Après l’élimination de l’E.N. : Chronique d’une déconfiture annoncée





Un réquisitoire dressé après coup peut être taxé d’opportunisme de basse échelle. Mais lorsque la critique et la stigmatisation ont un caractère préventif, cela s’appelle anticipation rationnelle, clairvoyance et relève d’un esprit constructif. Et c’est ce qu’une kyrielle de techniciens et de journalistes se sont échinés à crier haut et fort depuis de longs mois. Dans l’intérêt suprême du pays, de la patrie. En pure perte. Pire même, chaque fois qu’une réserve a été formulée à l’encontre de ce qui touche de près ou de loin aux affaires de l’E.N, elle a été qualifiée de tentative de déstabilisation, de... sacrilège. Allons-y pour la langue de bois. Résultat: la débandade, la déconfiture, la dégénérescence. Quand une préparation à une CAN, celle d’Egypte 2006, se fait de façon aussi clopinante, le mutisme ne peut être que complice d’un dangereux laxisme. Quand, tout au long de la période s’étalant entre l’après CAN et l’avant Mondial, rien de concret, de réellement responsable ne s’entreprend au niveau de la préparation, l’on ne peut que crier haro sur cet inqualifiable laisser-aller. Comme l’écrasante majorité de nos joueurs évoluent à l’étranger, bonjour oisiveté et farniente, le hiatus entre la sélection, bien blottie dans sa douillette tour d’ivoire et les joueurs du terroir, devenant de plus en plus prononcé. Des mini stages effectués avec une bonne dizaine de joueurs, à l’instar des Ben Yahia, Zaïem, Sellami, Mahjoubi, Ouertani... juste au lendemain de la désastreuse campagne africaine d’Alexandrie et de Port-Saïd, auraient permis au sélectionneur de retenir au moins deux à trois d’entre-eux qui, de la sorte, auraient eu le temps de s’intégrer au sein du groupe. Au lieu de tout cela, avancé à titre indicatif le sectionnement du cordon ombilical n’a été que davantage consacré, au profit de joueurs faisant banquette dans leurs clubs respectifs ou traînant des blessures à répétition, ce qui a donné à voir un degré de compétitivité très en-deçà de ce qui peut être escompté dans une compétition aussi relevée qu’un Mondial. Quand, de surcroît, les trois matches de ce premier tour sont gérés avant tant d’incohérences et d’errements sur lesquels il serait vain de revenir, l’on ne doit pas s’étonner d’une issue aussi déshonorante, au vu du niveau plus que modeste des équipes faisant partie de notre groupe, hormis l’Espagne. Quand, enfin, notre perspicace Lemerre déclare une fois l’élimination consommée, qu’il «ne sait plus si l’équipe a progressé ou régressé», à l’issue de ce Mondial, nous avons une réponse on ne peut plus tangible à nos lancinantes interrogations. Au fait, tous ceux qui ont appelé le Français à arrêter de philosopher ont tort, car le propre d’un philosophe, donc d’un amoureux de la sagesse, est de douter, le doute étant la voie qui mène à la vérité. Sauf que la philosophie lemerrienne fait l’amalgame entre le doute scientifique (le scepticisme) et le doute empirique. Wahid SMAOUI _______________________________ Impressions d’après-match Radhi Jaïdi a reconnu que «l’équipe de Tunisie n’a pas livré une bonne prestation et n’a pu trouver les solutions pour bien gérer la rencontre qu'on devait remporter alors que l’arbitre a commis quelques fautes d’arbitrage». «Nous n’avons pas bien préparé le Mondial. La sélection compte plusieurs jeunes joueurs qui manquent d’expérience et il importe de bien préparer pour les prochaines échéances notamment la CAN 2008», a-t-il déclaré. Mehdi Nafti a expliqué que «les joueurs voulaient terminer la mi-temps avec un résultat nul mais l'expulsion de Jaziri dans les ultimes minutes a handicapé l’équipe. Nous aurions pu obtenir un meilleur résultat si l’équipe n’avait pas évolué à dix contre onze tout au long de la 2ème mi-temps. La blessure que j’ai contractée est légère et est due seulement à la fatigue». Pour sa part le sélectionneur de l’Ukraine, Oleg Blokhine, a félicité son équipe, indiquant que l’objectif fixé a été atteint. «La première défaite a eu de grandes répercussions psychologiques sur les joueurs mais cela leur a également permis de se secouer et de remporter le 2ème match qui a été le meilleur pour l’équipe dans ce 1er tour». «Aujourd’hui (vendredi ndlr), c’était un match très nerveux et avant la rencontre on a bien étudié la composition de l’équipe tunisienne. Même si nous n’avions rien pu faire en première période, nous avons réussi à aller jusqu’au bout en 2ème mi-temps et remporter la victoire. Je suis content de cette victoire mais pour espérer aller plus loin, il y a beaucoup de choses à revoir. Après l’expulsion de Jaziri, les joueurs se sont au contraire arrêtés», a-t-il expliqué, soulignant qu’ «en première mi-temps quatre joueurs n’ont pas joué comme il le faut face à l’équipe tunisienne dont nous savions déjà qu’elle était nettement supérieure à l’Arabie Saoudite et qui nous a posé des problèmes».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com