En attendant l’ONU : L’UA accepte de jouer les prolongations au Darfour





L'Union africaine (UA) a accepté le principe de retarder de trois mois la fin de sa mission de maintien de la paix au Darfour, en espérant que cette prolongation suffise aux Nations unies pour convaincre le Soudan d'accepter la présence de Casques bleus sur son territoire. Le Quotidien-Agences Au terme de deux jours d'un sommet largement consacré aux crises en cours sur le continent, le président en exercice de l'UA a annoncé à Banjul que les 7.000 soldats africains de la mission (Amis), dont le départ était programmé pour le 30 septembre, devraient "sûrement" rester au Darfour jusqu'à l'arrivée de troupes des Nations unies, programmée début 2007. "A la demande du secrétaire général des Nations unies (Kofi Annan), l'Union africaine continuera sûrement d'accomplir sa mission jusqu'à la fin de l'année", a déclaré Denis Sassou Nguesso. "L'Union africaine ne peut pas se dérober", a justifié le chef de l'Etat congolais. "La décision n'est pas encore gravée dans le marbre mais son principe est acquis et accepté par tous, y compris le Soudan", confirme un diplomate africain qui a assisté aux débats dans la capitale gambienne, "il n'est pas question d'abandonner le Darfour". En préambule du sommet de Banjul, l'UA avait pourtant fait savoir que, faute de ressources financières, elle ne pourrait pas prolonger au-delà du 30 septembre la mission de ses soldats au Darfour, ravagé depuis trois ans par une guerre civile qui a fait entre 180.000 et 300.000 morts. Pour sa dernière participation à un sommet africain, le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, dont le mandat s'achève à la fin de l'année, a promis de lever les fonds nécessaires à la poursuite de la mission africaine. "Nous allons réunir les bailleurs de fonds à Bruxelles le 18 juillet (...) afin de demander un soutien supplémentaire (...) pour que la force de l'UA puisse poursuivre son travail efficacement jusqu'à ce que la force de l'Onu se déploie", a déclaré Annan. Le principe d'une prolongation acquis, le "patron" des Nations unies dispose désormais de six mois pour lever la principale hypothèque qui pèse sur le déploiement de ses Casques bleus, l'opposition catégorique du président soudanais Omar el-Béchir, qui soupçonne les Occidentaux de vouloir remettre en cause la souveraineté de son pays. Mais, si de nombreux Africains partagent l'optimisme du secrétaire général des Nations unies, la plupart doutent que l'entrée en scène des soldats de l'Onu suffise à résoudre la crise. "L'arrivée des troupes de l'Onu est une nécessité pour freiner les violences mais il ne règlera pas le fond du conflit", résume un diplomate.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com