E.N. : L’occasion ou jamais…





Pour sa 4ème apparition au Mondial, l’EN va s’employer à effacer le triste souvenir de deux dernières participations ternes et plutôt modestes. Il faut croire que l’occasion est belle, les Aigles de Carthage ayant hérité d’un groupe «jouable» et où au moins deux équipes paraissent de leur niveau (mais on ne dira pas à la portée, cette formule donnant un certain sens de facilité contre laquelle Lemerre n’a eu de cesse de mettre en garde ses protégés). Il s’agit, bien entendu, de l’Ukraine et, surtout, de l’Arabie Saoudite. Mais on se rappelle qu’au Mondial français de 1998, déjà au bout d’une brillante campagne éliminatoire conclue par une victoire devant l’Egypte, la bande à Kasperczak se trouvait quasiment devant la même donne. Ce groupe de la Tunisie présentait une configuration où, certes, l’Angleterre d’Alain Shearer paraissait inaccessible (ce qui se traduisit d’ailleurs par une victoire de la «Rose» 2-0, buts de Shearer et de Paul Scholes) mais où la Colombie puis la Roumanie semblaient «abordables». On connaît la suite amère défaite devant une Colombie moribonde (1-0, but de Presciado à sept minutes de la fin), malgré une domination des copains de Souayah et des occasions à la pelle. Dans la lancée, le Franco-Polonais Henri Kasperczak a été limogé en pleine course et remplacé par son adjoint Ali Selmi qui mena les «Aigles», du bord de touche, contre la Roumanie (1-1, un but sur penalty de Souayah dès la 10ème minute, égalisation de Moldovan à un quart d’heure de la fin). Beaucoup plus que les deux revers subis pour le retour de la Tunisie en Coupe de monde vingt ans après l’étincelante campagne argentine, on reproche à Kasperczak les pourparlers qu’il avait engagés depuis l’arrivée de l’équipe en France, pour y mener la dernière phase de la préparation. Ces pourparlers allaient aboutir à l’engagement du coach médaille d’argent à la CAN 1996, à la surprise générale, par le club français de Bastia. * Deux fois dernière, avec un petit point L’histoire de l’expédition nippo-coréenne, en 2002, ne sera pas meilleure. Versé dans une poule loin d’être rebutante, malgré la présence d’un des deux pays organisateurs, le Japon, le team national, emmené par les sélectionneur Ammar Souayah, allait présenter un parcours quasiment identique à celui de quatre ans plus tôt, ne prenant qu’un petit point devant la Belgique (1-1, Raouf Bouzayène répondant très vite, sur un superbe coup-franc à Marc Wilmot). Pour le reste, deux défaites par 2-0 contre la Russie (buts de Titov et Karpin sur penalty en seconde période) et le Japon (buts de Hiroki et de Hidetoshi, toujours en deuxième mi-temps). En terminant par deux fois à la dernière place de sa poule, avec un maigre butin d’un point, l’équipe de Tunisie parut très loin du compte et de son objectif : atteindre le second tour, celui auquel avaient déjà accédé le Maroc en 1986, le Cameroun en 1990, le Nigeria en 1994 et 11998, le Sénégal en 2002 et qui ne représente plus à vrai dire un exploit. Tout au plus ressemble-t-il dans l’esprit des copains de Boumnijel à un «mur psychologique» qu’ils ont vraiment hâte d’enjamber, ou de détruire. Cette fois-ci, avec le cru professionnel que le foot tunisien peut présenter, avec l’expérience, l’orgueil et la force mentale apportés par le titre de champion d’Afrique 2004, mais avec surtout la stabilité et la continuité d’un exercice quadriennal sérieux et extrêmement rigoureux, soit depuis l’automne 2002, date de prise de fonction de Roger Lemerre, il faut croire que le onze national possède de réelles chances de toucher enfin au but et d’aller jusqu’au bout de ses intentions. Et si l’on insiste actuellement sur la stabilité et la continuité, c’est que ces deux qualités-là manquèrent terriblement au «onze» national depuis le limogeage, en plein Mondial «98» de Kasperczak. Depuis, tout à tour s’installèrent à la tête des affaires techniques, parfois pour quelques petits mois, l’Italien Francesco Scoglio, décédé depuis, l’Allemand Eckhard Krautzen, le Français Henri Michel puis le Tunisien Ammar Souayah. Avant que Roger Lemerre ne vienne mettre un terme à cet interminable manège. Les affaires fédérales n’allaient pas mieux, en parallèle, les présidents de fédération se succédant à un rythme inquiétant MM. Tarak Ben Mbarek, Khaled Sancho et Belhassen El Fekih, avant que M. Hammouda Ben Ammar ne débarque pour une plus longue et plus cohérente gestion. C’est, par conséquent, le moment ou jamais de franchir la barrière du premier tour et de pousser l’ambition un peu plus loin. Et ce serait, à l’évidence, de la sorte un excellent couronnement du cycle Lemerre, qui aura, quatre ans durant, nettement réhabilité l’image et le crédit du club Tunisie. S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com