Offre de l’UE : L’Iran exige la reconnaissance de son droit à l’enrichissement





L'Iran a affirmé hier que l'offre de mesures incitatives que les Européens allaient lui faire pour tenter de régler la crise nucléaire devait impérativement reconnaître son droit à l'enrichissement d'uranium pour être prise en considération. Le Quotidien — Agences "Aucune mesure incitative n'aura le moindre attrait pour l'Iran si elle ne reconnaît pas notre droit en matière de technologie nucléaire et les moyens de le réaliser", a déclaré Mottaki à Bali, où il se trouve avec le président Mahmoud Ahmadinejad pour participer au sommet des pays D8.Pour les responsables iraniens, le droit à la technologie nucléaire signifie en premier lieu celui à l'enrichissement d'uranium. Mottaki a demandé aux Européens de "ne pas commettre la même erreur qu'en août" 2005, lorsqu'ils ont présenté un paquet de mesures incitatives qui demandaient à l'Iran de renoncer à l'enrichissement d'uranium. "Nous espérons que notre dossier sera traité de manière à ce que notre droit en matière de technologie nucléaire soit reconnu (...) Dans ces conditions, nous apporterons une coopération maximale", a ajouté Mottaki. Jeudi soir, Hossein Entezami, porte-parole du conseil suprême de la sécurité nationale, en charge du dossier nucléaire, avait affirmé que l'offre européenne pouvait "être prise en considération et négociée". Il avait ajouté que "dans toute proposition, notamment celle de l'Europe, la suspension des droits minimaux de l'Iran, à savoir les activités de recherche en matière d'enrichissement, n'est pas acceptable". Après l'échec des Etats-Unis de convaincre la Russie et la Chine d'accepter que le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution contraignante pour obliger l'Iran à suspendre l'enrichissement, les Européens vont faire une nouvelle offre comprenant des mesures visant à inciter Téhéran à se conformer aux demandes de la communauté internationale. Des diplomates des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine), plus l'Allemagne doivent se réunir le 19 mai à Londres pour examiner des nouvelles mesures incitatives, mais aussi les sanctions qui pourraient entrer en vigueur si aucun accord n'intervenait avec Téhéran. * Mesures incitatives Les Européens réfléchissent à des "garanties de sécurité dans un cadre régional" qui pourraient être apportées à l'Iran, si Téhéran accepte de renoncer à ses activités nucléaires sensibles, a indiqué vendredi le ministère français des Affaires étrangères. Outre des mesures à caractère économique et d'autres visant à assurer Téhéran qu'il peut avoir accès au nucléaire civil s'il renonce aux activités pouvant mener au militaire, le "paquet" comprendrait des garanties sur la sécurité de l'Iran, selon le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattéi. Vendredi, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a une nouvelle fois pressé les Etats-Unis de négocier avec l'Iran en estimant pour la première fois publiquement que les Iraniens ne négocieraient pas sérieusement sur leurs activités d'enrichissement d'uranium tant qu'il n'y aurait pas de dialogue direct entre Washington et Téhéran. Mais les Américains font la sourde oreille à cet appel, ainsi qu'à d'autres allant dans le même sens. ___________________________ Chirac : Le recours au chapitre 7 "n'implique pas automatiquement le recours à la force" Le Quotidien — Agences L'évocation du chapitre 7 de la charte des Nations unies dans le projet de résolution sur le nucléaire iranien défendu par les Européens "n'implique pas du tout automatiquement ni la prise de sanctions, ni le recours à la force", a rappelé le président français Jacques Chirac lors d'une conférence de presse à Vienne. L'objectif "c'est que l'on soit en mesure d'imposer les décisions prises par le Conseil de sécurité", a-t-il expliqué, alors qu'il était interrogé sur un éventuel recours au chapitre 7, qui autorise le recours à la force si nécessaire. "Notre souci c'est que le Conseil de sécurité soit entendu et obéi". ___________________________ Olmert : Le Mossad va continuer à "gérer" le dossier nucléaire iranien Le Quotidien-Agences Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a décidé que le Mossad, le service de renseignements, continuerait à "gérer" l'ensemble du dossier nucléaire iranien, a indiqué samedi la radio de l'armée. Olmert a ainsi rejeté une demande "d'un autre service de renseignements" qui souhaitait obtenir la responsabilité de ce dossier, a ajouté la radio sans donner d'autres détails. Les services de renseignements de l'armée (Aman) sont considérés comme les grands rivaux du Mossad. La radio a ajouté que Olmert avait pris cette décision à la suite d'une rencontre ces derniers jours avec le patron du Mossad Meir Dagan. L'an dernier, selon les médias israéliens, les responsables du Mossad avaient réclamé un doublement de leurs crédits pour faire face notamment à la menace du programme nucléaire iranien. Ces derniers mois, des journaux israéliens, américains et arabes ont publié des informations sur une éventuelle attaque américaine et israélienne contre les sites nucléaires iraniens. Les responsables américains et israéliens ont toutefois démenti l'existence d'un plan d'attaque contre l'Iran. En décembre dernier, Dagan avait estimé que l'Iran serait en mesure de fabriquer une bombe nucléaire "d'ici un ou deux ans au plus tard". Les craintes de l'Etat hébreu vis-à-vis de l'Iran ont été ravivées après les propos en octobre du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, appelant à "rayer Israël de la carte".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com