Tout en restant silencieux sur l’enrichissement : L’Iran étudie l’offre des grandes puissances





L'Iran étudie une offre des grandes puissances visant à le convaincre de suspendre son enrichissement d'uranium, mais rien n'indique encore que Téhéran soit prêt à se plier à cette exigence. Le Quotidien-Agences "Dans la question nucléaire, nous préférons la coopération à la confrontation", a assuré le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, cité hier par l'agence officielle Irna. L'Iran s'est engagé à "étudier soigneusement", a-t-il ajouté, l'offre transmise à Téhéran par le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana. Le principal négociateur du nucléaire iranien, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Ali Larijani, y a vu "des pas positifs (...) mais aussi des ambiguïtés qui doivent être clarifiées". Cette première réaction a été bien accueillie par les Occidentaux, le président américain George W. Bush se félicitant de ce signe "positif". Mais, comme l'a rappelé un diplomate occidental à Téhéran, "l'offre consiste à mettre les Iraniens devant un choix, suspendre l'enrichissement ou pas". "Cette condition n'est pas négociable", a-t-il ajouté, en la qualifiant de "ligne rouge", alors que les Iraniens ont exclu jusqu'ici une telle éventualité. Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki y a fait allusion, dans ses propos rapportés hier, en remarquant que du point de vue de l'Iran, "ce qui est important dans les mesures incitatives c'est le soutien au droit de l'Iran à la recherche en matière de technologie". * Droit Selon un diplomate occidental dans la capitale iranienne, "la question de la suspension a été énoncée très, très clairement par Solana". "nous avons toujours reconnu le droit de l'Iran à l'enrichissement, il n'a jamais été exclu", a-t-il ajouté confirmant que "personne ne parle d'un arrêt définitif (de l'enrichissement)". "L'enrichissement en Iran pourrait être possible dans le cadre d'un scénario à très, très long terme", a-t-il ajouté, alors que le premier diplomate a parlé "d'au moins plusieurs années" avant d'en arriver à une telle issue. Pour ce faire, il faudrait que l'Iran, après avoir suspendu son enrichissement, obtienne un quitus de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur le caractère purement civil de son programme nucléaire. "Il est beaucoup trop tôt pour dire dans quel sens ils vont aller", sur la question de la suspension, a remarqué le premier diplomate, en évoquant un délai de "quelques semaines", d'ici au sommet du G8 prévu en Russie le 15 juillet. La question d'éventuelles sanctions reste donc en suspens jusqu'à ce que les Iraniens se prononcent, mais la Russie a d'ores et déjà signalé qu'elle ne les soutiendrait que si Téhéran ne respectait pas le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). "Les mesures que la Russie pourra soutenir au Conseil de sécurité (de l'ONU) concerneront exclusivement les situations dans lesquelles l'Iran agira en violation de ses engagements dans le cadre du Traité de non prolifération des armes nucléaires", a dit hier le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. ________________________________ Selon Washington Post La proposition permet à Téhéran d'enrichir l'uranium sur son sol Le Quotidien-Agences Les grandes puissances ont proposé à l'Iran, dans un revirement majeur de leur position, la possibilité de poursuivre l'enrichissement de l'uranium sur son territoire sous certaines conditions strictes, a indiqué le Washington Post hier. Cette proposition est contenue dans le paquet de mesures incitatives et coercitives présenté mardi à l'Iran par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne afin d'éliminer les risques que l'Iran se dote de la bombe nucléaire, croit savoir le quotidien citant des sources européennes et américaines. En contrepartie, l'Iran devra pleinement satisfaire les exigences de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité de l'ONU, selon ces sources. L'AIEA doit ainsi pouvoir déterminer "en toute confiance" que le programme nucléaire iranien est pacifique et le Conseil de sécurité doit lui aussi être rassuré sur cette question, poursuit le Washington Post. Cette proposition représente un revirement important de la part des Etats-Unis qui ont toujours exigé que Téhéran renonce à son programme d'enrichissement avant de rejoindre les autres grandes puissances qui tentent de faire plier l'Iran sur son programme nucléaire. "Ce que l'on dit maintenant, dans les grandes lignes, c'est que le régime iranien peut conserver chez lui l'enrichissement, s'il restaure la confiance", a déclaré un responsable américain non identifié. "Mais il doit répondre aux préoccupations concernant tout ce qui pourrait laisser penser à l'existence d'un programme militaire", a ajouté cette source. Les mesures présentées à Téhéran mardi par le Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure Javier Solana comprennent une série de propositions incitatives et l'ouverture de discussions multilatérales, pour pousser l'Iran à renoncer à enrichir l'uranium à des fins militaires. Jusqu'à présent, les négociations ont achoppé sur le refus de Téhéran de renoncer à l'enrichissement comme l'exigeaient les Etats-Unis. "L'Iran a toujours rejeté toutes les propositions précédentes comme étant des tentatives pour l'empêcher d'exercer son droit à l'enrichissement. Maintenant, ce n'est clairement plus le cas", a dit le responsable. Mardi, la chaîne de télévision ABC avait indiqué que les Etats-Unis et les autres puissances mondiales avaient offert à l'Iran d'éventuelles garanties sur son "intégrité territoriale" dans le cadre du paquet de mesures incitatives. ______________________________ La presse iranienne fait l'écho de l'accueil positif du pouvoir Le Quotidien-Agences La plupart des journaux iraniens se sont fait l'écho de l'accueil positif des autorités à l'offre des grandes puissances, soumise mardi par le chef de la diplomatie européenne Javier Solana, même si les plus durs ont dénoncé une "offre inapplicable". "Des négociations positives", écrit à la Une le quotidien conservateur Gods, en reprenant les déclarations du chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, de son homologue iranien, Manouchehr Mottaki, et du responsable du dossier nucléaire, Ali Larijani. "L'Iran va ouvrir le paquet de Solana", titre à la Une le plus grand quotidien du pays Hamshahri qui met aussi l'accent sur les propos d'Ali Larijani qui a déclaré mardi que les "propositions comportent des pas positifs mais aussi des ambiguïtés". Pour le quotidien réformateur Etemad Melli, "tout montre que l'Union européenne et les Etats-Unis n'ont aucune envie de faire face à un défi régional et international, par conséquent il est très important (...) d'agir avec précision et retenue pour arriver à un point commun respectant les principes de toutes les parties". Le quotidien modéré Kargozaran affirme que la déclaration de Larijani peut être perçue comme une "ouverture" dans les relations entre l'Iran et les grandes puissances. Parmi les journaux iraniens, seul le quotidien ultraconservateur Kayhan part en guerre contre l'offre des grandes puissances. "N'ouvrez pas le paquet, l'offre des Européens n'est pas applicable", titre sur toute sa Une le quotidien, connu pour ses positions extrêmes.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com