«Vies silencieuses» : Quand le poétique et le plastique font bon ménage





«Vies silencieuses» d’Anne Christine Tinel, l’exposition de peinture qui se tient du 16 au 29 mai à l’espace Aire Libre d’El Teatro exprime cette recherche entêtée du poétique dans l’art. A travers une image tremblée voire impressionniste, l’artiste raconte la marche du monde, de l’acte de peindre. Elle dit dans ce sens, «L’acte de peindre est, à l’origine, un paradoxe. Une intention sans visage, assez vite la toile est saturée de couleurs, elle fait mal aux yeux ; alors déterminer - par l’accumulation des couches successives, avec lenteur les détails autrement dit les reliefs qui vont orienter - pareils à des pôles - la suite des événements». C’est cette lenteur et cette longueur qui se dégage de l’œuvre de Tinel qui évoque, par ailleurs, cette poétique de l’éternel. Elle s’exprime également à travers la répétition de certains détails que l’on retrouve dans quasiment tous les tableaux. Côté technique, Anne Christine Tinel a le pouvoir d’utiliser ses talents de pastelliste et de peintre pour traduire les pérégrinations de son esprit et développer son expression libre. Elle confie, dans la même foulée, «L’imaginaire que la pratique de l’écriture a doucement fondé en moi s’est comme égaré de lui-même en un autre langage... La relation énigmatique, qui peut exister entre l’intimité d’une phrase et la grande configuration d’un roman est en jeu aussi dans la peinture». Et paradoxalement l’œuvre de l’artiste qui paraît sombre à première vue, exprime sa quête d’une ombre éclairée d’humanité dans ces «Vies silencieuses» qu’elle nous déroule. La tonalité de son œuvre est ainsi à la fois grave et lumineuse traduisant la solennité et le rayonnement de ces «Vies silencieuses». Mona BEN GAMRA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com