Genève : L’OMC dans l’impasse





Les 149 pays membres de l'OMC se sont retrouvés face à face hier à Genève pour tenter de sauver leurs quatre années et demie de négociations sur un nouvel ordre commercial mondial, qui semblaient vouées à l'échec faute de nouvelles concessions des différents acteurs. Le Quotidien-Agences La journée a débuté par des conciliabules en "chambre verte", réunion restreinte d'une trentaine de pays censés représenter les intérêts respectifs des multiples groupes de pression. L'ensemble des pays membres se sont ensuite retrouvés en fin de matinée en réunion plénière, sans grand espoir toutefois d'aboutir à de réelles avancées d'ici dimanche. "Nous allons rencontrer nos partenaires afin de parvenir à un résultat ambitieux pour ces négociations", s'est bornée à déclarer la nouvelle représentante au Commerce américain, Susan Schwab, avant d'entamer les pourparlers. "On a entendu des nouvelles choses de la part de l'Union européenne, maintenant nous espérons entendre du nouveau de la part des autres" négociateurs, a déclaré de son côté le commissaire européen Peter Mandelson. Ces déclarations sibyllines résument les positions cadenassées des différents camps, qui, tous, renâclent à bouger tant que les autres ne font pas le premier pas * Obstacles Les pays membres de l'OMC devaient tenter de régler à Genève les points les plus délicats du cycle de négociations dit de Doha ouvert en 2001 dans la capitale du Qatar pour instaurer un commerce mondial plus équitable envers les pays pauvres. Mais les négociations butent depuis des mois sur le dossier agricole, notamment la réduction des droits de douane européens et des subventions aux agriculteurs américains, exigée par les pays du Sud. Ces derniers se voient en retour demander d'ouvrir davantage leurs marchés aux produits industriels et aux services des pays riches. Des concessions délicates à consentir tant pour l'Europe et les Etats-Unis, qui veulent ménager leurs agriculteurs à l'approche d'échéances électorales importantes, que pour l'Inde et le Brésil, soucieux de préserver leurs industries en plein essor. "Le cycle de négociations ne doit pas servir à sauver les économies des pays développés", a lancé le ministre indien du Commerce, Kamal Nath. Jeudi soir, une réunion en petit comité entre les six acteurs clés l'OMC (Australie, Brésil, Etats-Unis, Inde, Japon, UE) s'est soldée par un constat d'échec, chacun se refusant à faire la moindre avancée. A l'issue de plusieurs heures de vaines discussions, le pessimisme était donc de mise. "Il est très peu probable que nous parvenions à un accord ce week-end", a jugé Peter Power, porte-parole du commissaire européen au Commerce, pour qui "les positions sont trop distantes les unes des autres". Signe de cet échec annoncé, le ministre indien a fait part de son intention de reprendre l'avion dès samedi, alors que les négociations devaient en théorie s'achever dimanche, voire plus tard. La plupart des ministres de pays de l'UE venus suivre le déroulement des négociations, auxquelles ils ne participent pas directement, comptaient, eux, boucler leurs valises ce vendredi. La réunion de Genève apparaissait comme une dernière chance afin de parvenir à conclure l'ensemble du cycle de Doha avant la fin de l'année, faute de quoi un accord risque d'être hors de portée pour longtemps. En cas d'échec avéré cette semaine, une autre réunion devrait avoir lieu fin juillet à Genève pour tenter de respecter ce calendrier.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com