Naceur Toumi (Pdt C.S.K.) : “Contre l’A.S.G., notre recette était de 83 D! De quel professionnalisme parle-t-on ?”





Le CSK a atteint ses objectifs et regarde l’avenir avec optimisme. L’été dernier, le président du club, M. Naceur Toumi espérait voir les Vert et Jaune terminer dans les six premiers de la Ligue 2 malgré les moyens financiers étriqués mis à la disposition du club. Eh bien, le CSK a fini 5ème et gagné la sympathie des sportifs . Tour d’horizon avec le premier responsable qui envisage pourtant de partir. M. Naceur Toumi, dans les milieux korbiens, on annonce votre intention de démissionner. Pourtant, il vous reste encore une autre saison à honorer ... Dans les conditions actuelles, il me paraît difficile de pouvoir continuer cette exaltante aventure à la tête du CSK. Je ne suis pas disposé à aller jusqu’au bout alors que le club connaît une grave crise financière. Une fois, on a vendu Jamil Khemir au S.T., une autre fois, c’était au tour de Wassim Naouar pour le CA. Cela donne un peu d’oxygène aux caisses mais ne permet pas d’aller très loin. Le CSK ne reçoit que la modique somme de 50 mille dinars de ses supporters et mécènes , soit en moyenne un dinar par habitant. Cela est très insuffisant quand on pense que l’effectif est prometteur et a besoin d’un solide encadrement et de plus de soutien. Nous dépensons déjà près de 160 mille dinars en salaires et primes, soit 60 pour cent du budget. 46 mille D vont pour le transport, l’hébergement et la restauration (17%) et 18 mille D aux équipements. 19 mille D représentent nos redevances vis-à-vis de la Fédération. La saison 2004-2005, nos dépenses ont atteint 291 MD, la saison dernière, 260 MD. Nos recettes étaient en 2004-2005 de l’ordre de 258 MD (dont 45 provenant de la vente de Khemir au ST). En 2005-2006, les recettes auront atteint 215 MD. La vente de Wassim Naouar au CA pourrait équilibrer ce tableau. Seulement, il faut réellement que la situation change, qu’un comité des Sages soit mis en place, que hormis les subventions du gouvernorat (10 MD), de la municipalité (70 MD) et les recettes provenant de l’ERTT (15 MD) et de Promosport (50 MD), nous puissions trouver un plus grand soutien financier de la ville, de nos supporters, des grands hommes d’affaires. Rendez-vous compte que durant toute une saison, nos recette aux guichets ne nous rapportèrent que 20 MD et que le match devant l’ASG, programmé un lundi, par un jour de pluie, ne laissa aux guichets que 83 dinars ! De quel professionnalisme entend-on parler? Déjà, en Ligue 2, nous endurons mille et une peines pour survivre. Que dire alors si l’on accède en L1? Nous accusons don un déficit de 45 MD. Mais au-delà de cet apport symbolique du public korbien, nous avons besoin de compléter la mise en place des structures du club et de parachever le projet ambitieux que nous avons préparé au niveau des catégories des jeunes. Sur le plan technique avouez que la saison dernière a été plutôt réussie? Oui, et cela malgré un arbitrage qui nous a souvent lésés. Je crois que l’entraîneur Salem Tabassi a su vite s’adapter et maîtriser la situation de façon intelligente, créant une bonne ambiance au sein du groupe. Pourtant, les débuts furent difficiles. Mais avec le rajeunissement progressif opéré au niveau de la défense, Korba a su remonter la pente et terminer la saison très fort, avec à la clé la meilleure ligne d’attaque de Ligue 2. Vous misez beaucoup sur les jeunes. Le CSK servira-t-il par hasard de vivier nourrissant les grands clubs? Par souci d’équilibre financier, nous sommes quelquefois amenés à vendre nos meilleurs produits. Nous avons signé une convention de partenariat avec le Club Africain concernant essentiellement les jeunes. Le CSK est condamné à miser sur les jeunes car c’est la voie du salut, ne pouvant investir de grosses sommes dans les recrutements. La municipalité de la ville, que je tiens ici à remercier vivement, nous a cédé deux annexes, près du stade, qui servent d’ateliers de travail pour les jeunes. Actuellement, je peux laisser sept joueurs “vendables” : Belakhal, Zine Souissi, Fakhreddine Guelbi, Mamadou, Klai, Romaric et Naouar. Hormis Trabelsi, la moyenne d’âge de l’effectif est de 21 ans. La gestion du club est, je crois, suffisamment stressante et, à l’Assemblée générale évaluative de cet été, je pourrai partir si le CSK ne trouve pas de sérieuses garanties de financement, tout en laissant une association à l’avenir réellement prometteur. Recueillis par S.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com