux efforts de la communauté internationale et appelé à une reprise des négociations "le plus rapidement possible" sur le dossier nucléaire. "La Chine espère que l'Iran pourra répondre activement aux efforts de la communauté internationale", a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Jiang Yu, lors d'un point presse régulier, après avoir été interrogée sur la décision de l'Iran de donner sa réponse en août à l'offre des grandes puissances pour qu'il suspende l'enrichissement d'uranium. * Gagner du temps Les Iraniens ont assuré qu'aucune échéance ne leur avait été fixée pour répondre. Mais selon le diplomate occidental, "ils ont bien compris que nous attendons une réponse dans un espace de quelques semaines et pas quelques mois". "L'Iran cherche à dépasser l'échéance du sommet du G8", a expliqué Sadegh Kharazi, ex-ambassadeur d'Iran en France et proche de l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani. Car les grands pays industrialisés pourraient y décider de durcir le ton contre Téhéran, en envisageant éventuellement des sanctions, s'ils ont le sentiment que la République islamique est déterminée à ne pas céder sur son enrichissement. De fait, selon Kharazi, "le pouvoir cherche une formule avec laquelle l'Iran peut avoir des activités d'enrichissement limitées et fournir en même temps des garanties objectives" de non détournement de ce procédé à des fins militaires. Le politologue iranien Saïd Leylaz fournit la même analyse en estimant que "les Iraniens cherchent à gagner du temps pour obtenir des Occidentaux d'accepter des négociations sans une suspension". Quelle que soit la réponse, le processus de décision est compliqué par la difficulté de concilier les avis parfois divergents des différents centres de pouvoir, selon le diplomate occidental. "Il est probable que leur attentisme s'explique en partie par des facteurs internes à la structure du régime", souligne-t-il. Interrogé par l'AFP, l'ex-porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, qui a la haute main sur le dossier, Ali Agha Mohammadi concourt partiellement à cette analyse. ________________________________ D'Alema : L'Iran ne "semble pas près de se doter de l'arme nucléaire" Le Quotidien-Agences Le chef de la diplomatie italienne Massimo D'Alema a affirmé hier que l'Iran ne lui semblait "pas sur le point" de se doter de "l'arme nucléaire", au lendemain d'une rencontre avec son homologue iranien. "Je ne crois pas que nous sommes sur le point d'être confrontés à des armes nucléaires iraniennes", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, lors d'une émission télévisée diffusée hier matin. "Dans l'état actuel des choses, si ce qui est écrit dans les rapports est vrai, l'Iran ne semble pas près de se doter de l'arme nucléaire", a ajouté D'Alema.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com