26ème audience du procès : Saddam et son demi-frère font part de leurs récriminations





• Ramadan demande le témoinage de Saddam et Barazan Les témoins de la défense ont continué hier de minorer, pour la troisième journée consécutive, le rôle des accusés de second plan, tandis que Saddam Hussein et son demi-frère se sont plaints des conditions dans lesquelles ils devaient se rendre chaque jour au tribunal. Le Quotidien-Agences La 26ème audience du procès de l'ancien président Saddam Hussein et de sept de ses lieutenants s'est ouverte peu après 11H00 (07H00 GMT), en présence de tous les accusés, contrairement à mardi, où seuls étaient présents dans le box les accusés directement concernés par les témoignages. Plusieurs accusés ont ensuite fait part au juge de leurs récriminations. "On nous trimballe presque tous les jours de la prison au tribunal, c'est épuisant. En plus, on nous oblige à porter un casque et un gilet pare-balles pendant le déplacement: c'est bon pour les jeunes en bonne forme", s'est indigné Barzan al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein et ancien responsable des services de sécurité. "Nous voulons rester ici, il n'y a pas de raison pour qu'on nous fasse aller et venir en permanence", a approuvé Saddam Hussein. L'ancien président irakien tranche au milieu des autres accusés, portant le keffieh ou la robe traditionnelle, par son impeccable costume noir et sa chemise blanche, assortis à sa barbe poivre et sel. Les accusés sont détenus dans une base de l'armée américaine, près de l'aéroport international de Bagdad et le procès se tient dans la zone verte, secteur fortifié de la capitale qui abrite les institutions irakiennes et l'ambassade américaine. L'ancien vice-président irakien Taha Yassine Ramadan s'est à son tour levé pour se plaindre de la difficulté qu'il avait à trouver des témoins "pour m'absoudre d'un crime que je n'ai pas commis", a-t-il expliqué. "Dans ces conditions, je demande à pouvoir présenter Saddam Hussein et Barzan al-Tikriti comme mes témoins", a-t-il dit. "Ce n'est pas possible, mais vous pourrez leur poser des questions quand ils témoigneront plus tard", a répondu le juge Raouf Rachid Abdel Rahmane. Les trois premiers témoins se sont exprimés, de manière anonyme, derrière un rideau bleu, en faveur de Abdallah Kadhem Roueid, un chef de tribu et ancien responsable du parti Baath au pouvoir sous l'ancien régime pour la région de Doujaïl. * Témoignages Les remarques des témoins ou les commentaires des accusés ont cependant permis de comprendre qu'ils appartenaient à la famille ou la tribu. "Comme son fils Mizhar (qui se trouve également dans le box des accusés, ndlr), Abdallah n'était qu'un responsable de second ordre au sein du parti Baath", a affirmé le troisième témoin. "Sa maison a même été perquisitionnée, ils lui ont pris son fusil. Pourquoi auraient-ils agi ainsi s'il avait été des leurs ?", a-t-il demandé. Le tribunal a ensuite entendu deux témoins cités par Mohammed Azzawi al-Ali, un autre ancien responsable du Baath à Doujaïl. "Il ne peut pas être responsable de ce qu'on lui reproche: il était mal vu parce qu'un de ses cousins appartenait au parti chiîte Dawa, interdit. Il ne savait ni lire, ni écrire", a indiqué un premier témoin. "Il a aussi souffert de la répression puisque ses vergers (la première ressource de la ville) ont été détruits au même titre que ceux de tous les habitants de la région, en représailles", selon lui. Neuf témoins ont été entendus au total hier. Lors de la prochaine audience, le 22 mai, le tribunal commencera à entendre les témoins des quatre accusés les plus importants. Le verdict pourrait intervenir d'ici la fin juillet ou le début du mois d'août, selon un responsable américain qui a requis l'anonymat.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com