Selon des experts : Bush seul bénéficiaire de la mort de Zarqaoui





Le Quotidien-Agences L'administration du président George W. Bush devrait tirer davantage de bénéfices de la mort de Zarqaoui et de la finalisation du gouvernement irakien que les Irakiens eux-mêmes, selon des experts américains. Ces deux événements presque concomitants "vont probablement créer une nouvelle dynamique, mais ce sera celle de stopper la chute de l'administration Bush dans les sondages", estime Marina Ottaway, du centre de recherche Carnegie, à Washington. "Je ne pense vraiment pas que cela va changer la dynamique politique dans le pays", ajoute-t-elle. "Les remarques du président signalant un mouvement en Irak étaient calculées politiquement pour envoyer un message au peuple américain", souligne Steven Cook, expert au Council on Foreign Relations (CFR), rappelant que des élections parlementaires, qui s'annoncent difficiles pour les Républicains, sont prévues le 7 novembre. "Le nombre de soldats (américains) sur le terrain dépend davantage des élections de mi-mandat que de Zarqaoui", ajoute ce spécialiste de l'Irak, qui doute de l'impact sur le terrain de l'achèvement de la formation du gouvernement irakien. «Quiconque suggèrerait que la formation d'un nouveau gouvernement (...) aura un effet marqué sur l'insurrection, aurait une mauvaise compréhension de la situation en Irak", ajoute-t-il. "La guerre sainte menée par les étrangers, dont Abou Moussab Zarqaoui était un leader, l'insurrection irakienne, les Fedayins de Saddam, les criminels de droit commun, les tribus de la province d'Anbar, tout ceci va continuer", poursuit Steven Cook. Un avis partagé par Marina Ottaway, selon laquelle les nouveaux ministres irakiens de l'Intérieur Jawad Polani et de la Défense Abdel Kader Oubeidi n'auront pas les moyens de désarmer les milices confessionnelles irakiennes, accusées d'attiser les divisions en Irak. La nomination des ministres "est une avancée positive, mais je ne crois pas que le gouvernement en ressortira renforcé", estime la spécialiste du centre Carnegie. "C'est un gouvernement faible et très divisé et (...) le ministre de l'Intérieur, quel qu'il soit (...), n'a pas les moyens de reprendre réellement le contrôle de la police", ajoute Ottaway, notant que les forces de l'ordre irakiennes sont "une mosaïque de milices". Le ministre de la Défense ne pourra pas lui non plus désarmer les milices car utiliser les militaires à cette fin "apporterait les divisions dans les rangs de l'armée elle-même", selon Ottaway. "Pour toutes ces raisons, j'ai du mal à croire que nommer deux ministres va faire une différence dans la situation sécuritaire du pays", conclut-elle. _____________________________ La presse mondiale unanime La portée de la mort de Zarqaoui exagérée, les Etats-Unis englués en Irak Le Quotidien-Agences La mort d'Abou Moussab al-Zarqaoui a avant tout une portée symbolique car non seulement il sera vite remplacé à la tête d'Al-Qaïda en Irak, mais la guerre va s'éterniser dans ce pays, où les Etats-Unis sont "englués", met en garde la presse mondiale hier. Certes, Zarqaoui, était "une figure de proue de l'insurrection", note à Londres The Independent. "mais les Etats-Unis semblent déterminés à ignorer le fait que des combattants étrangers, comme Zarqaoui, ne peuvent agir sans le large soutien des cinq millions de sunnites irakiens", poursuit ce journal britannique, selon lequel il serait illusoire de penser que "le cauchemar de ce pays touche à sa fin". "Personne ne doit s'imaginer qu'il s'agit d'un virage pour l'Irak", renchérit l'américain Wall Street Journal qui conseille au gouvernement irakien de "saisir cette chance pour revoir sa stratégie sécuritaire défaillante". Un avertissement que l'on retrouve dans la presse turque, à l'instar d'Hurriyet pour qui "il n'est pas possible de s'attendre au moindre changement radical à court terme" en Irak. "La mort de Zarqaoui vient à point nommé pour les Américains, englués en Irak dans une guerre sans fin. Enfin un communiqué de victoire", résume en France Libération, tout en rappelant que "la nébuleuse (al-Qaïda) a mis au point un système d'organisation qui rend la liquidation des chefs peu efficace". En outre, le risque, selon l'espagnol El Pais, serait que Zarqaoui devienne plus dangereux mort, en "martyr", qu'il ne l'était vivant.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com