Du côté italien : Face au poids de l’histoire





L'Italie, qui affronte l'Allemagne en demi-finale du Mondial-2006 aujourd’hui à Dortmund, doit supporter le poids de l'histoire, puisque la presse italienne évoque déjà l'épopée de 1982, dernier titre mondial acquis en finale face à l'ex-RFA (3-1). Les journalistes italiens ont ainsi déjà demandé au sélectionneur Marcello Lippi de "dresser un parallèle" avec cette page glorieuse vieille de 24 ans. Le technicien, embarrassé, a préféré éluder la question. En Espagne, en 1982, le premier tour des Italiens avait été peu convaincant. Puis le buteur Paolo Rossi s'était réveillé au deuxième tour, disputé en quatre poules de trois dont chaque vainqueur était qualifié pour les demi-finales. Dans un groupe énorme, Rossi reste muet contre l'Argentine (2-1) mais signe un triplé contre le Brésil (3-2), puis un doublé contre la Pologne (2-0) pour hisser son équipe en finale. Et le joueur de la Juventus s'offrait un sixième but face à la RFA (3-1), remportant le soulier d'or de la compétition. En Allemagne, cet été, la Squadra Azzurra a été critiquée au premier tour pour son jeu peu spectaculaire et un retour à son vieux "catenaccio". Les choses ne sont pas arrangées dans un 8ème de finale qui a fait craindre le pire avec un penalty contesté arraché dans les dernières secondes contre l'Australie (1-0). * Toni attendu Mais l'espoir renaît après le large succès (3-0) contre les novices ukrainiens (première participation à un Mondial) en quart de finale. La pression va maintenant se déplacer sur les épaules de Luca Toni, muet jusqu'en quart et qui est sorti de sa léthargie avec un doublé contre l'Ukraine. Le géant (1,94 m) de la Fiorentina avait laissé perplexe jusqu'ici. Il en est seulement à 9 buts en 22 sélections alors qu'il a inscrit 31 buts dans le Calcio, ce qui lui a valu le titre de meilleur buteur européen devant deux autres gâchettes, le Français Thierry Henry (Arsenal/ENG) et le Camerounais Samuel Eto'o (FC Barcelone/ESP). Toni devra sans doute lui aussi affronter maintenant les comparaisons de la presse avec Paolo Rossi. Il pourra en tout cas compter sur l'appui de Lippi qui a toujours cru en lui, en dépit de son manque de réussite dans le passé. "Je lui avais d'ailleurs dit le matin même du match: +Tu vas marquer+, avant, c'était juste une question de centimètres quand ça passait à côté" a confié Lippi. * Emotions nouvelles Toni, 29 ans, va sans doute voir tourner en boucle à la télévision les images d'un autre Italie-RFA mythique, celui du 17 juin 1970 au stade Aztèque de Mexico en demi-finale du Mondial. Dans une prolongation haletante, Rivera avait porté le coup de grâce (4-3, 111ème minute) aux Allemands, emmenés par le Kaiser Franz Beckenbauer - aujourd'hui président du Comité d'organisation du Mondial-2006 - le bras en écharpe pour la fin du match, épaule démise. La presse italienne attendra sans doute là aussi que Toni casse son image de joueur dilettante pour marcher dans les pas de Rivera. La gestion de toute cette attente médiatique reviendra à Lippi, ancien libero de la Sampdoria qui n'a jamais évolué avec la sélection italienne. Après le match contre l'Ukraine, "il mister" Lippi avouait d'ailleurs être submergé "dans ce Mondial par des émotions" qu'il n'a "jamais connues" avec les clubs qu'il a entraînés, que ce soit en Ligue des Champions (victoire en 1996 avec la Juventus) ou dans le Calcio (cinq titres avec la Juve). Mais il a tout de même réussi à préserver jusqu'ici son groupe des répercussions du scandale des paris truqués dans le Calcio qui secoue l'Italie depuis plusieurs semaines. Saura-t-il aussi bien manœuvrer avec l'attente de tout un pays, 24 ans après?


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com