Irak : L’amnistie restrictive complique la réconciliation





Irak : L'amnistie restrictive complique la réconciliation Les sévères conditions posées par le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, pour rallier les sunnites au processus politique rendent difficile une réconciliation, estiment hier les milieux politiques. Le Quotidien-Agences "La situation se complique à partir du moment où Maliki a indiqué qu'il ne pardonnerait pas à ceux qui ont tué des Irakiens", a déclaré le député kurde Mahmoud Osmane, qui dit s'attendre en retour à ce que les résistants fassent de la surenchère pour accepter le projet de réconciliation. Un diplomate étranger a émis des doutes sur l'identité et la représentativité des groupes qui auraient approché le gouvernement pour déposer les armes et s'insérer dans le jeu politique. "Quand Maliki dit qu'il ne pardonnera pas à ceux qui ont tué des Irakiens, avec qui va-t-il négocier?", s'est interrogé Osmane. Mercredi Maliki a précisé, qu'en plus de ceux qui ont commis des crimes contre les Irakiens, il excluait de l'amnistie les auteurs d'attaques contre la Force Multinationale, les sociétés et les médias étrangers. "Cela laisse peu gens avec qui négocier", a raillé le député kurde, en estimant que dans "toutes les guerres, les gens meurent et quand on offre une trêve on doit prendre en considération cet élément". "Certes ceux qui ont tué de sang-froid, comme les auteurs de décapitations et d'attentats à la bombe, ne doivent pas être absous mais que faire avec ceux qui ont participé à des combats", a ajouté l'homme politique kurde. Selon Osmane, le refus des dirigeants irakiens de reconnaître des groupes armés comme des "résistants" complique la recherche d'une réconciliation. Le député kurde a récemment indiqué qu'il y avait sept groupes armés qui étaient en contact, via des intermédiaires, avec le président Jalal Talabani et qu'ils demandaient en priorité un calendrier de retrait des forces étrangères. Mais un diplomate étranger, suivant de près ce dossier, a déclaré que "même les Américains et les responsables irakiens sont sceptiques sur l'identité, la représentativité et l'influence réelle de ces groupes". Selon lui, certains d'entre eux ont demandé à participer à une conférence de réconciliation proposée par la Ligue arabe début août mais cette dernière a exigé d'eux une trêve de trois mois et la nomination de négociateurs avec lesquels il soit possible de parler. Au niveau des violences, quatre Irakiens ont été tués dans différentes attaques et quatre blessés. Dix-huit corps de personnes exécutées par balles et pouvant avoir été victimes de violences confessionnelles ont été découverts à Bagdad et au nord et au sud de la capitale. L'armée américaine a annoncé que deux de ses soldats avaient été tués dans des attaques, ce qui porte à 2.523 le nombre de militaires américains et personnels assimilés morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte établi par l'AFP à partir des chiffres du Pentagone.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com