Participation africaine : Aux aigles, le plus mauvais état d’esprit





Après avoir vu et apprécié à sa juste valeur la prestation du Ghana face au Brésil, les Tunisiens ne peuvent se soustraire à l’exacerbation du sentiment de frustration. D’autant plus que les trois autres représentants africains ont largement tiré leur épingle du jeu, malgré leur élimination en bloc dès le 1er tour. Il ne s’agit nullement de remuer le couteau dans la plaie, mais avec le recul maintenant, nous sommes de plus en plus persuadés que le gâchis dont s’est rendue coupable la sélection tunisienne est réellement monumental. En effet, faire un aveu d’impuissance face à des adversaires de calibre tout juste moyen, tels que l’Arabie Saoudite et l’Ukraine, laisse un arrière-goût d’amertume fort indigeste, surtout que la manière faisait cruellement défaut. C’est que de toutes les sélections africaines, seule la Tunisie a montré un visage terme, excepté 60 à 70 minutes face à l’Espagne, une attitude désespérément renonciatrice, ankylosée dans un entremêlement de choix tactiques consacrant l’inhibition et privilégiant le recroquevillement. A titre indicatif, la Côte d'Ivoire a certes ployé face à l’Argentine et aux Pays-Bas (deux fois 1-2), mais elle a laissé les meilleures impressions à la faveur d’un louable esprit de conquistadores, face à deux mastodontes à l’échelle mondiale, avant de signer une victoire face à la Serbie. L’Angola, pour sa part, ne s’est incliné qu’une seule, par la plus petite marge (0-1), devant un autre géant du football mondial, le Portugal de Figo, Deco, Maniche, Ronaldo et Pauleta, se permettant le luxe de tenir en respect un autre antagoniste de renom, le Mexique (0-0). Mais c’est toujours l’esprit du jeu qui retient notre attention et conditionne notre jugement de valeur. Quant au Togo, il a certes essuyé trois revers de suite, mais défaite pour défaite, il est allé à chaque fois au charbon, jouant à fond ses chances. Face à la Suisse, les Togolais ont été privés de deux penalties flagrants et contre la France, ils ont répondu aux champions du monde 98 attaque contre attaque. Il est irréfutable que la Tunisie a pâti, elle aussi, d’un arbitrage partial, notamment contre l’Ukraine, mais c’est son attitude dénuée de jus, d’initiative empêtrée dans un tacticisme outré qui rebute et révolte. Le désabusement et l’aigreur prennent une dimension encore plus prononcé, quand on voit avec quel état d’esprit et quelle maîtrise technique le Ghana a affronté le grand escogriffe qu’est le Brésil. Ce Ghana là qui, en est à sa première participation en phase finale du Mondial.Pour les Tunisiens, les Mondiaux, hormis celui de 1978, se suivent et se ressemblent, amoncelant à foison les regrets. Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com