Sénat américain : Cheney sur le banc des accusés





Le Quotidien-Agences Le vice-président américain Richard Cheney a été très vivement pris à partie par un influent sénateur de son propre parti, Arlen Specter, qui l'a accusé de saper ses efforts pour en savoir plus sur un programme d'écoutes très controversé. Arlen Specter, qui à la tête de la commission des affaires judiciaires s'interroge sur la légalité des écoutes extra-judiciaires menées aux Etats-Unis sur autorisation du président George W. Bush, a écrit une lettre ouverte au vice-président pour lui dire sa "surprise" et sa "perplexité", et l'avertir du risque d'un "affrontement constitutionnel entre le Congrès et le président". "J'ai été pour le moins surpris que vous ayez cherché à influencer, en fait vraiment à prendre les décisions de la commission sans m'appeler au préalable, ou à tout le moins sans m'appeler à un moment ou un autre", écrit Specter. Cette lettre est publiée au lendemain d'une réunion houleuse de la commission des Affaires judiciaires, où M. Specter avait annoncé qu'il renonçait au moins provisoirement à convoquer des dirigeants de société de télécommunication cités dans l'affaire des écoutes - moyennant l'assurance, transmise par Cheney via un autre élu, que l'administration ne s'opposerait pas à un projet de loi visant à encadrer le programme d'écoutes. Specter a prévenu qu'en cas de nouvelles difficultés avec l'administration, la commission envisagerait des mesures coercitives pour obtenir des témoignages sur les écoutes. Indiquant que sa lettre n'est "ni facile ni plaisante à écrire", Specter accuse Cheney d'avoir "fait pression" sur des élus républicains pour qu'ils s'opposent à des auditions des responsables de sociétés de téléphone - et d'avoir recommandé à ces responsables de ne communiquer aucune information, en invoquant le secret décidé par l'administration sur ce programme. Le chef de l'opposition Harry Reid a également jugé "profondément troublante" l'intervention de Cheney. Il a précisé qu'il souhaitait être pleinement tenu au courant de "la légalité, l'étendue et l'efficacité" du programme d'écoutes avant de légiférer pour lui donner un cadre légal clair.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com