Retour des Tunisiens de l’étranger Parfum du bled à bord du Venezuelos





Pour la saison estivale 2006, la CTN a mis tous ses efforts pour bien accueillir les 193.000 passagers sur les 930.000 Tunisiens vivant à l’étranger et les 62.000 voitures. Ils seront répartis sur sa flotte. Le «Habib» (âgé de 28 ans), le «Carthage « qui date depuis 1999 et le car-ferry grec affrété El Venezuelos. Nous étions à bord de ce dernier. Compte rendu. Gênes - Le Quotidien Il faisait beau sur Tunis lundi dernier. Il n’y avait pas foule au port de La Goulette vers 11 heures. Pour les passagers à bord d’El Venezuelos un des navires Star de la Méditerranée que louent des Grecs pour la troisième année consécutive à la Compagnie Tunisienne de Navigation (CTN). Il n’y a pas eu d’encombrement ni trop d’attente. Les formalités douanières n’ont pas pris beaucoup de temps et c’était vite fait. Destination: Gênes - Une ville sans âge incrustée sur le flanc des Alpes maritimes et frangeant en ocre doux les hauteurs verdâtres jusqu’au port ouvrant sur la Méditerranée, considéré parmi les plus immenses du monde. Les Marco Polo, Christophe Colomb et tous les autres grands navigateurs ayant découvert d’autres bouts de terre, du côté de l’Atlantique ou de l’Extrême Orient, sont passés par là. La traversée de cette tâche bleue séparant le Nord de son Sud qu’on voit sur la carte géographique n’a pas dépassé les 24 heures. Il faut dire aussi qu’on n’a pas vu le temps passer. Les quelque quatre-vingts passagers (dont près d’une dizaine de journalistes, des responsables de la sécurité, de la douane, de la CTN, de l’Office des Tunisiens à l’étranger) et les 150 employés saisonniers (secouristes et bons à tout faire), sans oublier les techniciens et membres d’équipage grecs étaient presque en famille. Le commissaire de bord Mohamed Hichem Cherif et son équipe nous ont bien choyés et nous avons eu droit à des plats succulents de tous les goûts. Une cuisine raffinée tirée du monde entier. Le service était irréprochable. Le confort dans ce navire de 12 ponts et d’une capacité de 2200 passagers et de 800 véhicules a apporté un plus aux «résidents». Qui ont trouvé repos et autres sensations de luxe dans pas mal d’espaces (piscine, shopping, bar...) Mardi 27 juin, il est presque midi, nous sommes au port gênois. La Superba, capitale de Ligurie moyen-âgeuse, l’une des républiques maritimes italiennes avec Venise, Amalvi et Pise, était baignée de soleil. On affiche dans les 35°. Notre El Venzuelos a pris royalement place à côté du Grimaldi (un concurrent sérieux à notre flotte nationale) et autres navires moins impressionnants. A notre arrivée, les délégués de la CTN à Gênes et à leur tête le consul tunisien Abderrahmane Ben Mansour nous ont réservé un accueil chaleureux. A notre service, des bus et voitures pour ceux qui voulaient faire un tour dans la ville de 600 mille habitants ou un saut dans une grande surface sur le périf. Les autorités italiennes étaient avec nous d’un comportement digne à l’image des relations heureuses entre les deux pays. A 20 heures à la piscine au 11ème étage, une réception a été offert par la CTN à nos amis italiens. Ils sont du genre BCBG ou de l’autorité locale. Il y a une harmonie dans l’air. Notre consul et tout son cortège étaient presque accaparés par la foule qui n’a pas tardé à regagner le 9ème étage pour dîner. Un véritable festin. Qui plus est sur des notes de musique de chez nous. Et au rythme d’une danseuse aux couleurs locales. La soirée s’est poursuivie jusqu’à tard dans la nuit avec un tour de gâteaux, friandises et thé aux pignons. * Bienvenue à bord Le 28 juin, on se prépare tous pour le retour prévu à 16 heures. Dehors, à l’entrée du port, une vague humaine. Les uns en voiture, les autres en file indienne pour des formulaires nécessaires dans le passage douanier. Des familles entières commencent à prendre leur mal en patience sous un soleil écrasant et longent le mur, espérant un zeste d’ombre et de fraîcheur impossibles. Des bébés, des vieux, des femmes enceintes, des hommes, des ados et des têtes blondes et noires ont envahi le quai. Au total: 809 passagers dont 35 bébés et 271 voitures. De l’autre côté: sous l’œil vigilant des spécialistes italiens, nos secouristes ont été soumis à des exercices de sauvetage. La validité a tardé à venir. Conséquence: un retard de deux heures. Longues heures.Il est 18 heures quand une ruée de masse humaine a pénétré dans le navire. Enfin, heureusement que tout est bien préparé et d’avance pour accueillir nos concitoyens les premiers de la haute saison. A l’accueil, Nahed Rajhi, chef de service à l’office des Tunisiens à l’étranger et autres responsables étaient à l’écoute de ces gens de retour définitif ou provisoire, qui apportent chaque année aux caisses du pays 1,6 milliard de dinars en devises (2ème position après le tourisme). El Venezuelos démarre. Un son musical enveloppe ce véhicule village sur mer. Tantôt la voix de Amina Fakhet, tantôt celle de Soufia Sadok ou d’autres premiers contacts en musique avec le pays. Après avoir pris place dans leur cabine, les gens étaient moins crispés qu’il y a quelques heures. Toute seule, une jeune brune, Hanen M’barek, 17 ans et lycéenne à Nice nous affirme son attachement au bled. «Nous rentrons chaque année à Sidi Alouane, du côté de Mahdia. C’est la 2ème fois qu’on est en bateau. Habituellement, on prenait l’avion. Mais on s’y plaît et c’est beaucoup moins cher», nous raconte-t-elle avec un arabe écorché. Elle a appris la langue d’origine dans une mosquée par des mamans jalouses de leur identité. En face, une jeune maman avec sa petite. Elle est Algérienne et habite Nice, en France. «Sur ce voyage, on gagne au moins cinq cents euros. On fait escale à Tunis avant qu’on atterrisse à Annaba. Puis il n’y a rien à dire sur le confort. J’ai apporté quelque chose à grignoter pour les mômes...», raconte la jeune maman Thouraya d’Algérie. Pas loin, au bar, un grand blond, Bassen Nikias. Il est allemand et affectionne les plages tunisiennes. Il vient chez nous pour la seconde fois. La première c’était à bord du Grimaldi. Ce jeune informaticien qui a pour bagage un seul sac à dos trouve pénible le contrôle de la douane. Mais sécurité impose. Normal. Quant aux services «O.K, c’est bon mais pas au top», nous dit-il. Avec ses deux fillettes, sur le banc, la maman de Noura qui habite Nice est en train de siroter un soda, «Je rentre tous les ans. Je viens de Nice et je gagne près de 200 dinars. Pour cette année, je rentre chez moi à Monastir sans mon mari. Il est pris par le travail. Mais je suis en voiture et les enfants vont savourer les vacances au Sahel», nous raconte-t-elle avec le grand sourire. Autour d’une table ronde, trois jeunes garçons qui vont rentrer à Boumerdès.Les deux jumeaux Mehdi et Hamdi Frouja, qui font du foot dans la 4ème division de Meldert et Zele en Belgique flamande. A leur côté, Nidhal Haj Hassen, un électricien. Tous trois sont nés à Wetteren, comme Thouraya, Hamdi, Hassen, Nidhal, Hanen, ils sont tous heureux de rentrer chez eux. «Rien ne vaut le pays", nous disent-ils. Et d’ajouter «Quel plaisir de se trouver dans le pays de ses ancêtres». Mais le plaisir n’a pas été total. La mer s’est agitée du côté de la Sardaigne. Et le mal de mer a pris quelques gens. N’empêche que les 24 heures se sont vite écoulées. Le 29 juin, El Venezuelos est entré à La Goulette. Tout le monde s’apprête pour sortir. Le passeport est déjà tamponné à l’intérieur et sans difficulté. Le même navire reprend son second voyage de la saison le samedi. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com