Dr Ryadh Karma, directeur au GIPAC : L’abattage contrôlé protège les intérêts de tous les intervenants





Le Groupement Interprofessionnel des Produits Avicoles et Cunicoles (GIPAC) joue un rôle de catalyseur du secteur et assure l’aide nécessaire aux professionnels pour mieux s’imposer sur le marché et protéger leurs intérêts. Dr Ryadh Karma, directeur au GIPAC répond à nos questions concernant l’état des lieux du secteur et les nouvelles mesures se rapportant à l’abattage de la volaille. Comment se présente le secteur de la volaille en Tunisie? Le secteur est important pour l’économie du pays dans la mesure où il emploie 4 700 éleveurs dont 4 000 spécialisés dans la production de poulets de chair, 300 dans le secteur des poulets de ponte et 300 éleveurs de dindes. Le nombre total des abattoirs sur l’ensemble du territoire national est de 17. Nous avons 7 unités de fabrication et 7 unités de transformation. Nous avons toutefois un seul abattoir conforme aux normes européennes. Le reste est conforme aux normes tunisiennes. Quelles sont les raisons de l’interdiction de l’abattage non contrôlé de la volaille? Cette interdiction est dictée par plusieurs motifs qui se rapportent à la santé du consommateur, à la santé de la volaille mais aussi à l’organisation de tout le secteur. Vous savez que les animaux transportés d’un lieu à un autre risquent à tout moment de contracter des maladies dont les conséquences sur la santé humaine ne sont plus à démontrer. Sur un autre plan, les mauvaises conditions du transport se répercutent sur la qualité du produit. Le plus important dans tout cela reste la réorganisation du secteur. L’intérêt de l’abattage contrôlé est qu’il permet désormais aux éleveurs d’échapper à l’emprise des spéculateurs. Parfois, le producteur ne trouve pas preneur à sa marchandise et se voit ainsi contraint de dépenser de l’argent pour nourrir la volaille. L’abattage organisé représente la solution la plus adéquate qui permet à chacun de trouver son compte. L’abattage contrôlé protège les intérêts de tous les intervenants du secteur. Le nombre actuel des abattoirs est-il suffisant? Le nord jusqu’à Sfax est doté d’un nombre d’abattoirs suffisant pour subvenir à ses besoins, s’ils fonctionnent à raison de deux postes. Pour la région du Sud, il faut construire un ou deux abattoirs pour éviter les longs trajets. Quel est le coût global d’un abattoir de volailles? Un abattoir coûte entre 200 mille et 1 million de dinars.Il s’agit d’un investissement lourd. Pourquoi coûte-t-il si cher ? La construction d’un abattoir nécessite d’abord le bâtiment. Les travaux de génie nécessitent de grands investissements car il s’agit d’un édifice spécifique avec diverses salles. Le matériel automatique nécessite également beaucoup d’investissements mais je tiens à signaler qu’en Tunisie, l’égorgement se fait manuellement dans des salles aménagées à cet effet et soigneusement dirigés vers les lieux saints comme le veut notre coutume. D’autres espaces aménagés sont nécessaires pour la bonne gestion de l’abattoir. Je cite à titre d’exemple le laboratoire avec tout ce qu’il comporte comme équipements techniques, le bureau du vétérinaire. Entretien réalisé par Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com