Libéralisation des services : Entre menaces et opportunités





«La révolution dans les services : menaces et opportunités», tel est le thème du séminaire annuel de la revue «L’Economiste Maghrébin», organisé hier à Tunis. Tunis-Le Quotidien L’ouverture des frontières et la libéralisation des services présentent aujourd’hui plusieurs avantages et opportunités de développement économique, même si certaines craintes de menace existent encore. Ces menaces représentent, en effet, un «fantôme» en particulier pour les entreprises de petite taille qui risquent de disparaître si elles se révèlent incapables de faire face à la concurrence. C’est dans ce contexte que M. Khalid Oudghiri, président de «Attijari Wafa Bank» (Maroc), a souligné que les entreprises locales, notamment les banques doivent s’engager dans un processus d’internationalisation, pour agrandir leur taille et résister à la concurrence attendue. «Si on ne réagit pas à la libéralisation des services financiers, on serait menacés de disparaître. Et je peux confirmer que ce qui est valable dans le secteur financier, l’est aussi dans les autres secteurs des services», a-t-il expliqué. Toutefois, l’économiste marocain pense que cette même libéralisation représente une réelle opportunité dans la mesure où elle encourage les entreprises locales à renforcer leur compétitivité en améliorant la qualité de leurs services. M. Oudghiri a présenté l’exemple d’Attijari Wafa Bank qui a choisi de s’engager dans «la course à la taille», par l’implantation dans des pays voisins que ce soit par l’acquisition d’autres banques, le cas d’ailleurs de l’acquisition de la Banque du Sud en Tunisie, ou par la création d’une nouvelle. Tel est d’ailleurs le cas au Sénégal. «La libéralisation des services peut avoir un impact très positif sur les économies nationales, mais il faut qu’il y ait des interlocuteurs locaux qui ont une taille critique, pour éviter ses menaces», a-t-il ajouté. Dans ce même ordre d’idées, M. Pierre Jacquet, directeur des Etudes de l’Agence Française de Développement (AFD), nous a affirmé qu’il ne faut pas considérer la libéralisation des services comme une menace, mais plutôt comme une opportunité. M. Jacquet a noté, par ailleurs, qu’il ne faut pas avoir peur des risques de la concurrence des multinationales, qui pourrait être un élément en faveur des entreprises locales en les poussant à améliorer la qualité de leurs services. «Ce qui est d’autant plus important, c’est que cette libéralisation permettra de développer le secteur des services. Que les acteurs de ce développement soient des entreprises locales ou des multinationales, cela n’a pas d’importance», a-t-il conclu. M. Mohammed Haïtami, administrateur directeur général de la Banque du Sud, nous a précisé qu’il faut bien se préparer à l’ouverture des frontières pour alléger les risques et les menaces qu’elle présente. Concernant les capacités des banques tunisiennes à faire face à la concurrence internationale, notre interlocuteur a indiqué que ces banques ont des atouts très importants, notamment en ce qui concerne la relation avec leurs clients. «Si les banques tunisiennes arrivent à conserver le niveau très bon de cette relation, elles pourront, certainement, résister à tout type de concurrence», a-t-il signalé. Mohamed ZGHAL


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com