L’ambassadeur de France à Tunis : «La Tunisie, un axe majeur de la coopération tuniso-française…»





Au cours d’une conférence de presse tenue hier à l’ambassade de France, M. Serge Degalaix, ambassadeur de France en Tunisie, a présenté les orientations de son pays en matière de politique d’accueil des étudiants étrangers. Il a précisé que la Tunisie est un axe majeur de la coopération éducative entre les deux parties et des échanges inter-universitaires. Tunis — Le Quotidien A la veille de l’orientation universitaire et en pleine période de bougeotte, les préoccupations quant au nombre d’étudiants tunisiens qui pourront entreprendre ou poursuivre leurs études universitaires en France se multiplient : «il est temps d’y répondre», affirme d’emblée M. Serge Degalaix, ambassadeur de France en Tunisie au cours de la conférence de presse qui s’est tenue hier au siège de l’ambassade. Une année après le lancement du Centre pour les Etudes en France (CEF), le bilan est positif selon l’ambassadeur, ne serait-ce que parce qu’il représente une amélioration considérable par rapport à la situation antérieure. Et ce, grâce à une information organisée et simplifiée. Et M. Degalaix de souligner la fonction de contrôle assurée par le CEF tout en précisant que cette fonction existait déjà auparavant. Mais à défaut d’organisation, elle pouvait être source de retard et d’injustice : «aujourd’hui, avec ce travail, la liaison qui existe entre les différentes parties concernées, permet une plus grande fluidité, justice et équité dans le traitement des dossiers», explique l’ambassadeur de France. * Un service et non pas un barrage En effet, le CEF est un service proposé par l’ambassade de France aux Tunisiens qui souhaitent suivre des études supérieures dans l’Hexagone. Il constitue, d’une part, un service d’accueil, d’information et de documentation. Et d’autre part, il représente une procédure obligatoire préalable à la demande de visa effectuée par les étudiants auprès du consulat général de France à Tunis : «ce centre n’est pas un barrage ou une herse qu’on dresse devant les étudiants. Mais il s’agit d’une sorte de passerelle entre les demandes et les possibilités d’études», précise M. Degalaix. En réponse aux préoccupations quant à la délivrance des visas d’études, l’ambassadeur explique que les chiffres montrent une évolution contredisant toute politique de retrait. En 2005, environ 2600 visas pour étudiants ont été octroyés aux demandeurs. Le taux de refus, étant de 23,50%, a régressé par rapport à 2004 qui a enregistré 27% de refus. Concernant les cinq premiers mois de l’année en cours, les chiffres révèlent une augmentation du taux d’acceptation de ce type de visas de l’ordre de 53%. Quant au taux de refus, il est inférieur à 10%. Toujours au sujet des préoccupations, l’ambassadeur de France a évoqué le boom des étudiants en Tunisie. Ce qui amène à croire que le nombre d’inscrits dans les universités françaises est relativement peu important ou carrément en baisse. Certes, la Tunisie recense de plus en plus d’étudiants. Mais que cela ait une influence sur les demandeurs d’études dans l’Hexagone, ce n’est qu’une impression non-vérifiée d’après M. Degalaix. Car la Tunisie est classée au top quatre, avec dix mille étudiants en France. Et elle devancerait le Maroc, l’Algérie et la Chine, compte tenu des rapports avec ces pays. Ceci n’empêche que l’explosion du nombre d’étudiants dans nos murs a naturellement un effet de masse. D’autant plus que la mondialisation implique une diversification mondiale de l’offre : il ne faut pas s’en plaindre mais en faire un stimulant. Il ne faut pas être dupe de ces évolutions globales», souligne l’ambassadeur. Et d’ajouter à propos de la période électorale, qu’elle n’a aucune influence sur l’octroi de visas d’études : «Sur cette affaire, les principes sont clairs et il n’y a pas d’instructions. Pour les étudiants, il n’y a ni quotas, ni numerus closus», précise M. Degalaix. * Politique pro-active Il importe de signaler que le nombre d’étudiants étrangers en France s’élève à trois cent mille à la fin de 2005. Répartis par cycle, un étudiant sur dix au premier cycle est étranger. Au deuxième cycle, un étudiant sur six n’est pas français. Et au troisième cycle, plus d’un étudiant sur quatre porte une nationalité étrangère. Ce qui n’est point le fruit du hasard selon l’ambassadeur de France. C’est plutôt une résultante d’une politique pro-active en matière d’offre éducative. D’ailleurs, ces échanges d’étudiants constituent un lien d’influence pour un pays comme la France souhaitant tenir sa place. Grâce à une ouverture d’esprit et une connaissance des autres, ces étudiants sont des interlocuteurs qui vont conserver des liens toute leur vie avec l’Hexagone : «l’attraction d’étudiants étrangers répond à la politique d’attractivité de la France pour qu’elle puisse renforcer sa place dans la compétition mondiale. C’est un révélateur de la qualité et un grand stimulateur», affirme M. Degalaix. S’agissant de la Tunisie, l’ambassadeur la considère comme étant un axe majeur de la coopération éducative et les échanges inter-universitaires. Par ailleurs, la France est favorable à la création d’établissements d’enseignement quand les conditions sont réunies dans les pays partenaires. Cela étant, il y a une politique française qui tend à généraliser les centres CEF afin de répondre à une demande qui se mondialise. De nouveaux centres seront créés dans des pays d’Afrique, au Mexique, en Corée du Sud, en Inde et au Canada. Maryem KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com