Barcelone – Arsenal : Somptueuse apothéose





Ligue des champions (Finale) - Stade de France (20h45) - Arb. : Haugge (Nor.) - Direct TV C21, TF1, Slo. 2 et Sat. 1 ______________ Le grand soir est arrivé. Sur la pelouse du stade de France, la finale opposera aujourd’hui Barcelone et Arsenal . L’apothéose rêvée, quoi ! D’un côté, on aura le Barça dominateur de la Liga espagnole depuis deux saisons et qui court derrière un sacre européen depuis 1992 et la victoire en Ligue des champions, de l’autre, il y aura Arsenal, le club des Cannoniers londoniens qui a ce soir rendez-vous avec l’Histoire à l’occasion de sa première finale de Ligue des champions. Entre la meilleure attaque (Barcelone) avec 22 buts marqués et la défense la plus solide avec deux buts encaissés seulement (Arsenal), le spectacle s’annonce somptueux. A l’image de Ronaldinho, Eto’o, Deco et autres Larsson du côté blangrana, Henry, Fabregas, Reyes et Ljunberg pour ne citer que ceux-ci du côté anglais. En somme, les 78000 privilégiés du stade de France vont certainement se régaler. Tout comme les millions de téléspectateurs à travers le monde puisque cette finale 2006 de la Ligue des champions est retransmise dans 125 pays dont la Tunisie à travers Canal 21. ___________________________________ Dans le camp blaugrana Pour une consécration totale Cette saison a consacré la réussite du modèle économico-sportif du FC Barcelone, champion d'Espagne et finaliste de la Ligue des champions, en même temps qu'elle a mis en lumière les carences de celui du Real Madrid, richissime mais sans trophées depuis 2003. C'est l'histoire d'un club (le Barça) qui gagne tout ou presque depuis deux ans (deux Ligas et une finale de C1 à jouer), possède certains des meilleurs joueurs de la planète (Ronaldinho, Eto'o, Messi, Deco) et, en plus, fait des bénéfices (10 M EUR à mi-saison). Forcément ça fait des envieux, surtout chez son plus grand adversaire, le Real Madrid, qui gagne beaucoup d'argent mais n'accroche plus un titre à son palmarès depuis 2003. A la question "Ca vous fait mal de voir le sourire de (l'entraîneur) Rijkaard au Barça?", l'expérimenté défenseur du Real, Michel Salgado, répondait, sans détours: "C'est normal, ils travaillent bien et ils ont retourné la situation. C'est très douloureux de voir le Barça gagner des titres, mais ils le méritent. C'est une envie saine. Ce que nous voulons c'est améliorer notre situation". La situation du Real Madrid est loin d'être enviable, mais cela pourrait être pire. Le club ne gagne plus rien depuis trois saisons mais parvient toujours à sauver la face en se qualifiant pour la Ligue des champions. Ce que n'avait pas réussi à faire le Barça à l'issue de la saison 2002-2003. Alors que le Real Madrid était sacré champion d'Espagne pour la 29ème fois de son histoire, le FC Barcelone terminait à la 6ème place, synonyme de qualification pour la "petite" Coupe de l'UEFA. Mais c'était certainement un mal pour un bien. Car c'est à ce moment là que tout a commencé pour le trio Laporta, Rijkaard, Ronaldinho. Juin 2003: avec comme slogan "Le Barça avant tout", Joan Laporta, avocat âgé de 41 ans, est élu président du club devant le favori, le publicitaire Lluis Bassat. Laporta commet pourtant une erreur en annonçant le venue prématurée de l'Anglais David Beckham. Finalement "Becks" signe au Real Madrid. Pas si grave, cela ouvre la porte en juillet à Ronaldinho, qui ne s'éclatait pas vraiment au Paris SG. * En prime le Ballon d'Or Dans le dossier de l'entraîneur, la nouvelle équipe dirigeante veut engager le Néerlandais Guus Hiddink, le "magicien" qui a fait de la Corée du Sud un demi-finaliste au Mondial-2002. Mais Hiddink refuse. Le Barça se "rabat" alors sur son compatriote Frank Rijkaard, nettement moins expérimenté. Mais le club catalan n'aura pas à le regretter. Après une première moitié de saison difficile en 2003-2004 (le club est 7ème après 19 journées, à 16 points du leader Valence), le Barça finit en trombe et termine deuxième, à cinq points du champion valencien. Le premier objectif est atteint: retrouver la Ligue des champions. Et puis tout s'enchaîne comme dans un rêve pour Laporta, Rijkaard, Ronaldinho et Eto'o (qui a rejoint le club à l'intersaison). Un titre de champion, le premier depuis 1999, à l'issue de l'exercice 2004-2005. Un bien conservé cette saison, avec en prime le Ballon d'Or pour le Brésilien. Et maintenant, tout le monde à Barcelone attend la Coupe "aux grandes oreilles". Pour une consécration totale. Dans le camp des Gunners Dix matches sans encaisser de but Arsenal, réputé en Europe pour son jeu chatoyant, s'est qualifié pour la finale de la Ligue des champions face au FC Barcelone, ce soir à Paris, essentiellement par la grâce d'une défense qui est restée plus de dix matches sans encaisser de but. Arsène Wenger, le manageur des "Gunners", n'imaginait sans doute pas que cet assemblage fait de bric et de broc au coeur de l'hiver allait le porter vers le Stade de France. Car le quatuor qui a décidé des qualifications en 8èmes de finale face au Real Madrid, en quarts face à la Juventus et, pour partie, en demi-finale face à Villarreal, est né des blessures. A bout de ressources et à court d'imagination, Wenger a fait du Français Mathieu Flamini, un milieu de terrain, son huitième arrière gauche de la saison. "Mettre Flamini arrière gauche, franchement, même dans mes nuits les plus créatives, je n'y aurais pas forcément pensé", plaisante le manageur français. Arsenal a bénéficié d'une autre révélation, celle du latéral droit ivoirien Emmanuel Eboué. Arrivé en janvier 2005 de Beveren, il avait peu joué avant la blessure de Lauren. Mais acharné du travail et ne doutant de rien, il a enlevé une place dans le onze ivoirien en cours même de Coupe d'Afrique des nations, en janvier. Eboué a ensuite étouffé les Madrilènes Robinho et Zinédine Zidane, et le Turinois Pavel Nedved, tout en offrant d'incessantes solutions offensives sur son côté. Sa complicité avec Aleksandr Hleb s'y est vite affinée, aidant à rééquilibrer le jeu des "Gunners", penchant traditionnellement à gauche. Le Suisse Philippe Senderos, solide et prometteur, même s'il reste parfois sujet aux sautes d'humeur, a complété cet ensemble de 22,5 ans de moyenne d'âge, qui a porté à 919 minutes le record d'invincibilité en C1. Le dernier joueur à avoir marqué contre Arsenal est l'attaquant suédois de l'Ajax, Markus Rosenberg, lors de la 2ème journée de la phase de poule. Dans ses buts, le gardien allemand Jens Lehmann, 36 ans, déterminant à Villarreal avec un penalty arrêté, a aussi battu un record personnel, avec 745 minutes sans encaisser de buts, qui était détenu depuis la saison 1995-1996 par le Néerlandais Edwin van der Sar (658 minutes avec l'Ajax). Au-delà des performances individuelles, l'imperméabilité d'Arsenal est aussi à mettre au compte du système tactique en 4-1-4-1 utilisé en C1.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com