Réconciliation irakienne : Des groupes armés demandent un calendrier de retrait





Trois GI's et plusieurs policiers tués dans une série d'attaques Un soldat américain et un Marine sont morts hier à Bagdad des suites de blessures causées par l'explosion d'un engin dans le sud de la capitale, a annoncé l'armée américaine dans un communiqué. Le Quotidien-Agences Un troisième Marine américain est mort avant-hier soir des suites de blessures subies lors de combats dans la province occidentale d'Al-Anbar, a ajouté l'armée américaine. Ce décès porte à au moins 2.528 le nombre de militaires américains et personnel assimilé morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte établi à partir des chiffres du Pentagone. Toujours à Bagdad, trois policiers ont été tués et quatre ont été blessés par un engin explosif contre leur patrouille dans le centre de la capitale. A Hilla au sud de la capitale, dix personnes sont mortes et 79 blessées dans une attaque commise avanr-hier soir selon un bilan communiqué hier de source hospitalière. Par ailleurs, au moins trois personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans une attaque suicide à la voiture piégée contre une station-service réservée aux voitures du gouvernorat dans la ville de Kirkouk, a indiqué la police. L'homme a fait sauter son véhicule alors que des fonctionnaires faisaient le plein, détruisant totalement la station. Enfin, vingt-deux jeunes Irakiens sont morts et 40 ont été blessés dans une attaque à la moto piégée lundi soir au nord de Bagdad, selon un nouveau bilan communiqué hier par une source de sécurité. * Contacts Des groupes armés irakiens, engagés dans des contacts indirects avec le président Jalal Talabani, ont exigé un calendrier de retrait des troupes étrangères pour adhérer au projet de réconciliation du Premier ministre Nouri al-Maliki, a affirmé hier un député kurde. "Selon des sources proches de la présidence, les contacts entrepris par des intermédiaires se poursuivent entre le président Jalal Talabani et (sept) groupes armés pour les amener à déposer leurs armes", a déclaré le député Mahmoud Osmane. Selon ces sources, a-t-il précisé, les groupes armés "ont mis des conditions pour accepter le plan de réconciliation, notamment un calendrier de retrait des forces étrangères et une reconnaissance de la légitimité de la résistance". Le parlementaire kurde a affirmé également que des contacts, toujours par le biais d'intermédiaires, étaient en cours entre des groupes armés et les Américains, sans donner plus de précisions. Un influent député chiite, cheikh Jalal Edddine al-Saghir, a affirmé que le gouvernement n'avait "pas été informé" des résultats de ces contacts. Il s'est dit par ailleurs sceptique sur l'existence d'une "résistance nationale". "Nous considérons que la soi-disant résistance n'existe pas et si elle existait (...), ses animateurs se seraient déclarés et auraient révélé leur programme", a-t-il déclaré. "Nous n'avons pas à négocier avec des gens qui n'ont pas de programme et personne dans le gouvernement n'a le droit de parler avec les assassins du peuple irakien", a-t-il ajouté. Cheikh Jalal Eddine a estimé toutefois qu'il y avait une volonté chez des chefs tribaux et des dignitaires de la région sunnite d'Al-Anbar, à l'ouest de Bagdad, de se joindre au processus de paix. Mais, selon lui, ces derniers en sont empêchés par des groupes extrémistes. Il s'est dit ne pas être contre le principe du dialogue, ajoutant que le plan Maliki "nécessite du temps et de la patience pour réussir". Le numéro deux du Parti islamique, Iyad al-Samarraï a affirmé pour sa part que son parti était prêt à jouer les intermédiaires entre le gouvernement et des groupes armés. "Nous n'avons pas d'objection à faciliter les contacts même si on préfère qu'ils soient directs", a-t-il déclaré. Selon lui, "la tendance générale dans l'ouest de l'Irak, et particulièrement dans la province d'Al-Anbar, est à la réconciliation". "Mais les conditions de sécurité sont mauvaises d'autant plus qu'Al-Anbar connaît la plus importante implantation d'Al-Qaïda". Dans le camp sunnite, l'institution gérant les biens religieux (Waqfs) a bien accueilli hier, dans un communiqué, le plan de Maliki en souhaitant toutefois la dissolution rapide des milices armées et la libération d'un plus grand nombre de détenus. __________________________________ Libération de 450 détenus Le Quotidien-Agences Environ 450 prisonniers de plusieurs centres de détention irakiens et américains ont été libérés hier dans le cadre de l'amnistie décrétée par le Premier ministre Nouri al-Maliki, ce qui porte les libérations à 2.500 pour le mois de juin. Le sixième groupe de détenus a été rassemblé dans la prison d'Abou Ghraib, à l'ouest de Bagad, pour écouter un bref discours de Mouaffak al-Roubaïe, conseiller irakien à la sécurité nationale, a constaté un correspondant de l'AFP. "Votre libération s'inscrit dans le plan de réconciliation nationale du Premier ministre. Il ne s'agit pas d'un jeu politique. C'est une tentative sincère pour aboutir à la réconciliation et à l'unité de l'Irak", a-t-il dit. "Je peux vous dire sans le moindre doute qu'aucun d'entre vous n'a commis de crimes contre les forces irakiennes et de la coalition", a-t-il ajouté. "Rentrez chez vous et commencez une vie normale. Condamnons tous la violence confessionnelle et construisons un Irak unifié", a-t-il encore dit. Il a assuré que le gouvernement allait offrir des emplois aux prisonniers libérés. "C'est le devoir du gouvernement de procurer du travail à ceux qui n'en n'ont pas. Cela fait partie du plan de réconciliation nationale", a-t-il dit. Dans un communiqué reçu hier, le Conseil des ministres a indiqué que les étudiants, parmi les détenus libérés, seraient réintégrés dans leurs universités et les fonctionnaires dans leurs administrations.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com