Musée de Tunis : L’iconographie donquichottesque en tournée





Pour commémorer le quatrième centenaire du Don Quichotte universel, l’ambassade d’Espagne, le Cervantès Institut de Tunis et la mairie de la capitale nous invitent à une plongée dans les images d’un des romans les plus connus du monde contemporain. A partir de 32 représentations délirantes aux expressions plastiques. Dans le pays de Cervantès, il y a toujours quelque chose de sublime que l’âge n’affecte en rien ni de son aura, ni de sa fraîcheur, ni de son pétillement continu. On y revient avec bonheur et à chaque fois que l’occasion se présente et les occasions ne manquent jamais pour aller humer du parfum de ses dédales baignés de soleil et de chaleur humaine et de s’imprégner du génie créateur de ses architectes et autres paysagistes. Outre les monuments colossaux au charme conjugué entre Orient et Occident et les autres empreintes de tant de civilisations, dont l’Andalousie de nos ancêtres arabes, on y trouve de l’esprit. Et quel esprit ! Où les vagues d’un imaginaire fertile déferlent et en abondance dans les écrits poétiques, romanesques et dans d’autres expressions artistiques. Rien ne nous étonne donc de cette terre qui a enfanté les Ibn Hazm, Dali, Picasso, Lorca, Saura, Gonzalès..., et qui a donné naissance à Miguel de Cervantès. Oui, Cervantès le grand qui fait encore et depuis quatre siècles (déjà !) la fierté de la péninsule hispanique. Avec notamment son œuvre toute en humour et satire tirée de sa vie tumultueuse et bien rythmée dans tous les sens. Ce Cervantès le manchot qui a perdu son bras lors de la bataille de Lépante a connu les prisons barbaresques et leurs ambiances ténébreuses. Mais aussi les cours des rois et leurs enthousiasmes. Comme cette cour de Philippe III qui n’a plus de secret pour lui. De tous ces contrastes, et à quelque chose malheur est bon, il y a des avantages à en extraire. De l’expérience et de la maturité. D’où «Le Siège de Numance», tragédie écrite en 1582 et publiée deux siècles après, en 1784, ou encore et bien-sûr le «Don Quichotte de la Manche». Qui parmi-nous ne connaît pas cette iconographie ? Sans même avoir lu le Don Quichotte, les gens du monde ont déjà une idée là-dessus : car le texte de Cervantès est le plus édité et le plus traduit de l’histoire. Mais ce que l’on ignore encore, c’est combien d’images et d’imageries été tirées de cette édition castillane qu’a illustrée Gustave Doré le Strabourgeois avec ce chevalier errant, son inséparable Sancho Pança et sa Dulcinée. Dans cette œuvre de sens multiples et des versions plastiques diverses on y trouve de toutes les couleurs au rythme des émotions, des actions et des lectures répétitives, inlassablement répétitives. Car à chaque fois elles font appel à la sensibilité de chacun, à son intelligence et surtout à son imaginaire. Les personnages de Cervantès dans le Don Quichotte sont identifiables par cette force de l’imaginaire, du regard. Ils sont ces personnages de fiction les plus connus et les plus admirés de tous temps qui nous transportent par des images et des suggestions dans d’autres cieux. Au total : trente-deux artistes plasticiens ont séjourné à Sitges l’Espagnole sous l’égide de la mairie de cette ville et l’Institut Cervantès afin qu’ils puissent s’inspirer amplement de l’œuvre romanesque la plus internationale et nous donner à voir dans une exposition qui va continuer son petit bonhomme de chemin dans les villes catalanes jusqu’aux cités européennes. Il y aura donc des jets de folie et de délire sur pas mal de supports. Les artistes contemporains ont utilisé pour des sculptures l’acier inoxydable et poli, le marbre de Yougoslavie, le bois et autres installations avec même du miroir en métacrylate, du carton, de l’aluminium et du bronze. Sans oublier la peinture, le dessin, le collage et autres photographies et techniques mixtes avec de l’aquarelle, du plumage... C’est tout un monde que nous invitent à découvrir les Manuel Ballester, Carmen Calvo, Jeorge Castillo, Eduardo Arroyo, José Manuel Ciria, Miguel Condé, Anton Patino, Eva Lootz, Josep Puigmarti, Soledad Sevilla, Josep Uclés et tous les autres. Que le public tunisien va connaître, à partir de leurs œuvres qui seront exposées au Musée de la Ville de Tunis-Palais Kheireddine à la rue du Tribunal dans la Médina à partir d’aujourd’hui à 11 heures et jusqu’au 22 juillet. «Visions et suggestions» (titre de cette exposition de groupe) va donner certainement des idées à nos artistes plasticiens pour aller fouiner dans nos œuvres littéraires, s’imbiber de toutes les images romanesques et nous servir d’un art à diverses sensibilités et sans tomber ni dans la répétitivité, ni dans le plagiat et surtout de sortir par toutes ces «portes» des confins des «hammams», «souks» et autres couleurs marabout. Une touche d’actualité ou d’airs contemporains au nouveau souffle s’imposent aujourd’hui. Faire donc un saut dans la Médina va sans aucun doute nous rafraîchir les idées e la mémoire. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com