Portugal : Maniche, l’infatigable machine à tout faire





Désigné homme du match par la FIFA et véritable poumon de son équipe, le joueur de Chelsea en Premier League anglaise a produit une prestation complète, presque mécanique, faisant constamment l'essuie-glace devant sa défense tout en contribuant aux actions offensives de ses couleurs. Sa performance méritait bien d'être récompensée par un but, de toute beauté sur le plan collectif: un mouvement à quatre initié par Cristiano Ronaldo et Deco, poursuivi par Pauleta impeccable dans son rôle de pivot-passeur et donc conclu par Maniche d'une frappe puissante et précise à la 23e minute. Mis en confiance par ce but, son deuxième du tournoi après celui inscrit face au Mexique lors du premier tour, le milieu de terrain portait ensuite véritablement son équipe. Il le fallait, surtout en deuxième période quand les Portugais se retrouvaient à dix suite à l'exclusion de Costinha, pour un deuxième avertissement (45’). Maniche n'avait d'autre choix que de redoubler d'efforts au centre du jeu. * Pilier Ce qu'il faisait le plus souvent très efficacement, en contrant tantôt Mark Van Bommel, tantôt Wesley Sneijder qui surgissaient régulièrement, tout en continuant à se créer des occasions comme sur un tir à la (57’). Refroidi par un carton jaune dès la 20ème minute, il allait ensuite être l'un des seuls joueurs à garder la maîtrise de ses nerfs au cours d'une fin de match marquée par un total de vingt cartons (quatre rouges et seize jaunes!). Maniche, baptisé ainsi en hommage à Michael Maniche (star danoise de Benfica dans les années 80), a donc une nouvelle fois confirmé qu'il est l'un des piliers de l'équipe nationale. Auteur d'un excellent Euro 2004, il a disputé les 12 rencontres qualificatives pour cette Coupe du monde. Son palmarès en club est appréciable: avec Porto, il a remporté la Coupe de l'UEFA, la Ligue des champions et deux titres de champion du Portugal. Après un passage raté au Dynamo Moscou, il est venu à Chelsea jouer sous les ordres de son compatriote Jose Mourinho, son entraîneur à Porto. Le milieu de terrain n'a pas réussi à s'imposer à Chelsea, et le club londonien pourrait ne pas le conserver la saison prochaine. Sûr cependant qu'avec des prestations comme celle de dimanche dernier, les candidats acquéreurs vont se bousculer. _________________________________ Une valise de cartons qui pèsera bien lourd Les deux cartons rouges et les neuf jaunes qu'ont reçus les joueurs portugais dimanche à Nuremberg lors du succès (1-0) face aux Pays-Bas laisseront des traces douloureuses dans le camp lusitanien en vue du quart de finale, samedi face à l'Angleterre. Le sélectionneur du Portugal, le Brésilien Luis Felipe Scolari, ne s'en cachait pas. "Au moment de construire mon équipe pour affronter les Anglais, je vais me trouver confronté à quelques problèmes que je n'attendais pas", disait-il quelques minutes après le combat houleux face aux Néerlandais, sanctionné par un nombre record de quatre exclusions et seize avertissements. "C'est regrettable, très handicapant, mais c'est le football, et trouver des solutions pour maintenir un 'onze' compétitif, cela fait partie de mon boulot de sélectionneur", poursuit-il. Ces problèmes, qu'il "n'attendait pas", sont les suspensions à venir de Costinha et de Deco, voire celle de Luis Figo si la Fifa décide de sanctionner le coup de tête adressé à Mark Van Bommel (que l'arbitre n'a pas vu mais que les images TV montrent clairement). Il s'agit aussi de la blessure contractée par Cristiano Ronaldo, une entaille profonde et un gros hématome en haut de la cuisse droite. Il y a enfin un nombre important de joueurs sous la menace d'une suspension en cas de nouvel avertissement face aux Anglais. Maniche, Petit, Figo, Ricardo et Nuno Valente sont concernés. * Quel meneur ? "Il y a de nombreux paramètres dont je devrai tenir compte samedi à Gelsenkirchen", expliquait Scolari. Le sélectionneur ne cachait pas ses regrets "sur certaines décisions de l'arbitre" et sur le "comportement des joueurs néerlandais". "Certains cartons sont sortis très vite de la poche de Monsieur Ivanov", se plaignait le Brésilien, constatant comme les journalistes que vingt cartons avaient été donnés au cours de cette rencontre sanctionnée par vingt-cinq fautes. "L'exclusion de Deco me semble extrêmement sévère", jugeait le sélectionneur qui connaît l'importance du stratège de Barcelone dans le jeu lusitanien. C'est d'ailleurs l'absence du meneur de jeu qui tracasse sans doute le plus Scolari. Surtout si Cristiano Ronaldo devait, lui aussi, manquer à l'appel. "Il lui reste quelques jours pour se remettre. J'espère qu'il sera guéri car sa présence offensive est très importante dans le couloir gauche", avançait l'entraîneur qui s'estimait malgré tout "très, très heureux" de sa soirée de dimanche. "Il ne nous manque qu'un succès pour égaler le fantastique résultat obtenu par l'équipe du Portugal demi-finaliste de la Coupe du monde en 1966. Nous allons tout donner pour l'obtenir", avançait-il, tout en se lançant dans une vibrante déclaration d'amour pour son pays d'adoption. "J'aimerais apporter au Portugal ce que le Portugal m'a apporté. De la chaleur, de l'amour. Je me bats tous les jours pour mériter cela", a-t-il dit dimanche dernier, les yeux déjà braqués sur le duel samedi prochain face aux Anglais.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com