Procès de Saddam : La défense privée de ses témoins





Des anciens gardes du corps : le Raïs ne voulait pas tuer des innocents En l'abscence de Barzan al-Tikriti, le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane a fait savoir, contre l'avis des avocats, que l'audience d'hier sera le dernier jour pour l'audition des témoins de la défense. Le Quotidien-Agences L’audience s’est tenue en l'absence de Barzan al-Tikriti, le demi-frère du président déchu qui a été expulsé lundi après une dispute avec le juge. "Nous avons décidé d'exclure Barzan de l'audience d'aujourd'hui en raison de ses violations répétées des procédures", a déclaré le juge, un Kurde, en adressant une mise en garde aux avocats de la défense. "Je veux dire aux avocats qu'on n'est pas prêts à écouter leurs longs discours. L'audience est consacrée à la présentation de leurs témoins et ils doivent choisir entre le faire ou se lancer dans des rhétoriques", a averti le juge qui préside aux débats. Deux anciens gardes du corps de Saddam Hussein ont donné leur version de l'attaque de Doujaïl, en affirmant que ce jour là le président déchu leur avait demandé de ne pas riposter aux tirs provenant de vergers. "Il (Saddam Hussein) est sorti de la voiture et a crié qu'il ne fallait pas riposter aux tirs provenant des vergers", a indiqué le premier témoin qui déposait à visage caché dissimulé derrière un rideau. "Le président a dit qu'il pouvait y avoir des gens innocents qu'on pouvait toucher", spécialement des femmes et des enfants, a répété un autre ancien garde du corps. "Il (Saddam Hussein) était très calme alors que nous étions très énervés", a raconté ce témoin, ajoutant que le président déchu avait choisi après l'attaque de s'adresser aux habitants à partir d'un toit en disant que l'attentat n'était pas le fait des habitants de Doujaïl qui "sont de bonnes personnes". * Huis clos Le président du Haut tribunal pénal, a, ensuite, ordonné le huis clos après une altercation avec un avocat égyptien de la défense. Une source américaine proche du tribunal a indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que ce qui reste de l'audience ne sera pas ouvert à la presse et estimé qu'il n'y aura pas de session aujourd'hui. "Nous ne sommes pas sûrs quand aura lieu la prochaine audience mais durant la phase qui s'annonce nous pensons que le procureur va préparer ses arguments et que les avocats vont préparer leurs plaidoiries", a-t-elle ajouté. Le juge, a protesté et ordonné le huis clos après qu'un avocat égyptien, Mohammed Mounib, eut demandé à un témoin de dire quel service de sécurité de l'ancien régime était supposé enquêter sur un attentat visant le président déchu. Le témoin, qui n'était autre que Sabaoui Ibrahim al-Hassan, demi-frère de Saddam Hussein, appelé à la barre pour déposer en faveur de Taha Yassine Ramadan, ancien vice-président, a répondu: "Si c'était aujourd'hui, ce serait les forces de l'occupation". Considérant ce propos comme "insultant pour le peuple irakien", le juge a ordonné le huis clos, en disant que si "la défense veut une audience secrète, elle l'aura". Avant cet éclat, Sabaoui Ibrahim al-Hassan, s'est dit étonné de voir le tribunal interroger Taha Yassine Ramadan sur sa responsabilité sur les suites de l'attaque contre le convoi de Saddam . "Je le connais depuis 1968. Je l'aime parce qu'il aime Saddam Hussein. Et je suis sûr qu'il ne connaissait rien aux destructions et tortures" contre les villageois de Doujaïl après l'attentat, a-t-il déclaré. Selon le témoin, un ancien des services de renseignement et des services de sécurité, les suites de l'attentat de Doujaïl ne pouvaient aucunement être du ressort de Taha Yassine Ramadan qui était alors un vice-Premier ministre.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com