Séance unique : Chambardement et encombrement au rendez-vous





Par ces temps de séance unique, la tentation de la sieste semble déboussoler le Tunisien. Hier, avec le véritable démarrage de la séance unique, le chambardement et l’encombrement étaient au rendez-vous. Tunis — Le Quotidien Samedi dernier a inauguré l’entrée en vigueur officielle de la séance unique. Mais l’ambiance digne de cet horaire estival, qui a toujours chambardé le rythme de vie quotidien des Tunisiens ne s’est installé avec tous ses formes, ses spectacles... et ses couleurs que dès les premières heures de la journée d’hier. Ce deuxième dérèglement de l’horaire administratif instauré après celui du décalage d’une heure depuis plus de trois mois pour réduire la consommation d’énergie, ne s’est pas fait sans déboussoler en tout cas la population active. Dans la ville, le rendez-vous matinal des usagers de la route avec les goulots d’étranglement a eu lieu hier à une heure plus tôt que l’habitude. Encore ensommeillés après un week-end estival passé en veillées prolongées nos citoyens automobilistes acculés de prendre le volant pour rejoindre les bureaux n’avaient pas besoin d’un autre changement d’horaire de travail pour se transformer en de bons conducteurs qui respectent le code de la route. Au contraire, une heure de sommeil de moins vaut un nombre incalculable d’infractions du code de la route. Car quand tout le monde est passé, tout devient autorisé. Mais, coup de théâtre, une fois aux bureaux, toutes ces personnes hyper-pressées malmenées par le nouvel horaire se transforment en de super-manipulateurs du temps. * Les décors changent et les spectacles sont les mêmes Après avoir été au cœur de la tourmente de la circulation matinale, les fonctionnaires des services administratifs publics acquièrent, tout à coup, le sang le plus froid du monde, lorsqu’ils s’installent confortablement de l’autre côté de ces guichets devant lesquels les citoyens à la queue leu leu peinent à se tenir debout. Pleine comme un œuf la grande salle de l’Agence de la STEG de la rue Ghandi à la capitale n’arrive pas à garder la fraîcheur soufflée par de nombreux climatiseurs tournant à plein régime. Il est 10h30, et on commence à manifester un certain mécontentement au sein des rangs qui s’alignent devant les quelques guichets de cette agence. «J’ai été obligé d’interrompre mon travail pour venir payer ma facture d’électricité. Je ne peux pas m’absenter plus d’une demi-heure mais je crois que ça va durer beaucoup plus longtemps car le rang ne bouge plus ou presque», affirme Mohamed El Ouni, qui fermait la marche de ce rang qui s’étire devant le guichet de paiement des factures. Changement de décor mais le spectacle est le même dans ce bureau de poste de l’avenue Farhat Hached, toujours des queues et pas une seule chaise vide parmi les nombreuses qui meublent la vaste salle d’attente de cette grande agence de poste. La séance unique est le temps de l’encombrement tous azimuts par excellence. 12 heures sonnées et voilà que la symphonie des klaxons prend le relais dans les artères de la capitale. Quitter les bureaux une demi-heure ou même une heure avant le temps réglementaire n’est jamais un comportement rare. En fait, à voir tous ces gens qui se précipitent pour prendre le chemin de la maison avant 14 heures, il ne faut point s’étonner de toute cette anarchie qui règne en maître absolu sur les routes. Décidément la tentation de la sieste par ces temps de séance unique est à l’origine de tout ce chambardement. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com