Poutine défie Washington : Moscou ne s’associera à aucun ultimatum contre l’Iran





Le Président russe a implicitement critiqué la position de Washington qui cherche à imposer des sanctions à l'Iran, en affirmant que Moscou ne s'associera à aucun ultimatum, et ce, au moment où on évoque à Téhéran la possibilité d'une nouvelle commande de centrales nucléaires à la Russie. Le Quotidien Agences La Russie ne s'associera à aucun ultimatum pour régler un problème de non-prolifération, a déclaré hier le président russe Vladimir Poutine, dans une allusion au dossier nucléaire iranien. "Nous n'avons pas l'intention de nous associer à toutes sortes d'ultimatums qui ne font que conduire à une impasse et portent un coup à l'autorité du Conseil de sécurité des Nations unies", a dit Poutine, cité par les agences russes, intervenant devant une réunion d'ambassadeurs russes. "Nous sommes convaincus que c'est l'engagement dans un dialogue qui sert le règlement des crises et non l'isolement de tel ou tel Etat", a encore déclaré le président russe, critiquant implicitement la position de Washington qui cherche à imposer des sanctions à l'Iran pour le forcer à abandonner son programme nucléaire. "Nous n'entrerons dans aucune union sacrée", a encore insisté Poutine, après avoir observé que "la Russie n'avait pas besoin de confrontation". "La Russie propose des idées parfaitement réalistes, comme la proposition de créer un centre international d'enrichissement de l'uranium", a encore souligné le président russe, abordant directement le dossier iranien. * Nouvelles commandes En contre partie de cette prise de position, l'Iran a indiqué, à travers son vice-ministre des Affaires étrangères Mehdi Safari, qu'il compte commander deux autres centrales à la Russie.Safari, ancien ambassadeur iranien en Russie qui avait participé au lancement de la coopération nucléaire entre les deux pays, reconnaît que de nombreux problèmes freinent la construction par la Russie de la centrale de Bouchehr, qui doit officiellement être achevée en 2007. "Nous espérons une solution rapide de ces problèmes et prévoyons de commander en Russie la construction d'encore deux usines nucléaires, de mille mégawatts chacune", ajoute Safari, rappelant que les plans iraniens à long terme sont de créer une capacité de 20.000 mégawatts. Le patron de l'agence atomique russe Rosatom Sergueï Kirienko a déclaré récemment que la centrale de Bouchehr serait achevée "selon le programme" prévu, autrement dit en 2007 et non auparavant, comme le souhaite la partie iranienne. Le programme nucléaire iranien est au centre d'une importante controverse internationale, Washington et plusieurs de ses alliés craignant de voir Téhéran se doter de l'arme nucléaire sous le couvert d'activités civiles. La Russie et la Chine sont opposées à d'éventuelles sanctions de l'ONU contre l'Iran, pour lesquelles œuvrent les Américains. Ce dossier sera abordé lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 jeudi à Moscou. Les sept membres occidentaux du club ont présenté une offre au régime iranien pour qu'il accepte de suspendre ses activités controversées d'enrichissement de l'uranium.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com