Nucléaire L’Iran ne suspendra pas l’enrichissement, mais examinera la nouvelle offre





Le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a réitéré hier le refus de son pays de suspendre l'enrichissement d'uranium, tout en affirmant que l'Iran examinera les nouvelles propositions des grandes puissances sur le nucléaire avant de donner une réponse officielle. Le Quotidien-Agences "Les négociations doivent être sans conditions préalables. Aucune condition pour les négociations n'est acceptable, notamment la condition qui a été posée", a déclaré Mottaki, lors d'un point de presse. Jeudi, la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, a déclaré que les Européens étaient "prêts à reprendre les négociations si l'Iran en revenait à la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement", à l'issue d'une réunion à Vienne regroupant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne (5+1). Mottaki a déclaré que les autorités iraniennes "avaient besoin d'examiner les propositions" du groupe 5+1 avant de donner une réponse. Dans un entretien, téléphonique avec le secrétaire générale de l’ONU, Kofi Annan, le président iranien a affirmé que «l’Iran était prêt à négocier de dossier nucléaire dans des conditions d’égalité, sans aucune pré-condition et menace», a rapporté l’agence officielle Irna. «Le meilleur moyen de régler les problèmes est d’appliquer la loi à tout le monde de manière équitable», a-t-il dit. Avant-hier, Ahmadinejad, avait réaffirmé que "les pressions de quelques pays occidentaux pour nous obliger à abandonner nos droits (en matière nucléaire) ne donneraient pas de résultats". Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont convenu, lors d'une réunion de leurs ministres des Affaires étrangères jeudi soir à Vienne, de faire de nouvelles propositions à l'Iran à qui ils ont de nouveau demandé la suspension des activités d'enrichissement d'uranium. * Solana en Iran "Lors de la réunion de Vienne, il y a eu un accord entre les pays européens et les autres puissances. A la suite de la réunion de Vienne, l'Union européenne a demandé que Solana se rende à Téhéran pour remettre à l'Iran les nouvelles propositions et nous avons donné notre accord pour ce voyage", a dit encore Mottaki. Tout en confirmant cette visite, la porte-parole de Solana n'était pas en mesure à ce stade de donner la date du déplacement qui selon elle est en "préparation". Il a affirmé que l'Iran avait "exprimé par le passé les points importants devant être compris dans les propositions" des grandes puissances. "Laissez-nous examiner les nouvelles propositions (...) Si, contrairement aux fois précédentes, ils font preuve de bonne foi, il tiendront compte de nos points de vue pour trouver une solution à l'impasse", a-t-il dit. Interrogé sur des négociations avec les USA,Mottaki a affirmé que "dans le dossier nucléaire, il n'y a aucune limite pour les négociations". "Nous avons discuté par le passé avec l'UE3 (France, Allemagne, Grande-Bretagne), la Russie, la Chine et les pays non alignés. Si on doit discuter dans un nouveau cadre, nous ferons nos propositions sur ces négociations", a-t-il dit. Les Etats-Unis se sont dits jeudi prêts à discuter directement avec Téhéran, aux côtés des Européens, mais à condition que l'Iran suspende l'enrichissement d'uranium. La Maison-Blanche a déclaré vendredi que l'Iran devait suspendre ses activités nucléaires sensibles, soulignant en particulier que le gel de l'enrichissement d'uranium demandé par Washington pour participer aux négociations, était "non négociable". Téhéran a repris ses activités d'enrichissement en janvier dernier et a annoncé en avril avoir réussi à enrichir l'uranium à 3,5% puis à 4,8%. L'Iran affirme que ses activités d'enrichissement d'uranium ont pour objectif de produire du combustible pour ses futures centrales civiles mais les Etats-Unis et les pays européens soupçonnent l'Iran de vouloir utiliser cette technologie pour produire l'arme atomique. ________________________ Washington espère Pékin et Moscou à la table des négociations Le Quotiden-Agences Washington, qui affirme avoir gagné le soutien de la Russie et de la Chine sur le dossier nucléaire iranien, espère désormais que les deux puissances, dotées du droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, vont se joindre aux négociations des Occidentaux avec Téhéran. L'appel est venu de la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice qui a cherché avant-hier soir à dissiper l'impression que son offre de dialogue avec Téhéran n'était pas sérieuse, en se montrant disposée à s'asseoir elle-même à la table des négociations avec les dirigeants iraniens pour tenter de les convaincre de renoncer au nucléaire. Elle a déclaré à la chaîne de télévision américaine NBC que Moscou et Pékin, opposés jusqu'à présent à des sanctions à l'égard de Téhéran, pourraient envisager de participer directement aux négociations au côté des Européens et des Etats-Unis. "Ils ont exprimé un intérêt pour envisager (de participer aux discussions) et j'ose espérer qu'ils vont peut-être l'envisager favorablement" a déclaré Rice. "Mais nous allons voir. Ce sont des choix que la Chine et la Russie devront faire", a-t-elle dit. ________________________ La Tunisie appelle au dialogue et à la concertation Tunis-TAP En réponse à une question de l’Agence Tunis-Afrique Presse sur les développements enregistrés au niveau des négociations entre l’Iran et certains pays occidentaux, concernant le programme nucléaire iranien, une source autorisée du ministère des Affaires étrangères a indiqué que la Tunisie, qui suit avec une grande attention ces développements, appelle de nouveau à la nécessité de recourir au dialogue et à la concertation dans les relations internationales, et accueille favorablement toute initiative de nature à conforter les chances de parvenir à une solution pacifique et négociée de cette question. La même source ajoute que la Tunisie, tout en rappelant sa position constante concernant l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques dans le respect total des conventions internationales et son refus de la prolifération des armes de destruction massive, incite toutes les parties à déployer tous les efforts possibles en vue de parvenir à un accord négocié, de nature à consolider la sécurité, la paix et la stabilité dans la région.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com