UE : Chypre dame le pion à la Turquie





Les 25 étaient plongés hier dans un nouveau débat électrique sur la Turquie, les Chypriotes ayant décidé de réclamer mordicus qu'Ankara reconnaisse les autorités chypriotes grecques avant d'entrer dans la phase concrète des négociations d'adhésion avec l'UE. Les 25 ont fini par trouver un compromis avec Chypre. Le Quotidien-Agences Les ministres des Affaires étrangères de l'UE devaient en principe lancer hier les négociations concrètes d'adhésion avec la Turquie, lors d'une réunion à Luxembourg à laquelle ils ont invité leur homologue turc Abdullah Gùl. Ils devaient ainsi ouvrir formellement en fin d'après-midi le premier volet de ces pourparlers organisés en 35 chapitres thématiques -- celui sur la science et la recherche, en principe dénué de toute polémique. Mais le suspense était total pour savoir s'ils y arriveraient, la partie grecque de l'île -- entrée dans l'UE en 2004 -- s'arc-boutant sur son exigence à voir Ankara la reconnaître. La Turquie s'y est refusée jusqu'ici, empêchant notamment les bateaux et avions chypriotes grecs d'entrer en Turquie. "Tout peut arriver", a déclaré à son arrivée à Luxembourg le ministre chypriote des Affaires étrangères George Iacovou. "Aucun progrès n'a été fait à ce stade". Peu après, les chefs de la diplomatie des 25 se sont finalement mis d’accord sur une position commune. Chypre a en effet renoncé à s’opposer à ce que les discussions sur le premier des 35 chapitres de négociations, soient refermées en une journée. Le porte-parole autrichien, Nikola Donig, a expliqué que les Chypriotes avaient refusé de "bouger d'un millimètre". Les négociations d'adhésion avec la Turquie, bien qu'officiellement ouvertes depuis octobre, ne sont pas encore dans une phase active. Celle-ci suppose l'ouverture un par un, décidée à l'unanimité des 25, de chacun des 35 volets thématiques. Les difficultés rencontrées hier témoignent du caractère ultra-sensible des pourparlers avec la Turquie, prévus pour durer au moins dix ans. En octobre dernier, l'ouverture formelle des négociations d'adhésion avaient déjà tourné au mélodrame, plusieurs Etats membres, à commencer par l'Autriche, étant ouvertement hostiles à une adhésion à terme de ce pays à cheval entre l'Europe et l'Asie, et à majorité musulmane. La division de Chypre vient compliquer la polémique. L'île est coupée en deux depuis que l'armée turque a envahi sa partie nord en 1974, après un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs soutenus par la junte alors au pouvoir à Athènes qui voulaient rattacher l'île à la Grèce. La Turquie, qui a des relations étroites avec la partie nord de l'île, ne reconnaît toujours pas les autorités chypriotes grecques de Nicosie au sud, malgré la signature d'un accord étendant son union douanière avec l'UE aux dix Etats membres entrés dans l'Union en 2004, dont la partie chypriote grecque. En signant ce protocole dit d'Ankara en juillet dernier, les Turcs avaient en effet ajouté une déclaration assurant que leur paraphe ne valait pas la reconnaissance de Nicosie. L'UE avait réagi en adoptant une contre-déclaration demandant la reconnaissance par les autorités turques de tous ses Etats membres et annonçant qu'elle réexaminerait l'application de ce protocole en 2006.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com