Nawaf Al-Temyat : “Le Mondial pour rebondir !”





A trente ans, le Hilalien Nawaf Al Temyat veut rattraper le temps perdu. Sa blessure au lendemain du Mondial 2002 en Asie l’a en effet longtemps marqué, ne s’en remettant qu’à la fin de la saison 2004-2005. En Allemagne, ce sera son troisième Mondial, peut-être le plus important à ses yeux puisqu’il veut y relever beaucoup de défis avec les hommes de Marcos Paqueta. L’année 2000 a pourtant été celle de tous les honneurs, de l’apogée dans sa longue carrière qu’il entama en 1993, signant à 16 ans pour Al Hilal contre la coquette somme de 60 mille Rials. Il y a six ans, donc, Al Temyat glana la Coupe d’Asie des champions et la super coupe et les trois titres mis en jeu sur le plan local (au royaume saoudien). C’était en quelque sorte le grand chelem avec un Al Hilal seigneurial et inaccessible pour ses adversaires historiques, (Al Ittihad, Al Ahly...) Du coup, il fut logiquement élu meilleur joueur asiatique 2000. Il obtint également dans son brillant parcours bien d’autres distinctions : titre de meilleur footballeur d’Arabie Saoudite, et celui de meilleur joueur de la Coupe arabe des vainqueurs de coupe organisée et remportée par le club hilalien. Il fut également choisi meilleur compétiteur du 17ème championnat du Golfe des clubs. * Les vertus de la polyvalence Grand moment dans la carrière de ce milieu créatif inspiré, tout à la fois meneur de jeu et buteur : deux buts signés face au Koweït (dont un but en or) pour accéder aux demi-finales de la Coupe d’Asie des nations, en 2000 au Liban. Al Temyat avait fait son baptême du feu mondialiste en 1998 en France. Quatre ans plus tard, au Japon et en Corée du Sud, il ne rata pas un seul des trois matches, plutôt décevants, il faut le reconnaître, d’Al Akhdhar face au Cameroun (0-1), à l’Allemagne (0-8) et à l’Eire (0-3). Comptant une soixantaine de capes, le playmaker du onze saoudien subissait une grave blessure et fut opéré en France avant de suivre une longue rééducation aux Etats-Unis. Il ne reprit du service que fin avril 2005, tout juste le temps nécessaire pour être retenu pour la campagne mondialiste. L’Argentin Calderon le convoqua pour le dernier match éliminatoire devant la Corée du Sud, à Seoul, pour rester sur le banc avant d’être rappelé pour le stage en Allemagne programmé dans la foulée de la qualification. Retour, dans la longue série des matches de préparation pour “Allemagne 2006”, marqué par un superbe but signé devant le Ghana (défaite des Saoudiens (3-1). Temyat se distingue par son jeu polyvalent et éclectique, récupérant, couvrant sa défense et proposant à ses attaquants des “ballons propres” sans hésiter à tenter sa chance de loin : “Je dois cette polyvalence et cette variété de registres à mes entraîneurs à Al Hilal, le Néerlandais Van Hanegen et le Croate Mirko Josic”, rappelle-t-il, tout en admettant que “l’école européenne reste la plus efficace dans le fooftball moderne car elle insiste sur un jeu total. Mais il y eut aussi le coach brésilien Carlos Alberto Parreira, qui nous qualifia pour le Mondial 1988 et nous conduisit face au Danemark et à la France à cette même phase finale, à nous imposer cette polyvalence fort instructive”. Nawaf Al Temyat veut oublier le trou noir dans lequel il s’enfonça au début du siècle en raison de ses blessures à répétition. Réaliste à souhait, cherchant constamment à progresser, il compte se rappeler au bon souvenir des sportifs saoudiens. Dès demain, face à la Tunisie, le Mondial lui apportera une belle opportunité afin de rebondir. S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com