Alors que la réunion de Genève est qualifiée d’échec : Moscou hausse le ton contre l’OMC





Le Président russe Vladimir Poutine a haussé le ton hier contre les membres de l’OMC qui s’opposent à l’entrée de Moscou à l'Organisation elle même en crise n’arrivant pas, à ce jour, à trouver un accord. Le Quotidien-Agences La Russie cessera d'appliquer les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) si elle n'est pas admise à en faire partie, a averti mardi le président russe Vladimir Poutine, cité par l'agence Interfax. "La Russie n'est pas actuellement membre de l'OMC et l'unique pays avec lequel nous ne nous sommes pas mis d'accord sur notre adhésion sont les Etats-Unis", a déclaré Poutine lors d'une rencontre avec la Chambre de commerce internationale à Moscou. "Si pour une raison quelconque nous n'arrivons pas à un accord (sur l'adhésion de la Russie), nous abandonnerons les obligations découlant des accords que nous avons non seulement conclus mais que nous remplissons, même si nous ne sommes pas membres de cette organisation", a dit le président russe. Les négociations avec les Etats-Unis achoppent notamment sur la protection de la propriété intellectuelle et sur le refus de la Russie de laisser les banques étrangères travailler directement sur son territoire, sans créer de filiales de droit russe. Les positions américaines ont été durcies récemment, alors que l'approche du sommet du G8, à la mi-juillet à Saint-Pétersbourg, fait apparaître la non-appartenance de la Russie à l'OMC comme une anomalie. "Les conditions dans lesquelles fonctionne l'économie russe sont à de maints égards plus ouvertes et plus libérales" que celles prévalant dans de nombreux pays déjà membres de l'OMC, a dit Poutine. Interrogé par le président de la Chambre de commerce internationale Marcus Wallenberg sur la protection de la propriété intellectuelle, le président russe a observé qu'"au niveau national, une série de lois ont été votées" pour atteindre cet objectif et que la question était de faire appliquer ces lois. Il a ajouté que ce dossier serait évoqué lors du sommet du G8, qui se tient du 15 au 17 juillet à Saint-Pétersbourg. Commentant une intervention de Wallenberg lors du cycle de Doha sur l'OMC, Poutine a souligné que la Russie ne soutenait pas les exportations de son agriculture. "Ce problème n'est pas d'actualité", a-t-il insisté, "les subsides pour les produits agricoles sont égaux à zéro chez nous". * Stade critique Ces propos interviennent au moment où le nouvel échec des discussions au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) inquiète aux Etats-Unis car un accord risque de ne pas être conclu avant l'expiration du mandat spécial de négociation donné à l'administration Bush par le Congrès. Le président George W. Bush et le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan ont convenu, avant-hier lors d'un entretien téléphonique, que "les discussions de l'OMC sont à un stade critique et que la réussite des négociations constitue une priorité", selon Frederick Jones, porte-parole du Conseil à la sécurité nationale des Etats-Unis. "Nous n'avons pas l'intention d'abandonner nos espérances", a affirmé Susan Schwab, la représentante spéciale américaine pour le commerce (USTR), à l'issue de la réunion de Genève qui s'est conclue samedi sur un constat de désaccord entre les 149 partenaires. "Nous sommes déçus mais nous ne sommes pas découragés. En octobre, les Etats-Unis ont pris le risque qui incombe à ceux qui souhaitent diriger en mettant sur la table une importante offre en matière agricole. Ils s'attendaient à ce qu'elle fasse l'objet de propositions similaires de la part des autres mais cela n'a pas encore été le cas", a-t-elle regretté. Les Américains n'ont pas vraiment apprécié de se retrouver en position d'accusés à Genève, confrontés à des pays en développement les accusant d'exiger un plus grand accès des produits américains à leurs marchés sans offrir en contrepartie une réduction substantielle de leurs subventions agricoles. Jusqu'ici, les Etats-Unis se cachaient derrière les Européens, affirmant que leur offre faite en octobre de réduire de 60% les aides versées aux paysans américains obligeait l'Union européenne à se montrer tout aussi ambitieuse. Cette tactique a montré ses limites lors de la réunion de Genève et, face à un Congrès peu disposé à faire d'autres concessions dans le domaine agricole en année électorale, l'administration Bush se retrouve quelque peu le dos au mur.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com