Soutien de Chirac à Villepin : L’opposition et la presse se déchaînent





Le Quotidien-Agences Le président français Jacques Chirac s'est attiré hier les sarcasmes de l'opposition et de la presse, au lendemain de la confirmation à son poste du Premier ministre Dominique de Villepin en dépit de la succession de crises traversées par le pays. Lors d'une interview télévisée, Chirac a réaffirmé son soutien à de Villepin et laissé entendre qu'il avait l'intention de le maintenir jusqu'aux prochaines élections présidentielles dans dix mois, malgré sa cote de popularité au plus bas et des appels à la démission venus de son propre camp. Pour Chirac, "le contrat du gouvernement a été rempli", notamment en termes de lutte contre le chômage et retour de la croissance. "Je ne vois pas pourquoi je changerais un gouvernement qui a parfaitement rempli sa mission", a-t-il affirmé. "Quelques mois de plus avec la même équipe, c'est l'assurance que notre pays continuera à perdre du temps et à s'enfoncer dans le doute, la langueur", a réagi l'ancien ministre Jack Lang, qui brigue l'investiture des socialistes pour 2007. "Les gens voudraient qu'on tourne la page au plus vite, le peuple n'en peut plus", a-t-il déclaré, en fustigeant une majorité en voie "d'implosion". * Déni de réalité L'ancien Premier ministre Laurent Fabius, qui participe lui aussi à la course à l'investiture socialiste, a qualifié d'"intervention pour rien" et de "déni de réalité" l'allocution de Chirac. "On n'a jamais vu le numéro 1 et le numéro 2 (du gouvernement) se disputer comme cela mais, paraît-il, ça va bien, cela crée une émulation positive", a-t-il encore souligné. Fabius faisait allusion à la rivalité entre le Premier ministre et son ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui préside le parti majoritaire UMP. Chirac — qui n'a pas exclu de briguer un troisième mandat — a estimé qu'il n'y avait pas de "rivalité insupportable" entre les deux hommes, mais a conseillé à de Villepin d'être "plus à l'écoute et d'avoir plus de contacts avec sa majorité parlementaire". La presse a, elle aussi, accueilli avec ironie ou scepticisme la prestation présidentielle, à l'instar du journal Libération (gauche) qui titrait en Une: "On ne change pas une équipe qui perd". Selon Le Figaro (droite), "comme Zidane, Jacques Chirac n'aime pas changer de coéquipiers". "Ce qui est terrible avec Jacques Chirac, c'est qu'il n'écoute rien, n'entend rien, ne voit rien", affirmait pour sa part le quotidien régional l'Est Républicain, tandis que Les Dernières Nouvelles d'Alsace s'interrogeaient: "Jacques Chirac avait-il vraiment quelque chose à dire aux Français ?".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com