Greffe rénale en Tunisie : Faute de dons … la stagnation





Se faisant toujours par les méthodes d’épuration extra-rénale, le traitement de l’insuffisance rénale chronique coûte chaque année au pays plus de 75 milliards de nos millimes. Des dépenses qui peuvent être réduites sensiblement à travers la pratique de la greffe qui n’arrive pas malheureusement à décoller. Et pour cause ... Tunis - Le Quotidien Malgré l’évolution enregistrée au cours de l’année 2005 au niveau de l’activité de la greffe rénale en Tunisie, cette pratique pour le traitement de l’insuffisance rénale reste toujours insuffisante eu égard au nombre croissant des malade qui attendent encore un geste de générosité de la part d’un donneur de rein. Le problème a été le sujet principal abordé par de nombreux médecins spécialistes dans le domaine, dans le cadre d’un dossier consacré à la situation de la greffe rénale en Tunisie et paru dans le nouveau bulletin d’information “Don et Vie”, édité par le Centre National pour la Promotion de la Transplantation d’organes (CNPTO) et l’Association Tunisienne de la Sensibilisation pour le Don d’organes (ATSADO). Le constat principal donné par les auteurs de ce dossier est que malgré l’existence d’un cadre légal et institutionnel pour la promotion de la greffe d’organes en général et la greffe rénale en particulier en Tunisie depuis 1986, cette activité est restée en dessous des besoins et des attentes. * Obstacles Depuis sa création en 1998, le CNPTO en tant que principale structure juridiquement chargée de l’activité de la greffe est intervenue dans 330 cas pour transplanter des reins à partir de 206 donneurs vivants et 124 donneurs décédés. D’après un rapport sur la greffe rénale en Tunisie évoquant les obstacles qui entravent le développement du don, les Drs Mohamed Jalel et Mylène Hmida, du CNPTO placent l’opposition de la famille de la personne décédée à la tête des obstacles. Entre 2003 et 2005 le pourcentage de refus de la famille a toujours stagné au dessus des 80% pour tous types d’organes. En 2003, le refus de la famille au prélèvement a flirté avec les 90%. La greffe rénale représente toutefois un espoir à plusieurs milliers de malades souffrant d’insuffisance rénale chronique. La prise en charge de 6150 malades par le traitement par épuration extra-rénale, ou hémodialyse, coûte en fait la communauté plus de 75 millions de dinars par an. Grâce à la greffe, ces dépenses pourraient être réduites de façon très nette tout en favorisant aux malades une meilleure insertion socioprofessionnelle qui est entravée par l’hémodialyse. Les spécialistes estiment par ailleurs que la promotion de la greffe à court moyen et long termes doit être axée sur la valorisation de la greffe et sur la sensibilisation de tous les acteurs afin de combattre les préjugés. H. Ghediri 3000 C’est le nombre de patients souffrant d’insuffisance rénale chronique inscrits sur les listes d’attente du CNPTO ... pour subir une éventuelle greffe de rein. __________________________________ Don et récompense ... Sous d’autres cieux, les gouvernements procèdent à diverses mesures incitatives pour encourager les gens à adhérer au don d’organes. Parmi les mesures incitatives morales, on cite le recours dans certains pays à récompenser les donneurs d’organes comme c’est le cas en Arabie Saoudite et au Koweït où ils sont honorés et décorés par les plus hautes instances. Dans d’autres pays les récompenses sont matérielles. Par exemple aux USA et en Grande-Bretagne, des lois prévoient l’octroi aux donneurs vivants et aux familles des donneurs d’organes décédés d’une indemnité financière allant jusqu’à 20.000 dollars pour un rein. Pratiquée également par l’Iran, la récompense matérielle du don a donné des résultats probants. En Iran, qui est un pays, musulman, il n’existe plus de malades actuellement sur les listes d’attente. A méditer. H.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com