Semaine fantastique du meuble et de l’ameublement : Le kif à prix … prohibitif





A la semaine fantastique du meuble, de l’ameublement et du luminaire qui a commencé au CIFCO de La Charguia le 15 juin, les visiteurs ne se bousculaient pas au portillon. Quelques uns se promenaient dans les différents stands et s’arrêtaient surtout pour voir les meubles classiques. Ils sont très beaux, mais ils coûtent les yeux de la tête. Tunis - Le Quotidien Elle supervise les dernières retouches de l’installation de son stand. Elle parle à un visiteur, répond au téléphone et essaie de trouver une solution à la panne du camion qui transporte ses articles. Accoudée à un bahut, Halima Ben Fraj, gérante d’une société de mobilier, expose à la semaine fantastique du meuble, de l’ameublement et du luminaire qui se tient depuis jeudi au CIFCO de La Charguia. Son stand est spécial. Il renvoie directement aux grandes demeures qu’on voit dans les films égyptiens. Elle est spécialiste du classique. Mais avant d’arriver chez Halima Ben Fraj, le visiteur découvre plusieurs autres stands qui se ressemblent. Les salons sont vraiment du déjà vu dans les foires précédentes au CIFCO de La Charguia et au Kram. Les objets de décoration aussi ont été exposés auparavant. D’autant plus que le calme est encore plat au CIFCO. La semaine a commencé le 15 juin, mais les visiteurs ne sont pas nombreux. D’ailleurs, quelques installations continuent en attendant les clients. Halima est pointue sur les détails. Elle veille auprès de ses employées sur les moindres emplacements des abat-jour ou encore des objets de décoration. Car ce genre de meubles est très particulier et doit être mis en valeur. “C’est du mobilier de style. Il est fait pour les grandes villas principalement où il y a de l’espace. Sinon, on peut avoir un de ces meubles dans un petit coin et on le mariera alors avec autre chose”, précise la gérante en vantant son produit. A voir ces vitrines, bahuts, consoles, sillets et tableaux, on croirait que c’est de l’antiquité. Mais en vérité, c’est du meuble nouveau importé d’Egypte. En Tunisie, la société de Halima se charge d’apporter quelques modifications ou d’ajouter certaines créations. Néanmoins, ce style de meubles imposants coûte d’habitude les yeux de la tête. “Du fait que je suis mariée avec un Egyptien, j’ai l’avantage d’acheter ces meubles en première main. Ce qui me coûte moins cher que mes concurrents”, explique-t-elle. Pourtant, les vitrines sont à mille huit cents dinars. Les consoles atteignent deux mille neuf cents dinars. Quant aux prix des tableaux, ils oscillent entre trois cent vingt-cinq dinars et huit cent cinquante dinars. Ce qui n’est pas donné à n’importe quelle clientèle. D’abord, il faut posséder cette grande villa où il serait possible de mettre ces meubles. Et ensuite, il faudrait avoir les moyens de la meubler. * Des prix prohibitifs En effet, Besma Ammar est fascinée par ce style. “J’aime beaucoup les meubles classiques”, avoue-t-elle. Pourtant, elle n’en a pas chez elle. “Ce n’est pas donné à n’importe qui. Il faut avoir les moyens pour choisir ce style”, ajoute Besma. Elle se contente alors de regarder toutes ces pièces qu’elle aimerait tant avoir dans sa maison. Elle est toutefois consciente qu’elle aurait besoin de l’espace pour réaliser son rêve. Najoua Mghirbi part aussitôt qu’elle finit de regarder sans donner aucune promesse de revenir, bien qu’elle apprécie spécialement le style classique. Certes, la tendance, actuellement, est de choisir un mobilier ultra-moderne avec des designs très recherchés. Mais beaucoup de Tunisiens restent attachés au mobilier rustique qui ne se démode pas. Halima ne nie pas que les prix de ses meubles ne sont pas à la portée de tous. Elle a cependant de quoi se défendre. “J’ai souvent affaire à des gens qui préfèrent investir dans un joli meuble que d’acheter un bijou. Surtout que les tableaux que je vends par exemple sont faits en vraie nacre. C’est-à-dire que la matière première de ce mobilier est d’une grande valeur”, affirme-t-elle d’un air sûr tout en manipulant son téléphone portable. De temps en temps, elle jette un coup d’œil sur ses employées qui continuent à déballer les abat-jour et les bibelots. Ensuite, elle reprend son idée. “On travaille avec du bois rose, du bois sculpté, du bronze et des feuilles d’or”, lance-t-elle en souriant. Pour elle, les prix ont bel et bien une explication. Et elle vient de la donner. Aussitôt qu’elle a compris que son message est transmis, elle va rejoindre l’une de ses employées pour vérifier ce qui manque au sillet. Tout de suite après, elle devra en finir avec le problème du camion en panne et qui doit lui apporter le reste des meubles. M. Kada


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com