Après la confirmation que le procureur général avait suscité des témoignages à charge : La défense demande en vain une suspension du procès de Saddam





• Barzan expulsé de la salle d'audience La défense a demandé hier en vain une suspension du procès du président irakien déchu Saddam Husseïn et de sept coaccusés dans l'affaire de Doujaïl après avoir accusé le procureur général d'avoir suscité des témoignages à charge. Le Quotidien — Agences "La procédure doit être suspendue jusqu'à la clarification de cette affaire", a déclaré un avocat de la défense qui soutient que le procureur général, Jaafar al-Moussaoui, s'était rendu à Doujaïl pour demander à des habitants de déposer contre les anciens dirigeants irakiens, avant le procès. A l'appui de ses accusations, la défense a montré en début de séance un document vidéo sur cette visite, mais le procureur a affirmé que la personne montrée n'était pas lui. Le président du tribunal, le juge kurde Raouf Rachid Abdel Rahmane, a ordonné une suspension de séance pour délibérer sur ces accusations. Après la suspension de séance, le juge a affirmé que ce point avait été clarifié et a décidé de poursuivre les débats. "Hier, l'avocat Khalil al-Doulaïmi a soutenu que le procureur avait été à Doujaïl. Ce n'est pas moi et je demande de laisser entrer Abdel Razzak Mohammed Bander qui figurait sur une vidéo" de la défense, a déclaré Moussaoui. L'individu présenté à la cour, un responsable du parti chiîte Dawa, ressemble vaguement au procureur général. Moussaoui a nié avoir mis les pieds dans la localité, située au nord de Bagdad, alors que des témoins ont affirmé qu'il s'y était rendu avant le procès, ouvert le 19 octobre 2005, pour rencontrer des habitants et les inciter à témoigner contre Saddam Husseïn et ses coaccusés. * Accusation et contre accusation La défense a demandé de poursuivre les témoins à charge pour "fausses déclarations" à propos de la répression dans la localité qui avait suivi un attentat contre le convoi de Saddam Husseïn en 1982. Mais le procureur a assuré que les déclarations des témoins faites en dehors de la cour n'avaient aucune valeur juridique. Il faisait référence à un témoin à charge, Ali Haïdari, qui, après avoir affirmé devant le tribunal qu'il n'y avait pas eu d'attentat en 1982 contre Saddam Husseïn à Doujaïl, avait loué lors d'une cérémonie à Doujaïl "les héros de cette attaque contre le tyran", qui est à ses yeux l'ancien président. Le procureur a demandé à son tour, au milieu de protestations de la défense, de poursuivre en justice deux témoins qui ont affirmé mardi l'avoir vu à Doujaïl lors d'une cérémonie du parti chiîte Dawa sur les "martyrs" de la ville. Il a également annoncé son intention de poursuivre en justice la chaîne de télévision Al-Arabiya pour avoir montré un reportage sur la même cérémonie en indiquant qu'il y était présent. Cela n'a pas empêché les cinq témoins entendus hier de confirmer que le procureur général, Jaafar al-Moussaoui, avait fait des pressions sur des témoins à charge entendus par la suite par le tribunal et d'affirmer avoir subi des pressions de Moussaoui pour témoigner contre Saddam Husseïn. Ils ont dit avoir été approchés par une personne durant leur détention sur une base américaine en 2004 qui lui a proposé de dire qu'il n'y a pas eu d'attentat en 1982 contre Saddam Husseïn et lui a donné 500 dollars. "J'ai reconnu cet homme qui est le procureur Moussaoui en regardant la télévision", a affirmé ce témoin qui parlait de derrière un rideau. Barzan al-Tikriti, demi-frère du président déchu Saddam Husseïn, a été expulsé hier de la salle d'audience, après une altercation avec le juge. "Arrêtez de vous référer à moi en tant que kurde, je ne suis ni Kurde ni Arabe, je suis aujourd'hui votre juge (...) et je suis un Irakien tout comme vous", a déclaré le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane, à l'intention de Barzan al-Tikriti, avant d'ordonner son expulsion. Ce dernier a obtempéré et a quitté calmement la salle d'audience. Le Haut tribunal pénal irakien a fixé hier au lundi 5 juin sa prochaine audience dans le procès.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com