Pour laver l’honneur de la famille : Elle étrangle sa fille avec un foulard …





Refusant de lui divulguer le nom de son violeur, cette mère a perdu la raison allant jusqu’à étrangler à mort sa propre fille pour effacer à jamais les traces d’un scandale qui pourrait marquer à jamais la famille ... Tunis - Le Quotidien C’est la fin de l’été, la chaleur est étouffante et l’air sec coupe le souffle à quiconque ose s’aventurer ou s’éloigner de chez lui. Nous sommes le 22 septembre 2005. Une mère et sa fille progressaient lentement dans un paysage chaotique caractérisé par des tempêtes de sable qui rendent la visibilité très difficile. Seulement, les deux femmes sont déterminées à joindre l’hôpital d’El Mdhilla avant la fin des consultations externes et rebrousser chemin à Essray, une petite bourgade située à quelques kilomètres des frontières algériennes. Il faut dire qu’il y va dans ce voyage de la réputation de toute une famille. La mère, élevant, seule ses deux fils et sa fille, remarqua que cette dernière a, subitement, grossi. Son ventre a pris du volume et elle est victime de temps en temps d’un accès de nausée. Et pour couronner le tout, le premier diagnostic dressé par l’infirmier du dispensaire du village n’incitait point à l’optimisme. C’est que le cadre paramédical suspectait une grossesse, raison pour laquelle, il lui avait conseillé d’aller consulter un spécialiste pour mettre définitivement fin au doute et savoir avec précision ce qui n’allait pas. Une fois sur place, l’avis du médecin traitant tomba comme un couperet : votre fille et porteuse d’un fœtus âgé de cinq mois, lui avait-il dit. Ce fut le début d’un véritable cauchemar pour la fille et surtout sa mère qui n’arrivait pas à accepter ni à concevoir cette vérité amère. Le choc de cette nouvelle fut d’autant plus dur dans ces bourgades éloignées du centre ouest du pays, on lavait naguère dans le sang ce genre de dérive, synonyme d’humiliation pour toute la famille voire la tribu. De fait, le scénario le plus catastrophique arriva. En cours de route, la mère harcela sa fille de questions dans une tentative de connaître l’identité du responsable de cette grossesse indésirée. Sans résultat probant il faut dire, car la fille s’est cloîtrée dans un mutisme troublant et profond. Seules les larmes qui coulaient à flots sur ses joues trahissaient un état psychique dépressif où le dépit le dispute au désarroi à la peur et au remords. Comble de tragédie, l’instinct maternel céda la place à un sentiment de colère diffu qui s’est emparé de la mère. Voulant étouffer à jamais ce scandale, celle-ci prit son foulard qu’elle enroula autour du cou de sa fille avant de serrer fort ... de plus en plus fort. Ni les suppliques de la fille ni ses larmes n’ont dissuadé la mère à revenir à de meilleurs sentiments. C’est ainsi qu’une grossesse indésirée tourna au drame puisque la fille passa de vie à trépas par les propres mains de celle qui lui avait donné ... vie. Cette tragédie suscite toutefois des questions logiques et objectives. Quelles sont les raisons profondes qui ont poussé la fille à taire le nom de celui qui avait participé à donner le fruit de l’interdit? La fille emportera certainement avec elle ce terrible secret même si certaines langues ont commencé à émettre les hypothèses les plus folles puisque d’aucuns n’ont pas hésité à évoquer un inceste. La réaction des membres de la famille qui ont à l’unanimité, décidé de se désister de leur droit en tant que partie civile semble avoir accru un tantinet le mystère qui entoure cette affaire. Une chose est sûre cependant : évolution des mœurs ou pas, certains rites dans nombre de nos bourgades éloignées narguent le temps et ne semblent pas avoir pris un seul pli. Les crimes d’honneur restant comme une pratique assez courante à laquelle recourent certaines mentalités ankylosées et dans un état végétatif depuis la nuit des temps. H.M.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com