Alliance Bhutto-Sharif : Un défi lancé à Musharraf





En s'unissant contre le régime militaire pakistanais, les deux anciens Premiers ministres Benazir Bhutto et Nawaz Sharif lancent un défi au président Pervez Musharraf, mais souffrent de leur position d'exilés politiques, estimaient hier analystes et commentateurs. Le Quotidien-Agences Benazir Bhutto et Nawaz Sharif, tous deux Premiers ministres à deux reprises à la fin des années 80 et dans les années 90, ont signé à Londres une "Charte pour la démocratie" par laquelle ils s'engagent à travailler pour le retour d'un régime civil, en affirmant leur volonté de participer aux élections générales prévues fin 2007. "Tout dépendra de la manière dont ils vont concrètement traduire cette Charte en action, mais ils auront besoin de rentrer au pays pour affronter Musharraf dans la rue", estimait l'analyste politique Hasan Askari Rizvi. Sans leur présence, les élections organisées sous le régime militaire du général Musharraf ramèneront la même coalition au pouvoir, a affirmé l'analyste. "Les élections maintiendront le statu quo, car elles seront obligatoirement manipulées. Ils (Bhutto et Sharif) devront rentrer, affronter Musharraf et, alors seulement, des élections libres et honnêtes pourront être organisées", a-t-il jugé. "Mais il est déjà important qu'ils s'unissent", a-t-il reconnu. Selon l'analyste Mohammad Afzal Niazi, l'union des deux anciens Premiers ministres, qui conservent une forte popularité au Pakistan, sert avant tout à motiver leurs partis respectifs en vue du scrutin de la fin 2007. "C'est une réponse à la campagne que le gouvernement a déjà lancée, cela fait partie des manœuvres pré-électorales. Ils s'efforcent d'établir les règles du jeu et d'imposer leur programme", a-t-il estimé. * Engagement En s'engageant par cette charte à réformer l'armée et les services de sécurité, à promouvoir l'éducation et la santé et à mettre en place des institutions renforçant le système parlementaire, les deux leaders de l'opposition s'adressent également à la classe politique actuellement au pouvoir, selon le politologue Zafarullah Khan. "La réunion à Londres des dirigeants de deux principaux partis non-religieux pakistanais, a envoyé une onde de choc dans les milieux du pouvoir", assure Zafarullah Khan, directeur du Centre pour l'Education civique, un organisme privé d'études politiques. "Cette charte va poser les bases du discours politique au Pakistan et aura un impact sur le processus démocratique au Pakistan", a-t-il estimé. "Il ne fait aucun doute que ces deux partis - le Parti populaire du Pakistan (PPP) de Bhutto et la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PLM-N) de Sharif - constituent deux forces importantes dont l'union et la volonté de se battre sur des principes communs inquiètent les forces de l'establishment", a-t-il ajouté. Premier ministre d'octobre 1990 à mars 1993 puis de février 1996 jusqu'à son renversement par le général Musharraf lors d'un coup d'Etat sans effusion de sang en octobre 1999, Nawaz Sharif a passé quelques mois en prison avant de gagner en 2000 un "exil volontaire" pour dix ans à la suite d'un accord passé avec le régime. Fille de l'ex-Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto, Benazir Bhutto a quant à elle été Premier ministre de décembre 1988 à août 1999, puis d'octobre 1993 à novembre 1996, avant de quitter en avril 1990 le Pakistan où plusieurs dossiers judiciaires ont été ouverts contre elle pour corruption et blanchiment d'argent.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com