Affaire Clearstream : Chirac et Villepin sous pression, Sarkozy prêt à l’attaque





Le président français Jacques Chirac et son Premier ministre Dominique de Villepin restent sous pression dans l'affaire Clearstream, face à leur rival Nicolas Sarkozy qui se présente en victime et continue d'exiger la vérité malgré les risques pour l'ensemble de son camp. Le Quotidien-Agences Chirac et Villepin ont démenti à plusieurs reprises être jamais intervenus pour demander une enquête sur des personnalités politiques, dont le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, faussement accusées par un "corbeau" de détenir des comptes occultes à l'étranger via la société luxembourgeoise Clearstream. Le ministre de l'Intérieur, qui s'est dit la cible d'une machination visant à le décrédibiliser avant la présidentielle de 2007, devait lancer, selon son entourage, une nouvelle charge, devant les cadres de l'UMP, parti au pouvoir dont il est le président, contre ceux qu'il a désignés comme les "apprentis comploteurs". Face à l'ampleur du scandale et au discrédit grandissant de l'exécutif, Nicolas Sarkozy s'interroge également, selon son entourage, sur l'opportunité de rester au gouvernement. "Au moment où plusieurs de ses amis lui conseillent de quitter le gouvernement", Nicolas Sarkozy "réfléchit à son calendrier", écrit en Une hier le quotidien conservateur Le Figaro. La presse évoque également la possibilité d'un remaniement ministériel tandis que l'opposition socialiste a déposé une motion de censure contre le gouvernement qui sera débattue mardi à l'assemblée nationale. Le ministre de l'Intérieur s'est entretenu avec le Premier ministre Dominique de Villepin. Selon plusieurs sources proches du gouvernement, la démission de Nicolas Sarkozy ne serait "pas d'actualité". Nicolas Sarkozy commence lui aussi à être sur la sellette : certains responsables de l'opposition socialiste l'accusent désormais d'avoir "mis en scène" son statut de victime et assurent qu'il était au courant d'une enquête parallèle le concernant. "Il faut que la vérité éclate, c'est essentiel", a affirmé vendredi le député sarkozyste Dominique Paillé. * Enquête Les juges chargés de l'enquête pour "dénonciations calomnieuses" entendent déterminer qui est à l'origine des listes truquées où figurent les noms dont celui de Sarkozy de bénéficiaires présumés de pots-de-vin en marge de la vente de frégates françaises à Taïwan en 1991, via des comptes Clearstream. Cette affaire où sont cités le président, plusieurs ministres de tous bords, les services secrets, des personnalités politiques mais également du monde industriel et de l'armement dont un haut responsable du groupe européen de Défense EADS Jean-Louis Gergorin, recèle tous les ingrédients d'un scandale d'Etat. Elle a été relancée de façon spectaculaire par la publication fin avril dans le journal Le Monde d'extraits d'audition par les juges d'un ancien responsable du renseignement au ministère de la Défense, le général Philippe Rondot, accablants pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Ce militaire avait été chargé, en janvier 2004, d'une enquête parallèle par Dominique de Villepin (alors ministre des Affaires étrangères) sur une liste de personnalités - qui s'est révélée falsifiée - bénéficiaires de comptes occultes.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com