Après la Constitution : Les 25 s’attaquent à l’élargissement





Les chefs d'Etat et de gouvernement des 25, après s'être entendus avant-hier pour sortir de l'impasse constitutionnelle d'ici fin 2008, se sont attaqués hier à la capacité de l'UE à absorber de nouveaux membres, une notion que quelques Etats membres voudraient durcir. Le Quotidien-Agences Au deuxième jour du sommet, les dirigeants européens ont aussi donné leur feu vert à l'entrée de la Slovénie dans la zone euro au 1er janvier 2007, tout en laissant pour l'instant sur la touche la Lituanie pour cause d'inflation trop élevée. Depuis la victoire du "non" aux référendums sur la Constitution européenne l'année dernière, la France et les Pays-Bas veulent durcir les conditions des élargissements futurs, en demandant notamment à ce que l'UE tienne compte davantage que par le passé de son aptitude à absorber de nouveaux membres. "Il est très important de s'assurer que l'Union garde bien la capacité politique, financière, institutionnelle d'accueillir de nouveaux membres, tout comme il est capital de recueillir le soutien des citoyens à la poursuite de l'élargissement", a affirmé jeudi soir le président français Jacques Chirac. Mais la France ne devrait pas réussir à faire de cette capacité d'absorption un critère d'adhésion en tant que tel, face à l'hostilité de nombreux pays, Italie ou Royaume-Uni, qui jugent le message trop négatif à l'égard des futurs candidats, notamment les pays des Balkans. "Il y a un grand soutien pour dire que ça ne doit pas être un critère d'adhésion mais un élément à prendre en considération", a indiqué le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt. Dans le projet de conclusions préparé par la présidence autrichienne de l'UE, les 25 soulignent ainsi "qu'il importera à l'avenir de veiller à ce que l'Union soit en mesure de fonctionner politiquement, financièrement et institutionnellement lorsqu'elle s'élargit" et ils rappellent que "le rythme de l'élargissement doit tenir compte de la capacité d'absorption de l'Union". Toutefois, la Commission devra rendre un "rapport spécial" à l'automne 2006 sur "tous les aspects" ayant trait à cette capacité d'absorption de l'Union, en vue d'un débat plus approfondi des 25 en décembre. Pour son président José Manuel Durao Barroso, le fait que la Commission soit chargée par les 25 de rédiger ce rapport "est une garantie" d'un travail "honnête et objectif". Au-delà de l'adhésion de Roumanie et de la Bulgarie le 1er janvier prochain, de nombreuses capitales considèrent cependant que tout nouvel élargissement ne pourra intervenir avant une réforme institutionnelle, ce qui était d'ailleurs l'une des raisons pour avoir une Constitution. Avant-hier, les 25 se sont fixé "au plus tard le second semestre 2008" pour trouver une solution au blocage causé par les "non" français et néerlandais à la Constitution, qui a contraint les 25 à "une période de réflexion" restée jusqu'ici stérile. Autrement dit, la Croatie, prochain candidat sur la liste, ne peut guère espérer entrer dans l'UE avant 2009-2010. Quant à la Turquie, elle n'a aucun espoir avant 2015, si elle parvient à mener à bien des négociations d'adhésion déjà mal engagées, sachant qu'en outre Paris a prévu un référendum pour toute nouvelle adhésion après la Croatie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com