Colloque à Bruxelles sur l’Internet et les chaînes satellitaires : Appel à l’élaboration d’un code de conduite malgré les divergences d’approche





Le contraste des approches entre les participants au Colloque international sur l’Internet et les chaînes satellitaires est le moins qu’on puisse dire frappant. Les experts étaient soucieux de poser la première pierre pour l’élaboration d’un code de conduite mais la tâche ne s’avère pas aisée. * De notre envoyé spécial à Bruxelles: Lotfi TOUATI Bruxelles - Le Quotidien L’élaboration d’un code de déontologie pour lutter contre la cyber criminalité, les incitations à la haine et les dérapages des TV satellitaires a fait l’objet d’un débat animé lors du Colloque organisé cette semaine à Bruxelles. Les caricatures blasphématoires publiées par un journal danois ont été abordées par M. Arne Jensen, représentant de l’Association des éditeurs norvégiens. «Nous étions surpris de la réaction du monde musulman, nous ne savions pas que la publication des caricatures allaient entraîner une telle réaction», dit-il. Et d’ajouter: «J’ai essayé d’acheter la version norvégienne du Coran dans mon pays mais elle a été épuisée. Vendredi prochain, j’irai à la mosquée pour essayer de me procurer une copie», dit-il. M. Jensen a appelé à l’élaboration d’un code de conduite et à la mise en place d’une législation pour définir les droits et les devoirs de chacun. Force est cependant de constater qu’il existe véritablement un décalage dans le discours médiatique occidental à propos des thèmes de brûlante actualité. Un journaliste occidental de renommée a affirmé en privé que les pays du Nord présentent un discours mitigé, basé sur le principe des deux poids et deux mesures. Il explique: «Alors que l’Occident presse les pays du Sud de tout mettre en œuvre pour canaliser l’information et supprimer tout message jugé haineux, ils s’empressent de se protéger sous le parapluie de la liberté d’expression quand il s’agit d’interpeller certains journaux à propos de certaines dérives». M. Khanfar Waddah, directeur général d’Al Jazeera Network a, de son côté, exprimé son inquiétude de voir le travail journalistique traduit en règles. Les journalistes ont le devoir de protéger leurs sources et d’accomplir leur travail professionnellement, dit-il. «Je pense» dit-il «que pour éviter les conflits, il faut les montrer et non les cacher. C’est la meilleure manière de résoudre les problèmes et en parler ouvertement». Critiqué par certains pour la transmission de messages de Ben Laden, M. Khanfar Waddah a affirmé que «les images de Ben Laden ont été diffusées en Occident bien longtemps avant +Al Jazeera+. Quand nous publions un message, nous essayons de faire le tri pour dégager l’information à médiatiser qui parfois n’accapare l’écran que deux ou trois minutes sur une durée totale de 45 minutes. Nous essayons de décoder le message que nous diffusons sur l’écran. L’on se demande finalement qui pourrait être considéré comme terroriste et qui ne l’est pas», dit-il. Et d’ajouter: «Au vu des définitions du concept de haine présentées durant le Colloque, je me demande si Marcel Khalifa qui a beaucoup chanté sur des thèmes engagés ne risque pas un jour de se retrouver à Guantanamo?», précise-t-il, en plaisantant. L’un des messages les plus équilibrés à notre avis a été présenté par M. Dominique Baudis, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel de France. Il a insisté sur la responsabilité des hommes des médias pour véhiculer une information responsable et crédible. Cette conférence a permis certes de poser le véritable problème auquel font face les nouvelles technologies de communication mais aussi et surtout de constater qu'il existe véritablement des divergences fondamentales sur les approches et les méthodes pour faire face au phénomène. Comme l’a si bien dit l’un des intervenants «Pour éviter les conflits de civilisations nous devons nous rappeler que l’humanité représente une seule civilisation, celle de +l’homosapiens+». L.T.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com