Le chef d’Al-Qaïda en Irak tué : La fin d’un mythe





Abou Moussab al-Zarqaoui, le chef du réseau d'Al-Qaïda en Irak et l'un des principaux dirigeants d’Al-Qaïda en Irak, a été tué dans un raid aérien au nord de Bagdad, une opération présentée hier par l'armée américaine comme un "coup important porté à Al-Qaïda". Le Quotidien-Agences La mort de l'ennemi public numéro un en Irak, dont la tête a été mise à prix à 25 millions de dollars par Washington, a été annoncée dans une conférence de presse à Bagdad du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. "Zarqaoui a été éliminé", a proclamé Maliki sur un ton triomphal et l'annonce a été accueillie par les applaudissements de l'assistance, et en présence de l'ambassadeur des Etats-Unis Zalmay Khalilzad et le chef de la Force multinationale, le général américain George Casey. Selon le général Casey, Zarqaoui a été tué au nord de Baaqouba et les troupes américaines ont réussi à confirmer son identité grâce à "ses empreintes digitales, son visage et ses cicatrices". Sept personnes ont été tuées aux côtés de Zarqaoui, dont le groupe est responsable d'attentats particulièrement meurtriers en Irak et qui avait déclaré la guerre aux chiites irakiens. "Ce qui s'est passé aujourd'hui est le résultat de la coopération du peuple irakien, qui a facilité une opération combinée des forces de police et de la force multinationale" dirigée par les Américains, a dit Maliki, investi il y a à peine trois semaines dans ses fonctions. "C'est un message à tous ceux qui choisissent la voie de la violence, pour qu'ils changent de direction, avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il prévenu. "Merci aux forces de sécurité, la police et l'armée, merci à la Force multinationale, pour ce qu'elles font pour combattre le terrorisme". Al-Qaïda confirme la mort de son chef Abou Moussab al-Zarqaoui en Irak. * L'info venait de ses proches L'ambassadeur américain s'est félicité de ce "grand jour. Zarqaoui est responsable de la mort de milliers de personnes en Irak et à l'étranger. Sa mort est un pas dans la bonne direction pour l'Irak et pour la lutte contre le terrorisme". Selon le général Casey, "Zarqaoui a été tué dans un raid aérien contre un repaire isolé à 8 km au nord de Baaqouba, mercredi à 18H15 (14H15 GMT). Le raid a été conduit après des renseignements obtenus de hauts responsables de son organisation, selon lesquels il allait participer à une réunion à quelque 8 km au nord de Baaqouba. L'un de ses lieutenants les plus importants, son conseiller religieux cheikh Abdel Rahman, a été tué à ses côtés". "Des unités de la police irakienne sont arrivées les premières sur les lieux. Des troupes de la coalition ont ensuite identifié Zarqaoui grâce à ses empreintes digitales, son visage et ses cicatrices", a-t-il expliqué. "La mort de Zarqaoui est un coup important porté à Al-Qaïda et un pas supplémentaire vers la défaite du terrorisme en Irak", a dit le général américain. Selon un responsable jordanien, des forces jordaniennes ont participé à l'opération contre Zarqaoui qui présidait une réunion de "son groupe terroriste" près de Baaqouba, à 60 km au nord de Bagdad. A l'annonce de la mort de Zarqaoui, les habitants du quartier à majorité chiite de Kazimiyah à Bagdad ont distribué des bonbons aux passants en signe de joie. Des soldats irakiens ont commencé à danser en agitant leurs fusils d'assaut, alors que les femmes en abaya noir lançaient des you-you de joie. Zarqaoui, de son vrai nom Fadel Nazzal Al-Khalayleh, a fait ses premières armes en Afghanistan. Il avait accédé à la notoriété en avril 2004, avec la diffusion d'une vidéo de la décapitation de l'otage américain Nicholas Berg, qui le représentait masqué tenant le rôle du bourreau. Il avait été adoubé fin 2004 par le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden comme chef de l'organisation en Irak. ______________________________ Les USA et leurs alliés se réjouissent, mais rien n'est joué Le Quotidien-Agences Si les Etats-Unis et leurs plus proches alliés ont accueilli avec une énorme satisfaction l'annonce de la mort d'Abou Moussab al-Zarqaoui, la prudence restait de mise quant à l'impact qu'aura la disparition du numéro un d'Al-Qaïda en Irak sur la situation dans ce pays. Le président américain George W. Bush " a déclaré hier que la mort de Zarqaoui représentait un «coup dur» porté à Al-Qaïda et une «victoire» mais a prévenu que la violence confessionnelle risquait de continuer en Irak. Il a, à se propos, annoncé la tenue d’une conférence entre l’administration américaine et irakienne mardi prochain pour évaluer les besoins irakiens et le rôle des Etats-Unis en Irak. "La mort de Zarqaoui est un coup significatif porté à Al-Qaïda et un pas supplémentaire vers la défaite du terrorisme en Irak", a commenté à Bagdad le général américain George Casey, commandant des forces de la coalition en Irak. "Bien que le dirigeant désigné d'Al-Qaïda en Irak soit maintenant mort, l'organisation terroriste représente toujours une menace, car ses membres continueront d'essayer de terroriser le peuple irakien et de déstabiliser son gouvernement", a, quant à lui, mis en garde le général Casey. Un des premiers à réagir a été le Premier ministre britannique Tony Blair pour qui il s'agit là d'"une très bonne nouvelle" et d'"un coup contre Al-Qaïda en Irak et partout" dans le monde. La violence "ne va pas changer avec la mort d'Al-Zarqaoui, nous ne devons pas nous faire la moindre illusion là-dessus", a toutefois ajouté Blair. Son homologue australien John Howard, autre fervent partisan de la politique américaine en Irak, a parlé d'une "nouvelle formidable" pour la population irakienne et "un formidable coup de tonus pour les forces antiterroristes en Irak". Plus sobre, le porte-parole de l'Otan James Appathurai s'est borné à un laconique: "Je pense qu'on peut dire sans risque qu'il ne sera pas regretté". Nombre de responsables ont néanmoins fait preuve de prudence dans leurs commentaires sur les conséquences en Irak même de la mort du numéro un d'Al-Qaïda dans ce pays. Le porte-parole de la diplomatie française, Jean-Baptiste Mattéi, "espère une diminution de la violence en Irak", tandis que le gouvernement japonais, par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Katsutoshi Kaneda, a souhaité que le décès de Zarqaoui puisse "contribuer à améliorer la sécurité en Irak, étant donné qu'il constituait une présence symbolique pour les terroristes étrangers en Irak". "Il s'agit à mes yeux d'une importante victoire dans la lutte contre le terrorisme, qui n'est naturellement pas encore terminée", a également jugé Karel De Gucht, le ministre belge des Affaires étrangères.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com